• L’anorexie : du combat de ma vie au bonheur

     Bonjour les Loulous, 

    Après plusieurs semaines de réflexion et d’indécision, je me lance aujourd’hui ! Il s’agit du récit d’une période de ma vie qui a tout changé en moi et qui me marquera à jamais. Ma maladie, mon chemin de vie.

    Alors voilà, c’est au travers de cet article très personnel que je vous parle aujourd’hui de MON anorexie, mon combat, mon histoire. Comme un livre ouvert je me confie à vous pour vous raconter les différents aspects de cette maladie mentale à travers mon parcours. Maladie très souvent mal interprétée, trop jugée et surtout si peu comprise … Le calvaire des pathologies psychiques ! 😉

    Je pense aujourd’hui avoir le recul nécessaire pour pouvoir en parler librement et expliquer les travers de cette maladie, les choses que l’on ressent en tant que malade. Je ne sais pas encore si je réussirai à être suffisamment concise et claire, mais je ferai au mieux pour ne pas vous pondre un (trop long) roman c’est promis ! ツ

    Enfin, avant de commencer, j’espère que vous ne jugerez pas et je souhaite que vous ne portiez ni un regard médisant, ni un avis arrêté et encore moins une regard rabaissant. C’est MON histoire, il ne s’agit donc pas d’établir une vérité ! Loin de là !

    Bonne lecture 😉 

    Les débuts de la maladie : Un cheminement mental

    Tout a commencé à la rentrée scolaire 2010. Fin de seconde, rentrée en première. Une vague de mal-être, de «mal dans ma peau » arrive, sans faire de bruit, sans prévenir, mais amenant avec elle un flot de complexes dont je n’avais jusque là jamais souffert.
    Car étonnamment, depuis toute petite, j’avais toujours eu un rapport très sain et « normal » à la nourriture. Jamais en sur/sous poids, sportive, gourmande, passionnée de cuisine… je n’étais jusque là pas le moins du monde complexée, et n’avais jamais porté d’intérêt à l’aspect physique de mon corps.
    Mais cette rentrée qui allait suivre était de tous les changements : mes fidèles copines de pension quittaient toutes l’établissements me laissant involontairement toute seule, mon petit-ami de l’époque métait fin à notre histoire, à la maison côté familial ce n’était pas la folle ambiance, et j’étais loin de ma famille toute la semaine… tout cela me poussa à me focaliser sur une chose : la bouffe. Comme si c’était la seule chose à laquelle me raccrocher, la seule chose qui pouvait m’apporter quelque chose de réconfortant , la seule chose qui puisse m’apporter la sécurité. Je me souvient même de m’être dit en arrivant à la cantine pour le premier repas de l’année scolaire : « cette année je fais attention à ce que je mange ». Absolument pas naturel ou normal pour une gamine de 16 ans!
    Tout cette année scolaire fut donc pour moi marquée par cette obsession de mon corps. Trop grosse par rapport à elle, trop grassouillette, pas bien foutue, pas de seins, … Rien, non rien, ne me plaisait physiquement chez moi. Mais pas de perte de poids marquante, juste une première étape dans l’anorexie : le mental. Il y avait déjà des aliments que je ne voulais plus vraiment consommer, des plats qui me faisaient peur. Et la panique d’être énorme … anormale qui me parasitait.

    Une perte de poids rapide et incontrôlée 

    Puis l’été précédant la terminale arrive, et malgré un voyage en Espagne avec des repas anarchiques et pas franchement diet, je reviens chez mois avec déjà un physique amaigrit. Rien d’alarmant, rien de signifiant mais des remarques de mon entourage qui me font l’effet de flatteries, de compliments, alors que l’effet escompté était plutôt de me prévenir d’un mauvais tournant.
    Mon année de terminale commence donc, retour à Dijon, fini la pension, et arrivée dans un lycée que je connais puisque j’y avait passé mes années de collège (cauchemardesques). Peu d’amies dans ma classe mais je m’en fiche, pas envie de m’amuser, juste pour objectif de décrocher mon BAC avec de bons résultats et d’être irréprochable.
    A l’époque on décide avec mes parents que j’habiterai à Dijon même, chez mes grands-parents et que je rentrerai de temps à autres chez moi. Je vis donc un peu de manière indépendante sans dépendre du rythme des uns et des autres.
    Je bosse dès la rentrée comme une malade, j’enchaine les heures de révisions dans ma chambre après les cours et je n’ai pas une vie sociale bien développée. Pas grave. Je veux la perfection scolaire.
    Et en conséquence : je contrôle mes repas comme jamais, comme si je voulais montrer le reflet de cette perfection jusque dans mon assiette, comme si je voulais prouver a tous que jen etais capable. Je veux un corps où « rien ne dépasse« , où tout est droit, je veux que tout soit irréprochable. Une rigueur sans faille, cette maladie est très exigeante.
    Et le pire ? C’est que j’y arrive sans difficulté et que mon mental y prend beaucoup de plaisir malheureusement. La satisfaction de la perfection et de la réussite sont alors mes deux moteurs.

    En deux mois je perds déjà près de 5 kilos et je rapporte de très bons résultats scolaires. J’étais pourtant pas grosse à la base : 53 kilos pour 1,72cm. Mais j’étais persuadée de devoir perdre pour être dans la case « parfaite ».
    Tout était mental, je n’avais « pas le droit » de m’écarter de mes repas types, ces repas qui étaient déjà prévus dans ma tête. Mêmes les heures de passages à table étaient draconiens. Pour que rien n’échappe à mon contrôle et que je ne me laisse pas aller finalement.  Mes journées étaient toutes les mêmes. Pas franchement drôles mais studieuses et rigoureuses.
    Mes assiettes elles ressemblaient à un repas pour patient d’hôpital en régime préopératoire … café et yaourt le matin, des haricots tous les jours (en boîte s’il vous plait et natures … pas d’assaisonnements) avec un petit peu de poisson, des pommes à foison, une soupe le soir, … la folie donc! Mais je n’y pensais pas plus que ça, l’envie et l’appétit ne m’atteignaient plus. Je me souviens même d’une conversation à coeur ouvert avec ma Maman un jour en voiture, où elle me demandait « Mais comment fais tu pour résister ? Pour ne pas craquer ? ». Et avec la plus grande logique je lui avais répondu : « Mais en faite j’en ai plus envie. Mes apports me suffisent et plus rien ne me donne envie, tout me dégoûte« . 
    Plus de féculents, très peu de matières grasses, pas de pain, peu de fromage, et les desserts même pas en rêve. Il n’y avait que le dimanche, en famille, où j’avais du mal à imposer ce triste spectacle à ma famille. Je me forçais donc, difficilement … mais je le faisais. et puis par derrière je pleurais de culpabilité et de honte. Parce que oui : je m’imposais cette routine mais je ne voulais en aucun cas faire souffrir qui que ce soit ..
    Puis en décembre je me fais opérer des 4 dents de sagesse. Danse du slip dans ma tête, je calcule mon coup et sais pertinemment que cela va entrainer une perte de poids supplémentaire. A manger de la soupe et des compote durant 5/6 jours c’était les doigts dans le nez !
    Et bim 2 kilos en moins ! 

    On se rapprochait alors de plus en plus d’une certitude : « elle tombe dans l’anorexie ». 

    La descente aux enfer 

    Aux fiançailles de mon frère, en décembre, j’apparait déjà maigre et très faible. Il avait suffit de 4 mois pour que je diminue considérablement. Et ma famille commençait sérieusement à se questionner. Les regards qui se posaient sur moi parlaient de pitié et de peur.
    Il faut savoir aussi que pendant cette longue période d’anorexie, très peu sont les personnes qui ont su me parler cash de la maladie. Je les compte sur les doigts d’une main. C’était tabou, on en parlait quand je n’étais pas là, comme s’il ne fallait pas que cela m’effraie. Je me sentait un peu condamnée et jugée, cetait très dur… mais la réalité c’est que je faisais peur. Et leur peur je la ressentais. 
    C’était une vraie souffrance de les voir tous parler à voix basses et m’ignorer lorsque j’étais là au milieu d’eux. Me parler comme à un enfant alors que j’étais juste malade. Pas idiote. Je ne leur en veux pas, mais une anorexique il faut le savoir, c’est très sensible et l’ignorance est la pire condamnation.

    Pardonnez la qualité des photos, ce sont des trouvailles pour illustrer un petit peu l’histoire ツ 

    Et puis il y a eu ce jour, à midi, où en rentrant du cours de sport, fameux 3X500 du BAC qui m’a mise KO, je m’écroule dans l’entrée. Mon frère étudiant en médecine à l’époque et ma grand-mère décident de parler et de dire (enfin) tout haut que quelque chose ne va pas, qu’il faut réagir et vite. Ce jour là, malgré ma détermination dans la maladie, j’ai eu peur. Je me suis sentie comme démasquée. Bien que je n’avais plus grand chose à cacher finalement ….

    On file voir mon papa à son cabinet médical, et on prend la décision de compenser ma triste alimentation avec des compléments à boire et de prendre RDV chez le professeur RIGAUD, endocrinologue réputé dans ce milieu.
    C’est lui qui a mis le mot « ANOREXIE » dans ma vie. Il a juste mis un mot sur le cauchemar que je vivais. C’est tout. Rien de plus, rien de moins.

    La médecine est faible face à une telle maladie psychique. Je continue de le penser et de me dire qu’il faut qu’il y ai du progrès là dessus.

    Aussi, j’étais consciente de la gravité des choses, plus ou moins, mais surtout incapable de réagir. L’anorexie ne porte pas le mot «mental » derrière pour rien. Votre cerveau au bout d’un moment prend les commandes et vous, en tant que personne avec un coeur et des émotions, ne pouvez plus rien diriger. Vous êtes juste soumis et maltraité par cette maladie infernale.
    Cela peut paraître morbide et exagéré mais c’est pourtant vrai, je vous le promets.
    Et c’est cet aspect qui peut sembler difficile à comprendre pour le « grand public » : nous ne pouvons pas dire du jour au lendemain « allez aujourd’hui je guérie, je remonte la pente, ça va aller ! ». Notre entourage le souhaite, fait tout pour, nous en persuade mais seulement la réalité est plus dure : on se bat contre notre mental en permanence, contre nous-même, nos peurs et nos pensées contradictoires.

    Aujourd’hui je vais essayer de remanger de cela, de reprendre un petit peu de poids, d’assister au déjeuner avec les amis. Ca c’est ce que l’on se dit au départ, et après il y a cette voix, Ana dans le langage anorexique, qui nous ramène vite fait bien fait à nos peurs de grossir, d’être immonde, de tout perdre. Et c’est ainsi TOUS les jours.

    A ce moment là de mon anorexie, on ne disait plus « qu’est ce qui ne va pas pour qu’elle soit si maigre » mais « elle est anorexique, il faut qu’elle mange pour guérir vite ». Grosse Erreur !
    L’anorexie est une maladie psychique, dont la maigreur est un SYMPTOME ! La maigreur n’est pas la maladie, et c’est ce que la majorité des personnes pensent malheureusement. La maigreur est juste un signe, une apparence, la surface. Donc c’est au fond qu’il faut réagir, au niveau psychique.

    Vous l’aurez compris, j’étais entourée physiquement mais très seule mentalement. Personne n’étais réellement en capacité de m’aider ou de me comprendre au plus profond de la maladie. Période cauchemardesque. Un enfer au quotidien, de la pesée du matin au coucher le soir le ventre creux et hurlant de faim.
    N-B : Je tiens à préciser aussi que j’étais anorexique MENTAL et non BOULIMIQUE. Beaucoup ne m’ont jamais crue, ce qui était d’ailleurs humiliant pour moi. Mais je ne me suis jamais, jamais faite vomir. Je me suis juste retenue de vivre pendant toutes ces années, avec une force mentale venant de je ne sais où, qui m’a évité de craquer sur quoi que ce soit. Aujourdhui encore je n’arrive pas à vraiment comprendre cette puissance du mental qui est inhumaine.

    Des ressentis au delà du normal

    Pendant cette étape de ma vie, j’ai ressenti des choses qui ne sont pas normal de ressentir, des émotions trop fortes pour une jeune fille de 16 ans, des sensations trop violentes et si flippantes aussi.
    Il y en a trois qui prenaient souvent le dessus : la peur, le sentiment d’être déconnectée/droguée et le contrôle permanent sur ma vie.
    C’était en permanence un tumulte des trois, donc imaginez la tempête que cela représentait en moi, en nous les anorexiques. Vous voulez manger mais vous ne pouvez pas, vous voulez être calme et en paix mais rien en vous ne l’est, vous voulez guérir et être en forme mais vous êtes faible et tellement angoissée. C’est de la peur au ventre constamment.
    J’étais très exigeante avec moi-même et avec les autres, et d’un autre côté je flippais plus que tout de ce qui m’arrivait. Et c’est je pense cette peur de la mort et d’imposer cela à ma famille qui m’a permis de ne pas tomber plus bas que je ne suis tombée. Mais parfois quand je me regardais dans le miroir si maigre, sans un pet de graisse, avec des os qui se voyaient de plus en plus, j’avais envie de pleurer. Car je ne maîtrisais pas cette maigreur et que je resssengais ces conséquences physiques comme quelque chose qu’ON me faisait souffrir. On c’était Ana, cette voix intérieur qui grignotait tout en moi petit à petit.
    C’est aussi pour cela que je vous le dis : ne jugez pas ces personnes malades que vous pouvez croiser dans la rue, une sonde gastrique dans le nez, les os apparents, une mine de mort pour fond de teint, … est ce que vous imaginez une seconde ce que ces personnes endurent ? le chao qu’il peut y avoir dans leur tête ? C’est inimaginable tant qu’on ne l’a pas vécu.

    Pour rien au monde je ne souhaiterais revivre le vide intérieur et physique que je ressentais à cette époque. D’ailleurs longtemps j’ai prénommée cette période de ma vie : «l’anesthésie de la vie ».

    Mon entourage face à la Maladie

    Mes grands-parents chez qui je vivais étaient désemparés et ne savais comment prendre la maladie, inconnue pour eux. Ils ont été pourtant d’une aide incroyable, sans le savoir, mais avec beaucoup de douceur et d’empathie. Avec ma famille proche (parents et frères et soeur), ils ont été les personnes les plus admirables face à ma maladie. Pas de violences, pas d’agressivité, pas de jugements. Ils étaient pourtant impuissants mais d’une bienveillance vraiment inouïe.Ils étaient comme tous, tristes et impuissants, mais présents et à l’écoute. C’était déjà énorme pour quelqu’un de perdue comme je l’étais.

    Certains de mon entourage ont accepté la maladie et mont épaulée sans trop « d’intrusion », pour d’autres ce fut assez violent voire impossible de s’y faire et de ne pas me brusquer… il faut comprendre que c’est une maladie extrêmement compliqué à cerner et à gérer au quotidien. D’autres encore ont tenté de m’aider, pas forcément toujours de la bonne manière, parfois de manière trop brutale et comme s’ils avaient exactement la solution.
    Mais sachez que personne ne pourra guérir une/un anorexique, seule cette personne est en mesure de remonter la pente et guérir en son fort intérieur. 

    D’un côté, je voulais prouver à ceux qui m’entouraient que je n’était pas QU’une anorexique, qu’au fond de moi il y avait aussi une personne normale, intelligente, adulte presque et très sensible. J’avais envie qu’ils me considèrent vraiment pour ce que j’étais : une jeune femme perdue dans sa tête, malade certes, mais qui avait malgré tout une vie comme tout le monde.
    D’une autre part je ne pouvais pas guérir en 5 minutes juste pour leur plaisir et leur satisfaction personnelle. Et puis parler H24 de tout cela, c’était épuisant, je n’en pouvais plus de devoir me justifier et expliquer ce que je pouvais ressentir sans cesse.

    Pendant 2 ans j’ai eu l’impression de n’exister que pour raconter ma Maladie à chaque rencontre, chaque RDV, chaque réunion de famille. De n’avoir été QUE cette anorexique.

    Stabilisation/ stagnation de la Maladie 

    Puis j’ai continué mon année scolaire de terminal, en alternant les petits séjours de repos à la maison et les cours au lycée. Je n’avais pas toujours la force d’y aller, de me confronter à ces boules d’émotions et de fatigue qui m’envahissaient parfois. D’affronter les professeurs qui pour certains étaient justes pitoyables face à ma maladie. J’avais peine à tenir debout une journée entière.
    J’ai vu des psy aussi, je ne m’étalerai pas sur le sujet pour ne pas faire de généralités, mais je n’en pense pas moins. Aucun d’eux n’a réussi à me relever. J’ai donc fini par abandonner les séances.Puis j’ai continué à perdre du poids jusqu’au BAC, où j’ai atteins les 40,2 kg. Ce nombre reste gravé dans ma tête comme si j’avais vu la mort de très près. Sur le coup, je ne me rendais pas compte de la gravité pour tout dire. Si ce n’est que le vide de sentiments et de joie au fond de moi. Seul mon cerveau fonctionnait pour contrôler mes journée au mm près et réviser autant que possible mon BAC. En même temps j’ai passé des concours d’infirmière.
    Je ne sais d’ailleurs pas vraiment comment, mais je les ai tous réussis …. haut la main!
    Puis j’ai passé mon BAC. Comment ? Je ne sais pas. Pourtant on m’avait dit que je ne l’aurais pas, que je ferais mieux de me faire hospitaliser et de le repasser l’année d’après, de ne pas compter dessus.
    Mais moi j’y croyais, et puis je n’avais quand même pas bossé toute l’année comme une acharnée pour rien ! Je l’ai décroché avec la mention Bien, incroyable mais vrai. Mon cerveau fonctionnait décidément encore bien! 😉
    Ce fut une petite victoire, une lueur d’espoir, une nouvelle vie aussi qui s‘offrait à moi. J’avais donné comme un nouveau souffle à ma vie, mon corps, ma famille.

    Mais le combat était encore long malheureusement. On était sûrs de rien quant à l’évolution de ma maladie : est-ce que j’allais enfin aller mieux ?

    Eté 2012 : après le BAC, j’avais alors déjà repris un peu du poil de la bête 

    Maladie et vie étudiante : dure cohabitation

    L’année d’après, 2012-2013 j’ai entamé ma vie d’étudiante en soins infirmiers, à Dijon toujours. Seule dans une chambre d’étudiante de 14m2. C’était dur, très dur d’être isolée ainsi et de me retrouver face à ma maladie et mes angoisses. J’ai réussi à reprendre 5 kilos sur l’année mais rien de glorieux mentalement, le chemin se faisait petit à petit, avec des petites victoires par ci par là, des rencontres et des moments « plaisirs » qui m’ont redonnés un peu goût à la vie.
    J’essayais petit à petit de regoûter quelques aliments aussi. Sans grandes conviction encore. Vous vous doutez bien qu’une fille déprimée, maigre, sans goût pour quoique ce soit, ne va pas se faire un petit plat de pâtes al dente sauce pesto et éclats de parmesan toute seule chez elle !!
    Je ne me nourrissais que très peu, juste de quoi tenir en cours et lors des stages infirmiers.
    J’essayais tant bien que mal d’aller aux soirées étudiantes, de participer aux apéros, de vivre un peu comme tout le monde. 

    Mais j’avais encore du mal à accepter les quelques petits kilos qui remplissaient mes pantalons et qui me donnaient meilleure mine. C’était lourd, très lourd à porter. Imaginez vous avec un pack de 6 bouteilles d’eau à porter. C’est encombrant ? C’est pesant ? Exactement …

    Puis il y a eu ce jour, ce fameux soir au restaurant avec une amie, où j’ai re goûté un plat auquel je n’avais pas retouché depuis des mois, et qui aujourd’hui me séduit toujours autant.
    La pizza ! Mon médicament à moi. Mon plaisir 0 culpabilité.
    Elle et moi on a une histoire passionnelle vous le savez haha !
    Elle m’a permis de m’autoriser un plaisir toutes les deux semaines environ et surtout d’affronter un vrai repas copieux en public et accompagnée de quelqu’un. Poke à toutes mes amies et à ma maman qui m’ont regardée me régaler à nouveau avec mes pizza !
    Elle ne m’a pas forcément fait reprendre du poids, mais mentalement j’évoluais doucement vers une alimentation plaisir et un laisser aller au détriment de ce contrôle permanent. La pente s’inversait doucement. C’était flippant mais cela redonnait de l’espoir à mon entourage.

    Le dénouement de la maladie : entre prise de poids et stabilisation 

    C’est en juillet 2013, lors d’un camp pour jeunes que j’encadre avec des amies que le déclic se fait en partie. Pendant trois semaines je me vois contraintes de manger comme tout le monde, sans moyen de contrôler quoi que ce soit, un lâcher prise total. Mais j’étais bien et je vivais enfin à 100%. sans réfléchir et sans culpabiliser. Des douleurs d’estomac face aux quantités dont je n’avais plus l’habitude certes, mais le bonheur de vivre reprenait rapidement le dessus.
    Ce qui m’a valut un « petit » +5kg sur la balance à mon retour. Et la stupéfaction : je ne pleure pas, je ne stresse pas, je ne panique pas, non …. Juste, je ris d’un bonheur et d’un sentiment de délivrance énorme. Grand pas, Immense pas dans la Maladie.
    Je me sens bien, à l’aise dans ce nouveau corps qui se dessine, plus féminin, plus doux, plus beau.
    Je sens à ce moment là que j’ai réellement passé un cap et que j’ai évoluée au fond de moi.
    Plus jamais depuis cette date je ne repasserai sous la barre des 50kg. Première VICTOIRE !

    Puis en août 2013, je rencontre l’homme de ma vie, mon Théo, mon épaule et tout s’enchaîne très rapidement. On officialise dans le mois qui suit notre relation, naissante et si bienfaisante pour moi. Il m’apportait la vie et la sécurité dont j’avais tant besoin.
    Je retrouve mes cycles menstruels et également un rythme alimentaire quasi normal. Mon corps se remet en place doucement, il a faimé,  faime de vie. Et forcément la prise de poids continue.

    Si vous avez bien suivit, je passe de 45 kilos à 53kg en près de 6 mois. C’est violent, c’est brutal, c’est très traumatisant pour un corps aux apparences de mort quelques mois encore auparavant.
    Ma vie privée familiale étant très compliquée à cette période là, cela a rendu ma prise de poids  assez compliquée et « déprimante ». Ce n’était pas le bon moment pour me concentrer sur moi, mais j’avais entamé le processus de guérison alors je ne pouvais plus faire marche arrière.
    J’ai donc décidé de partir, de tout plaquer, de tout abandonner pour ne penser qu’à moi, qu’à ma reconstruction, qu’à mon couple qui était (et est toujours d’ailleurs) la chose la plus précieuse à mes yeux.
    Pour la plupart des gens qui m’entouraient, j’avais tout foutu tout en l’air et perdu la raison. « Tu es intelligente et douée, n’arrête pas tes d’études, ne gâche pas tout ». Mais en vérité, c’était à ce moment là tout ce que je pouvais faire de mieux : me préserver et passer ma guérison devant tout. Certes avec du recul je comprends leur peur vis à vis de mes décisions à l’époque, mais je ne regrette rien et je sais que je n’aurais jamais entamé cette guérison en restant à dijon. Oui, c’était mon choix, ma décision et je l’assumais. 

    J’ai donc galéré près d’un an, cherchant à me reconstruire et trouver le bon chemin, la bonne méthode pour que ma guérosion skit la plus sereone possible. Un peu seule car loin de ma famille, mais avec un Theo qui a géré cette Maladie comme un chef. Il m’a donné cette motivation qui me manquait, cette volonté et cette autorité que j’attendais pour me relever. L’anorexie ne faisait déjà plus partie intégrante de ma vie, comme si je l’avais laissé en quittant Dijon, comme tout le reste. J’avais arrêté mes études d’infirmière qui ne me correspondaient plus. Ce choix d’études était celui de la Romane malade. Pas celui de la Romane qui se reconstruisait. Et je continue de me justifier à ce jour sur ce point ….

    Le déclic avait donc opéré. Certes il n’avait pas pour autant fait le boulot à ma place mais je l’avais nourri de rage de guérir, de motivation, de colère que je transformait en force. Comme pour tout: les objectifs sont ce qu’ils sont, mais il s’agit de les enrichir et de les nourrir d’une volonté qui vient de vous pour réussir.

    C’était dur aussi le matin, de me réveiller avec ce nouveau corps, de ne plus ressentir mon ventre creu et la faim autant qu’avant. De devoir être comme tout le monde, normal enfaite. J’avais faim de choses appétissantes, de choses nourrissantes aussi.
    Certes à une période de ma prise de poids j’ai été un peu bouffie, un peu bouboule, j’avais un corps qui ne me ressemblait pas totalement, ni à ce que j’étais avant la maladie. Mais j’étais sortie de cet enfer de la maigreur et j’étais pleine d’espoir pour l’avenir et ma guérison. Il fallait passer par cette étape, mon corps ne connaissait plus les vraies portions, ses limites, la satiété et la faim. Il avait perdu toutes ces notions et je devais réapprendre tout cela, comme un bébé, un enfant qui apprend à manger à des heures précises en grandissant.
    Fin 2014, j’ai donc repris le sport et une routine qui me plaisait. Je ne voulais pas perdre du poids mais retrouver cet équilibre qui me manquait à présent et pouvoir évacuer toutes les tensions que je ressentais. Manger pour prendre des forces, pour faire du sport, pour nourrir le mental. Quelle réussite, quelle victoire sur la maladie.

    Jusqu’au printemps 2015, j’ai bataillé, je me suis battue pour ne pas démoraliser face aux +18 kg que j’avais encaissé depuis ces fameux 40,2kg, lorsque j’étais au plus bas. J’ai continué de lutter contre les envie de régimes et contre cette petite voix qui me disait « allez, reperds tout ça c’es pas beau et puis tu serais mieux avec quelques kilos de moins ». J’ai connu la dépression pendant cette période, l’envie de rien, juste d’en finir parfois aussi. Cela faisait deja 4 ans que je me battais et j’étais épuisée. Mais j’ai persisté. J’ai accepté cette prise de poids qui je le savais, se stabiliserait.

    Tout cela a continué jusqu’à l’année dernière où je pense que j’ai réellement pu dire au fond de moi et à mes proches « oui je suis guérie« . Plus de comportements alimentaires contrôlés et troublés, quasiment plus de pensées négatives sur mon corps, plus d’envie de perte de poids, plus de calculs à la con. Finalement, juste l’envie indéniable de vivre a 200% !! 

    Tout cela grâce en grande partie à celui que j’ai épousé il y a un an, pour mon plus grand bonheur d’ailleurs et ma plus belle fierté. Celui qui a tout supporté et qui n’avais plus rien à me prouver dès lors que je me suis sortie de cette galère.
    Il a tout encaissé : l’hyperphagie le week-end lorsque je le retrouvais et que je n’arrivais pas à gérer les doses, les crises de larmes, la dépression, les coups de mou, les envies d’en finir bien souvent, …. non rien n’a été simple pour lui au début et je suis tellement reconnaissante de tout ce qu’il a pu mettre en moi comme motivation et comme espoir. Sa récompense a été de me voir aller de mieux en mieux chaque jour, d’apprendre à m’aimer avec ce nouveau corps loin de la maigreur, mon sourire en rentrant du sport, heureuse d’avoir tout donné et de m’être défoulée. Il y a eu tous ces moments de bonheur, simples mais pour moi tout nouveaux : dîner au restaurant, prendre l’apéro juste pour le plaisir, se promener sans ce soucier de la perte calorique, ….

    Quand on me demande comment j’ai réussi à m’en sortir, qu’elles sont les solutions et les clefs de la guérison, je réponds que la solution est en soi. Il ne sert à rien de se réfugier dans des comportements trop stricts ou qui ne vous correspondent pas, ce qu’il « faut » c’est trouver ce qui fait votre bonheur. S’épanouir quelque part, dans quelque chose, avec quelqu’un. Apprendre à se connaître profondément. Le reste suivra. 

    La reprise de poids n’est pas l’unique signe que tout est fini ! On se trompe bien trop à ce sujet. Vous pouvez avoir fait un énorme cheminement et être à nouveau heureux et sortis de la maladie sans pour autant retrouver, dans les mois qui suivent, votre poids idéal. Cela se fait sur des années entières. Et il ne faut pas se précipiter. Prenez le temps de guérir et d’être à nouveau heureux. C’est avec le temps que les choses se font le mieux non ?

    Je voulais finir ce roman interminable (je vous jure j’ai été concise !) par mon rapport a la maladie aujourd’hui.
    Je suis et me sens guérie malgré parfois des remarques peu objectives telles que : « Je ne pense pas que tu sois vraiment guérie »; « Pourquoi tu fais tout ce sport ? Encore pour compenser hein ! »; « Tu ne manges que ça ?  Tu fais encore un régime? Attention t’as déjà perdu je trouve«  …. alors à tous ceux qui me liront et qui me connaissent : merci du fond du coeur mais je me connais à présent vraiment bien et surtout je vais bien 😉 !
    Je me sens enfin guérie à 99% et enfin bien dans mes pompes. Je ne suis plus complexée comme avant, je n’ai plus d’interdits alimentaires, je ne fais plus de sport pour éliminer, je ne compense plus les écarts, …. tout cela ne fais plus partie de mon hygiène de vie. Aujourd’hui j’ai cette envie de faire les choses par pur plaisir et d’incarner celle que je suis au fond : une femme authentique et bonne vivante.
    Oui j’ai des moments de coups de mou, où je me vois déformée et pas comme je le souhaiterais, où j’aimerais avoir 1 ou 2 kilos en moins, un peu moins de cuisses, … mais j’arrive aujourd’hui à me poser, me regarder et à m’aimer. Sourire à ce corps qui en a tellement bavé et qui mérite un peu de répit et d’amour, c’est cela que je travaille aujourd’hui a^près tout ce chemin.

    Je me suis véritablement confiée à vous, plus que je ne l’ai fais auprès de certains proches, comme un livre ouvert, comme à des amis en faite.
    Pourquoi ? Parce que je pense que des témoignages peuvent être un déclic pour certains qui vivent cela encore au quotidien, voire même une autre maladie, mais qui ne trouvent plus le courage de se battre. Le tout est de croire en l’impossible et ne jamais JAMAIS baisser les bras. Il y a forcément quelque chose de beau qui nous attend au bout.

    Je finirais juste par cette phrase qui raisonne chaque jour en moi : lorsque l’anorexie ne tue pas, elle rend plus fort ! ♡ 

    Merci de m’avoir lue jusqu’ici, en espérant de tout coeur que mon témoignage aidera ou éclairera certain(e)qu’entre vous !

    Xoxo

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    12 Commentaires

    1. Zoé
      15 novembre 2017 / 16 h 57 min

      Quel beau témoignage et quel beau combat Romane ! Et c’est bien vrai, ton épanouissement et ta force se ressentent à travers ton sourire. Je ne te souhaite que du positif pour la suite et de la réussite dans tes projets. Tu le mérites vraiment ! Encore bravo championne, tu es un bel exemple !

      • admin
        Auteur
        17 novembre 2017 / 12 h 32 min

        Olala … ton mot m’a beaucoup émue …
        Merci pour ta gentillesse et ta bienveillance, je suis vraiment heureuse que mon attitude et mes photos reflètent un peu mon combat. Parce que finalement c’est tout ce que je souhaite aujourd’hui : prouver que quelque soit nos provenances, le bonheur est à portée de mains !
        Mille et mille merci
        Je t’embrasse

    2. Alice
      15 novembre 2017 / 16 h 57 min

      Bonjour Romane,
      Ton témoignage m’a beaucoup émue car j’ai vécu la même chose que toi et de manière tellement similaire à la tienne que c’est perturbant.
      Mon anorexie a commencé l’été de ma seconde et s’est « vraiment » terminée lors de ma première année d’école de commerce il y a 2 ans. J’ai perdu 20 kilos au total et je me suis vue dégringoler petit à petit pendant 1 an. Je notais tous les aliments que je mangeais et pendant 4 mois environ j’ingerais 300 calories par jour et pas une de plus… j’étais obsédée par mon corps et chaque kilo en moins était une délivrance jusqu’à ce que je me rende compte que ma santé était réellement en danger. À l’école je cartonnai, peut être pour me prouver que je valais qqch, que ma maladie n’allait pas m’empêcher de vivre mon futur et d’intégrer une école de commerce comme je le voualais tant.
      En effet, tu le dis si bien, les gens ne comprennent pas ou peu ce qu’est réellement l’anorexie… c’est bien qqch de mental ,bien au delà de la perte de poids. Ma famille et mes amis m’ont soutenus mais j’étais tel un alien sur une autre planète. J’étais devenue un zombie, plus aucune force, plus d’envie de manger, de bouger ou de faire quoi que ce soit. L’été qui a suivi la première je suis allée en Espagne et ce voyage est l’élément qui m’a achevée: je ne me suis pas nourrie pendant 2 semaines car la vue de frites ou de beignets à chaque repas me donnait la nausée. J’ai atteint les 48 kilos qui en soit n’étaient pas alarmants mais faisaient suite à 1 an de régime stricte donc je ne me reconnaissais plus du tout…
      Comme toi la rencontre de l’homme de ma vie m’a sauvée! Il a su me redonner goût à la vie et je lui suis vraiment reconnaissante.
      À ce jour je suis tres épanouie dans ma vie dans tous les domaines et je suis guérie de la maladie mais pendant des années j’ai eu des séquelles: maux de ventre, problèmes de digestion, meme une intolérance au gluten car je ne mangeais plus de féculent depuis des mois…

      Ca fait plusieurs mois que je suis ton compté Instagram car tu m’inspires avec tes recettes et ta motivation pour le sport. Aussi, ton article prouvé vraiment ta motivation pour te sortir de la maladie et je t’admire. Je te souhaite de continuer à t’épanouir comme tu le montres si bien en photo.
      Je t’embrasse, Alice (cousine éloignée de KTC #brehat ) .

    3. elise
      15 novembre 2017 / 21 h 22 min

      Bonsoir Romane,
      Merci pour cet article. J’ai eu une amie touchée par cette maladie. Et c’est vrai, pour les proches c’est hyper dur de se positionner : on n’ose pas prononcer le mot, on n’ose pas faire du rentre-dedans, on est spectacteur, et du coup on ne sert à rien….
      A l’époque, on faisait des soirées entre amis et elle venait avec sa gamelle, ou en ayant déjà mangé, ou en triant les aliments qu’on mettait sur les pizzas, .. bref, elle se marginalisait, et aucun ami n’osait lui faire face, et faire des remarques.
      Au final, l’entourage en souffre aussi mais en silence, et avec désarroi..

      • admin
        Auteur
        17 novembre 2017 / 12 h 43 min

        hello Elise,
        C’est très courageux de ta part de t’investir ainsi auprès de ton amie. Si je peux te donner une petite lumière, apprends à vivre cette amitié en laissant la maladie de côté, quelle ne soit pas un frein à votre relation, car elle seule pourra trouver les clefs de la guérisoN. C’est tes dur et très frustrant je le sais mais c’est important qu’elle ne s’habitue pas au confort d’une compassion trop poussée et qu’elle comprenne que pour vous l’entourage, elle reste elle même et que la maladie n’est finalement qu’une apparence, un masque.
        Envoie lui toutes tes bonnes ondes et ton espérance de guérison, c’est la plus belle preuve d’amitié qu’une personne puisse faire à l’égard d’une anorexique, crois moi 😉
        Bon courage et surtout ne t’en fais pas, car le jour où espérance elle guérira elle sera une personne formidable et très très forte
        <3

    4. AG
      1 décembre 2017 / 19 h 31 min

      Chère Romane,
      Je relis pour la énième fois ton article qui me redonne espoir à chaque fois et surtout l’envie de me battre. Grâce à ton blog et aux photos de ton compte IG, je trouve une motivation chaque jour. En effet, tu rayonnes tant après ce combat que je réalise que tout est possible alors MERCI.
      Je t’embrasse

      • admin
        Auteur
        22 décembre 2017 / 11 h 16 min

        Hello Agathe,
        Mille merci pour ton message qui me touche et me murmure qu’il faut que je continue ce petit bout de chemin sur le blog pour ne serait ce que pour donner espoir à ceux qui sont encore perdus.
        Courage, ne baisse jamais les bras et surtout dis toi que cette maladie te poussera plus loin que tu ne l’as imaginé 😉
        Je t’embrasse fort

        • AG
          8 mars 2018 / 2 h 57 min

          Je le relis encore et chaque fois j’y retrouve du COURAGE. Tu es au top alors MERCI tout simplement. Je te souhaite bcp de bonheur!

          • admin
            Auteur
            16 mars 2018 / 9 h 53 min

            Tu es un trésor, je serais très heureuse qu’on arrive à se voir un jour. Vraiment je te souhaite tellement le Bonheur que tu mérites certainement amplement. Ne cesse jamais de croire en toi et en la merveilleuse personne que tu es Agathe. Je t’embrasse

    5. Maud
      21 janvier 2019 / 20 h 46 min

      J’avais lu ton texte il y a déjà bien un an. Sans jugement, mais touchée. Enceinte à ce moment-là, je n ai pas trop insisté sur le pourquoi du comment car je gérais très mal ma prise de poids de 20 kgs. Il faut savoir qu à 20 ans, je pesais 100 kg pour 168 cm. J ai pu stabiliser à 68 kgs sans trop de privation mais quand même…. il n y a pas de miracle. Je crois que j’ai réussi ma vie. J ai 3 enfants que j’adore un mari du tonnerre que j’aime plus que tout et qui ne voit pas mes cuisses horribles qui m encourage. Je suis tombée il y a peu sur le livre de Victoire « jamais assez maigre ». Et là, j en ai eu les tripes retournées. Et là je relis ton parcours et je suis terriblement touchée. Même si je ne m accepte pas forcément comme je l’aimerais, je remercie le ciel tous les jours de ne pas avoir dû subir cette maladie. Je retire bcp de positivité de ton texte et quand je te lis sur instagram, wow…. que de beaux sourires et des sincères. Une belle « fureur de vivre ». Bravo pour ton témoignage poignant et surtout bravo d’avoir eu le courage de te lancer sur la voie de la guérison. Que la suite te soit douce même si la vie n’est pas toujours des plus faciles et continue de garder cette belle joie de vivre.

    6. Marion H
      28 avril 2020 / 12 h 59 min

      Waouh quel beau témoignage, très touchant.Ton texte est fort, sincère et prenant. Je te suis depuis, je pense, 1 an sur Instagram et c’est un pur bonheur ! J’adore tout ce que tu publies, c’est comme ce texte vrai 🙂 Tu es vraiment une personne super, restes comme tu es et continues tout tes partages Insta, c’est top ! Merci Romane (je suis nulle en écriture mais j’espère que tu comprends ce que je veux dire avec ces quelques mots ^^)

    7. Artémis
      5 janvier 2021 / 23 h 57 min

      Les remarques des autres sur ta maigreur qui te font l’effet de compliments… C’est exactement ça. Contente que tu sois sortie de cette maladie envahissante.
      Tu es toute belle Romane et j’aime que tu sois une influenceuse attachée à la campagne. Marre de toutes ces citadines déconnectées et manquant de simplicité. Tes photos de nourriture sont extra, tu as un œil artistique certain. Je ne suis pas sur Instagram, mais j’espionne (!) de temps en temps ton compte pour me faire plaisir. Bonne année 2021!

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