• être seul, un bienfait ou une tare ?

    Si je décide de vous parler aujourd’hui de « solitude », je pense qu’il n’y a rien d’anodin ou d’hasardeux, les sujets que j’aborde ici d’ailleurs raisonnent toujours en moi.
    Pour ceux qui ont lu mon récit du septième mois de grossesse, cela devrait même vous rappeler ce que j’ai ressenti, vécu durant ce dernier mois.
    A savoir un profond mal-être, dû à l’inactivité et à la solitude entre autres.

    Alors j’ai pris les devant et j’ai voulu en parler avec vous. Parce la grossesse, et en particulier les dernières semaines, m’ont permis d’avancer, d’évoluer sur la question et je me suis rendue compte de l’impact et de l’importance de la solitude dans nos vies. Oui oui je parle d’importance, car la solitude est finalement vous le verrez quelque chose de très positif et d’essentiel !

    La solitude dans ma vie 

    Depuis toujours, aussi loin que je puisse me souvenir, je me suis sentie seule, isolée voire de côté. Pas forcément rejetée ou mal-aimée, pas exclue volontairement par les autres ou par les groupes de personnes. Non, juste seule. Que ce soit physiquement ou dans ma tête, ce que je retiens est d’avoir toujours raisonné et fait seule.
    Quand on m’a demandé récemment de me replonger dans mes souvenirs d’enfance, de ce qu’auront été mes émotions étant plus jeune, ce qui est ressorti est essentiellement «la tristesse de me sentir constamment seule et à l’écart». Et lorsque j’y repense, je suis triste, j’ai de la peine pour cette enfant, car j’ai profondément mal vécu cette solitude. Je me souviens de vacances où chaque enfant avait son cousin, sa cousine de référence et passaient leurs journées ensemble, les adulte eux étaient entre eux, et moi de mon côté je me sentais profondément seule et oubliée.
    A cause de cela, je me suis presque toujours sentie différente, dérangeante, à côté de la plaque même. Je ne correspondais pas vraiment aux « exigences » des gens et des groupes de jeunes.
    Et c’est ce décalage que j’ai associé à la solitude et dont j’ai souffert.

    Les années ont passées, au collège et à la fin du lycée rien n’a changé j’étais la nana pas très fun et vraiment inintéressante. J’étais pas à l’aise en groupe. Puis il y a eu les années étudiantes qui m’ont un petit peu fait oublier cette solitude mais si au fond de moi j’étais encore dans le même état d’esprit. Je ne ressentais pas le besoin de sortir, d’être une étudiante comme les autres et mêlée à un groupe, de suivre la vague. Je m’inventais des prétextes pour ne pas faire partie des soirées, pour ne pas faire tout avec eux, pour rester aussi de mon côté.
    J’étais un petit peu la mémère du groupe.
    Partout où je suis allée, je n’ai jamais eu vraiment de place bien définie, j’étais « de passage », j’étais la nana sympa et souriante mais pas cette amie, cette pièce indispensable.
    Alors je me suis très souvent posé mille questions, torturé l’esprit pour savoir « comment faire pour avoir des amis », « comment créer un groupe d’amis », « comment être une fille normale dans un groupe d’amie, avec des discussions de filles et des délires comme tous les gamins », …. Mais je n’y arrivais pas et cela me renait profondément malheureuse.

    Je l’ai voulu cette solitude finalement, parce que je ne me suis jamais investie dans un groupe de jeunes et me suis toujours plus ou moins isolée, mais j’en ai aussi souffert. Parce que je n’étais pas comme tous les autres avec des souvenirs d’années adolescentes incroyables dans un même groupe d’amis, ce n’était pas quelque chose d’évident et de naturel pour moi.
    J’ai d’ailleurs pour cela assez mal vécu ma « jeunesse ».

    Dans ma vie, il n’y a eu qu’une seule et unique année où j’ai réellement eu ce sentiment d’être « normale » et investie dans une groupe d’amis, l’année de ma seconde. J’avais une bande de copines à l’internat que je n’ai pas quittées de l’année. Tout, on faisait tout ensemble et j’en garde un des meilleurs souvenirs de ma vie. A cette période j’ai expérimenté pour la première fois de ma vie de vraies amitiés et je pense que je garderai toujours en moi ces souvenirs intarissables.

    Puis il y a eu les années de maladie, j’étais entourée certes, mais cette solitude faisait à nouveau partie de ma vie. J’en ressentais le besoin pour ne pas m’exposer de trop, mais elle pesait aussi.
    Comme s’il y avait toujours un énorme conflit entre ce que je suis/ce que je vis.
    J’ai énormément souffert à ce moment là de ne pas avoir su créer de liens d’amitié avec une amie, si forts qu’ils m’auraient permis de m’évader quelques heures durant au téléphone ou à pleurer sans façade et sans filtres, qui m’auraient permis d’être vraie et sincère face à cette épreuve de l’anorexie. La peur de déranger, d’être trop intrusive, trop proche, de ne pas être aimée pour ce que je suis au fond, tout cela a contribué finalement à cette solitude et à cette mise à l’écart.
    Donc si j’étais seule c’était finalement par peur, de ne pas être acceptée et aimée telle que je suis. 

    La solitude dans notre couple 

    Et puis il y a 5 ans maintenant, j’ai rencontré Théodore, mon mari, et j’ai appris à vivre, à accepter et à apprécier une solitude que l’on partageait depuis le début. « Non mais qu’est ce qu’elle nous raconte ?? Genre avec son mec elle se sent seule et ils aiment ça ! ». Alors pas tout à fait, laissez moi vous raconter, vous expliquer.
    Mon mari a toujours été lui aussi assez solitaire et en dehors des gros groupes de jeunes. Il a eu des amis je vous rassure, des groupes d’amis même lorsqu’il était en pension, lui aussi! Il me raconte parfois leur conneries de jeunes incouscients et ses souvenirs Lillois bien arrosés, mais c’était le temps de quelques années. Pas plus. Il n’avait pas besoin d’eux pour exister, pour être heureux. Le reste du temps il aimait aussi sa tra,qualité et faire ce qui le passionne seul ou accompagné d’une personne, souvent adulte d’ailleurs.
    Alors c’est tout naturellement et sans complexe que, dès le début de notre histoire, il m’a expliqué ne pas avoir beaucoup d’amis. Un par ci, un par là. Pas beaucoup plus. Son ami le plus fidèle, le plus proche d’ailleurs, est un de nos témoin et a le double de notre âge. Tout bêtement. Mais il l’aime comme un frère et compte sur lui comme un ami très cher. Une amitié qui lui apporte beaucoup à elle seule.

    Je me suis longtemps demandé s’il avait un soucis relationnel, s’il cachait une facette de lui totalement asociale, s’il avait des peurs non réglées. J’ai aussi longtemps tenté de l’analyser, de le sociabiliser en le présentant à telle ou telle connaissance ou en programmant de sorties, des rendez-vous avec d’anciens amis. Comme si son côté solitaire me dérangeait. Mais avec du recul et en travaillant sur moi, je me rends (honteusement) compte que je cherchais à régler MES peurs de solitude. Car à cette période je ne trouvais pas cela normal de ne pas être constamment entouré comme la majorité des gens, de ne pas avoir un groupe d’amis, de ne pas sortir tous les week-end. Ce style de vie très modéré en restions sociales me complexait carrément ,il faut le dire!
    Pauvre Doudou, dire que durant toutes ces années j’ai essayé de te changer, de te faire aimer le monde et une vie sociale bien trop dense pour nous, alors que moi-même je ne m’y retrouvais pas, …

    Mais c’était en faite pour masquer une peur d’être abandonnée et non reconnue. 

    Pendant donc 5 ans supplémentaires j’ai tenté de rectifier cette part de moi-même, j’ai continué à me demander pourquoi j’étais si différente, pourquoi lui aussi était ainsi, et pourquoi je ne parvenais pas à construire un cercle social d’amis. Cela m’a longtemps valut des pleurs, des moments de déprime, des angoisses très profondes et qui, lorsqu’elles ressortaient, écrabouillaient tout sur leur passage. Ha oui oui, ce complexe était violent !
    Je suis très honnête et transparente avec vous, pour mieux pouvoir aborder ce sujet, et je ne vous cache pas que lorsque l’on a établi les listes d’invités pour le mariage, j’ai complexé plus que jamais devant le peu, très peu d’amis que l’on invitait. Non pas par soucis financier ! Mais bien parce que nous n’en avons que quelque uns. Et finalement, la fête fut tout aussi belle, avec nos 15 amis à tout péter!

    En dehors de notre routine de couple où l’on passe beaucoup de temps à deux, rassurez vous il y avait aussi de beaux moment avec nos quelques amis 😉 ! Pas de clubs (eh oui je ne connais pas mon mari en boîte de nuit), pas de grosses soirées à 300 personnes, peu de week-end avec 15 personnes dans une grosses baraque, … Mais en revanche de bons moments partagés autour d’apéro, de bons diner, durant un week-end ou une soirée. Souvent en nombre restreint aussi, on préfère c’est vrai. Bref on a un minium de vie sociale quand même et toujours assez raisonnable. Ho la nana pas drôle quoi ! 

    La solitude, ce déclic si bienfaisant

    Vous le savez maintenant nous habitons la campagne, et nous avons donc une vie où pour voir nos amis il nous faut nous déplacer le plus souvent. Ici nous sommes aussi entourés de quelques proches, peu, mais parmi les meilleurs! Et là aussi il m’et arrivé de revenir sur ce sentiment d’être seule, très pesant et qui m’a fait cogiter plus d’une fois. « C’est pas normal à ton âge d’être ici », « Pour vivre bien il faut vivre en ville et entouré de plein d’amis », « On est vraiment des cul-terreux asociales », « Si je continue ma vie ici je vais mourir de solitude », … Vous voyez le schéma ?
    J’ai même eu le droit à « Tu serais plus heureuse en ville je le sais ». Cette personne voulait que je grille les étapes de ma reconstruction.

    J’ai donc longtemps cherché à échapper à cette solitude, par le travail déjà ou en imaginant ma vie ailleurs et donc meilleure. Logique. 

    Jusqu’ici donc, je me projetais de partir habiter à nouveau en ville. Dans un future (très) proche. C’était mon SEUL objectif : fuir cette campagne.

    Et puis il y a quelques semaines j’ai eu ce passage à vide avec un gros coup de déprime suite à mon arrêt médical et l’obligation de rester à la maison, seule. Suite à cela j’ai revu mon thérapeute, celui qui m’accompagne depuis maintenant quelques mois. Et je lui ai tout déballé, je lui ai raconté à quel point je me sentais seule, à quel point cette solitude pesait et m’angoissait, à quel point je me sentais anormale et en décalage. Je lui ai parlé de ce sentiment d’être seule qui me rendait malheureuse et qui me forçait à entretenir ou créer des relations pour me sentir bien. Cette solitude qui durait depuis toujours et que je voulais régler pour être enfin apaisée.
    Et alors que je m’attendais à des conseils pour ne pas rester seule, pour m’occuper et voir du monde, pour venir à bout de cette situation  j’ai dû me prendre en pleine face la vérité. « Le jour où votre propre compagnie vous suffira, vous serez alors quelqu’un qui se connaît et qui s’accepte totalement, vous pourrez atteindre la paix intérieure et le bonheur ».

    Qu’est ce que cela voulait dire ? He bien que je ne devais plus échapper à la solitude, que je ne devais plus constamment me rassurer d‘avoir tant ou tant d’amis, que je ne devais plus chercher à voir des personnes en permanence pour être bien et heureuse. Mais je devais faire face à mes peurs et affronter la solitude, l’apprivoiser pour ne plus la craindre.
    Mais en faite, je le savais au fond de moi, je savais que je n’avais pas le bon comportement depuis tout ce temps mais il fallait qu’on me le dise, que cela sorte de la bouche de quelqu’un de confiance.

    Et quelle libération, quel poids en moins. Peut-être que pour certains d’entre vous cela paraître absurde et dénué de sens. Qu’être seul et l’accepter semblera quelque chose de complètement anormal dans notre société et que nous devons être entouré la plupart du temps pour être heureux. Que vivre à la campagne à mon âge est en effet une grosse connerie et que si je veux être heureuse je devrais déménager en ville, là où je connais du monde. Je comprends ce raisonnement mais il n’est pas celui que je dois adopter pour avancer et me découvrir.

    Depuis toujours je pensais que la solitude était une tare, quelque chose qu’il fallait régler et qui ne devait pas faire parti de notre vie. Que l’on devait être entouré  régulièrement pour être quelqu’un de stable et heureux. Je pensais que personne ne devait se sentir bien en étant seul. Je m’étais trompée et donc perdue en chemin.
    J’avais trop tenté de ressembler aux autres et de m’identifier à eux pour échapper à certaines questions ….

    Mais je sais qu’aujourd’hui, je peux commencer à regarder cette solitude avec un regard plus doux et moins triste. Que je peux même en faire quelque chose de bien par moment. Parce que grâce à elle je prends réellement le temps de me découvrir, de parcourir toutes les facettes de ma personnalité et surtout de vivre pour moi et par moi.
    Je réalise tout juste que depuis toujours, j’aspire à exister au travers des autres et surtout POUR les autres, alors que rien n’est finalement plus important que de faire les choses pour soi et d’exister pour moi et moi seule. C’est ce qu’il y a de plus important  : vivre pour soi, pour se rendre heureux. 

     Ce que mon accompagnateur m’a révélé ce jour-là a raisonné en moi quelques jours plus tard et m’a clairement permis de déculpabiliser d’être cette personne souvent seule et tellement vraie ainsi.
    J’apprends petit à petit à aimer ma propre compagnie, à prendre le temps de me surprendre, à découvrir le fond de mon coeur et à m’accepter telle qu’elle.

    Le tout est de bien doser bien évidemment. Car il ne s’agit pas de s’exclure du monde et de passer les 3/4 du temps isolé et seul face au monde. Savoir se retrouver seul, parfois, faire le point, écouter ce que l’on a à se dire (oui oui il m’arrive de faire le point avec moi même!), être juste tranquille. Et aussi profiter de ceux que l’on aime, sans pour autant se noyer dans des bains de foule ou au milieu de gens dont on ne retiendra même pas le nom. Passer de chouettes moments en famille, entre amis, ces moments qui se retiennent et qui marquent, dont on décide en toute conscience. Pas juste pour échapper à la solitude. 

    Mais alors pourquoi souffre-t-on souvent de cette solitude ? 

    Vous pouvez donc voir que j’ai appris, depuis (très) peu, à aimer être seule et ne pas toujours chercher le regard et la compagnie d’autrui, à ne pas être entourée d’une multitude d’amis. Un ou deux me suffisent amplement et de temps à autres. Et j’en ressens déjà les bienfaits au quotidien, d’accepter ce rythme de vie. 

    Mais alors pourquoi est-ce si dur à accepter et si douloureux au quotidien de se sentir seul ?
    Pourquoi cherche-t-on toujours à s’entourer et faire parti d’un groupe ? 

    Etre seul et se sentir seul sont bien différents et il faut savoir les dissocier.
    Etre seul est contexte physique, mais on peut le ressentir comme quelque chose de bienfaisant et de bon à l’intérieur. Ce peut-être un moment bénéfique où l’on se retrouve avec soi-même, où l’on prend du temps rien que pour soi et où l’on s’échappe de tout le reste. C’est finalement indispensable d’avoir dans sa vie des moments où l’on est seul pour être en vérité avec nous-même.
    Se sentir seul en revanche c’est un sentiment négatif, qui appelle la tristesse, la peur, le conflit intérieur. Si vous vous sentez seul, c’est qu’il y a un besoin qui n’est pas rassasié, une peur qui n’est pas réglé, une blessure profonde qui remonte alors. Si vous vous sentez seul, c’est que vous n’accordez pas de place à ce qu’il y a en vous et qui devrait vous accompagner dans ces moments là. Alors essayez de prendre vos moments de solitude comme un cadeau pour renouer avec vous et non une tare qui vous isole des autres. C’est important de ne pas chercher à se rassurer et fuir ses peurs à travers les autres.

    C’est douloureux parce qu’on ressent que la solitude reflète un besoin essentiel : celui de répondre à des questions profondes et qui le plus souvent permettent d’avancer. Mais ces questions et ce besoin d’y répondre fait très peur. On redoute le faite de se mettre en face de nos peurs, de nos blessures. En faite la solitude est un peu un test :
    -Si vous ne vous y sentez pas à l’aise, soyez sûr que vous tentez d’échapper à quelque chose qui parle en vous.
    -Si vous l’acceptez lorsqu’elle se présente à vous, alors vous êtes dans l’écoute et le respect de vous-même. Voilà pourquoi il est essentiel de parfois se retrouver seul.

    Douloureux aussi, car être seul signifie porter un regard sur soi et se découvrir. Dans la solitude, ce que vous êtes réellement ressort, vous ne pouvez pas mettre de masque comme en public. Donc pour certains, cela peut s’avérer extrêmement violent, d’où le vécu douloureux de la solitude. Apprenez à porter un regard bienveillant sur celui ou celle que vous êtes, sans vous juger, et surtout d’être cette même personne ensuite, devant vos proches. Sinon le décalage entre ce que je suis en vrai (seul)/ce que je reflète (public) sera très douloureux et vous empêchera d’avancer.

    Pour la plupart des gens, être entouré et appartenir à un groupe d’amis bien défini, les côtoyer souvent, c’est exister et être accepté. Etre seul c’est donc l’inverse : vivre pour soi et par soi-même. Sans le regard reconnaissant ou admiratif des autres, sans l’amour qu’ils peuvent vous porter. Savoir être seul c’est savoir être sans passer par mes proches, c’est ne pas chercher constamment l’approbation et la fierté dans le regard des autres. Aujourd’hui on ne prend que très peu le temps de faire les choses uniquement pour soi alors que c’est la chose la plus enrichissante et la plus bienfaisante.

    Enfin être seul peut s’avérer douloureux car on ne sait pas comment faire. Combien autour de moi ne savent pas être seul. Il faut être occupé, être productif, parler, voir du monde, se montrer, être reconnu, … Alors lorsque l’on est chez soi, que personne ne répond à nos propositions de pot en terrasse, que l’on a rien de prévu, c’est le vide. On ne sait plus prendre le temps d’être tout simplement. Juste cela, être. Testez-vous, essayez de ne rien faire et d’être celle ou celui que vous êtes le temps d’une heure par exemple. Vous serez très surpris de la difficulté de l’exercice mais aussi de ce que vous pouvez en tirer.

    Comment accepter d’être seul au quotidien ?

    Alors non, je ne prône pas une vie monastique, ni une vie exclue de toute activités sociale et sans moments chaleureux ou entre amis. Je ne suis pas encore un Ours des Cavernes !
    Mais la solitude elle s’apprend, elle se fait accepter.

    On accepte d’être seul lorsque l’on a testé les bienfaits de la solitude.
    N’avez-vous jamais ressenti ce bien-être d’être au calme, de faire des choses que vous aimez et pour vous, juste pour vous ? La solitude c’est un temps qu’on s’offre, qu’on se permet de vivre. 
    Moi personnellement j’adore ces heures que je me consacre et qui ne sont qu’à moi! Je fais du sport, je lis, de me repose ou regarde une série, je cuisine et travaille mon blog, parfois je pars me balader ou boire un café mais seule…. Ce sont MES moments et je les passe SEULE. Ces moments requinquent et permettent d’apprécier encore plus les moments conviviaux par la suite je trouve.

    On accepte donc je pense cette solitude, une fois qu’on trouve un équilibre juste et sain entre ces moments passé en notre propre compagnie, seul, et les instants partagés avec nos amis ou notre famille. Bien jauger les deux c’est réussir à se nourrir de ce que les autres nous apportent, s’ils sont bons pour nous, et de ce que nous décidons de nous offrir nous-même en apprenant à nous connaitre véritablement.

    Comme je le disais plus haut, j’aime passer de bons moments avec certains de mes proches, avec mes quelques amis, avec ceux que j’aime et de manière occasionnelle. J’adore organiser des apéros à la maison, boire un verre en terrasse de temps à autres, faire des week-end en famille, partir me promener avec mon mari et se retrouver à diner chez nos amis à l’improviste, prévoir des déjeuners à Paris quand j’y monte pour un RDV, …. du spontané, de l’authentique, du bonheur toujours! 

    Mais je sais aussi que je ne me prendrai plus la tête à voir à tout prix un tel ou un tel, comme pour me rassurer, à entretenir des amitiés instables et lointaines juste pour me justifier, m’obliger à côtoyer un nombre d’amis trop dense et dont je n’arrive pas à assurer les liens, faire des choses avec des personnes qui ne m’apportent que peu, … Je ne veux plus être dépendante, affectivement parlant, juste pur rentrer dans une norme sociale. Si je n’ai QUE 5 amies c’est tant mieux, elles seront d’autant plus choyées et j’aurai plus de temps profond à leur accorder, c’est ainsi que je vois le revers de la « solitude ».
    Car être plus solitaire que mondain n’est pas une tare, et je ne veux plus penser cela ou mal le vivre. C’est à présent quelque chose que j’accepte et qui me correspond. Avec mon mari nous essayons de trouver un  équilibre qui soit le plus juste, pour entretenir les quelques liens forts que nous avons autour de nous, rester ouvert au monde et aux belles rencontres que nous faisons et par dessus tout vivre libres et indépendants. Nos côtés « solitaires », qui peut paraitre ou sembler rabats-joie, c’est en faite un vrai chpox de vie. Celui de s’accorder une vie où l’on ne cesse d’apprendre sur nous-même.

    Depuis que je m’accorde du temps seule sans en être complexée ou déprimée (pas toujours à 100% bien sûr, il y a des moments de doutes …) l’envie d’être entourée des seules personnes qui partagent mon univers, qui acceptent celle que je suis et qui considèrent nos liens comme forts et vrais, prend le dessus.
    Depuis quelques années, quelques mois, je me suis détachées de certaines personnes que je ne voyais plus et dont je ne ressentais plus le besoin d’être proches. Et puis je me suis aussi reliée d’amitié avec d’autres, parce que je me suis réconciliée  avec moi même et mes peurs. Mais toujours dans une optique de vérité, pas dans une ambition d’être populaire ou appréciée. Je suis quelqu’un qui dois peut-être compter au mieux 10 vrais amis, mais si vous saviez combien ils comptent pour moi.
    Et puis la vie fait aussi qu’aujourd’hui d’autres s’éloignent, comme si notre mode de vie, notre manque de popularité et d’adéquation aux « normes » faisaient peur … alors à ceux là qui me liront peut être, bon vent! 

    Et puis le reste du temps, lorsque je ne vois pas ces personnes, c’est à dire les 3/4 du temps, je suis enfin heureuse car face à moi-même et au sein d’une vie que j’ai choisi et que je décide d’aimer.
    Avec mon mari nous sommes peut-être trop rustiques pour toi, trop pépères, pas assez « clubbeurs » et carrément trop isolés. Mais en faite on aime cette vie qu’on a construit ensemble, on aime notre amour pour la vie et le goût qu’elle a, le goût qu’on lui donne.

    Savoir être seul c’est être entouré des bonnes personnes au bons moments. Et ces moments là suffisent en général, nous rassasient et nous permettent en contre partie d’être heureux et d’aimer la tranquillité lorsque l’on est seul. 

    N-B : je ne juge en aucun cas ceux qui aime voir du monde et s’entourer d’amis, de proches la plupart du temps. j’expose juste ici mon point de vue et ce que j’ai pu expérimenter ces derniers mois. Chacun adapte son rythme de vie à ce qu’il/elle a vécu, ce dont il a besoin pour avancer. 

    Aujourd’hui pour finir mon article, où une fois de plus je ne serai parvenue à être concise, je voulais vraiment vous faire prendre conscience de la valeur d’être seule. Que vous ne soyez plus d’une part dépendants de la compagnie des autres, et d’autre part mal à l’aise devant ce qui peut être un moment de ressource et d’apprentissage.
    Aussi, faites vous confiance et n’ayez plus peur de votre propre compagnie, elle est la seule chose que vous possédiez vraiment, une sacré richesse même (et celle là elle est pas taxée !).

    Sur ce, je vais aller profiter de la petite heure en solo qu’il me reste avant l’apéro de ce soir !
    Elle me tend les bras ! 😉

    Je vous embrasse
    Romane

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    17 Commentaires

    1. Clarisse
      16 juin 2018 / 18 h 59 min

      Mon dieu comme le sujet que tu abordes me parle!
      J’ai toujours voulu avoir un groupe d’amis qui me suivrait tout au long de ma vie d’ado, d’etudiante et maintenant de jeune adulte. Or ça n’a jamais été le cas. J’ai toujours été très sociable et pourtant… J’ai bien sûr quelques amis que je vois de temps en temps, mais pas de groupe d’amis avec qui faire la bringue à 15 dans une maison.
      Longtemps ce sujet me fendait le cœur, je pensais (comme tu l’as dit si justement) ne pas être normale. Et en fait avec le temps j’arrive à l’accepter et à me connaître. (Ça reste pas tous les jours évident cependant…).
      C’est marrant ce que tu dis sur ton mari. J’ai exactement, mais alors exactement, la même chose avec mon copain. 😉
      En tout cas j’ai beaucoup aimé ton article. Tu abordes ce sujet sans pudeur et avec émotion. Et je pense que beaucoup de personnes ont ce mal être. Alors merci de nous avoir ouvert ton cœur là dessus.
      Des bisous
      Clarisse

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 41 min

        Haha nous sommes les mêmes alors 😉 en décalage complet avec le grand monde.
        J’aborde facilement ce sujet même s’il est encore douloureux et parfois dur à gérer dans ma vie. Mais je me dis que je ne suis pas quelqu’un de mauvais ou de malsain donc j’essaie de faire confiance à la vie et de me dire que ce passage est indispensable pour la suite !
        Je rencontrerai très certainement de belles personnes dans ma vie, cela ne fait aucun doutes ! tout comme toi !
        Je t’embrasse fort

    2. Marie
      16 juin 2018 / 21 h 07 min

      A nouveau un très bel article Romane. Le ton est juste. Toujours illustré. C’est sympa ces petites citations que tu mets ça et là. ..
      Ton article me touche beaucoup car je me reconnais à 100%.
      Je me suis souvent sentie en décalage pour les mêmes raisons que toi.
      Ton article déculpabilise et fait un bien fou.
      Une nouvelle fois merci ☺

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 39 min

        Merci Marie tu es un amour !
        Ce décalage qui fait si mal parfois …. Cela fait du bien de voir toutes ces personnes qui se sentent pareilles que moi, que nous. Mais je pense que les bonnes personnes à rencontrer dans nos vies viendront sur notre route au bon moment. Il suffit d’être confiants et patients 😉
        Je t’embrasse fort

    3. Audrey
      16 juin 2018 / 21 h 33 min

      Très joli article; je me reconnais dedans, me sentans « seule », dans le sens où je suis très seule (Je n’ai pas de problème avec ça, depuis le temps, j’ai appris à apprécier ces moments, à en profiter); seulement les amitiés (que je n’ai pas/plus) me manquent énormément, c’est vraiment douloureux.
      Quand j’en parle, souvent on me dit « apprend à vivre seule »… je crois que les gens ne comprennent pas…

      Belle continuation dans ta grossesse :-*

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 38 min

        Oui c’est dur de ne pas se sentir toujours entourée d’amis, de vraies amies. Courage ! De belles personnes viendront certainement sur ta route il n’y a pas de raisons si tu es quelqu’un de bien 😉

    4. Maryline
      17 juin 2018 / 9 h 17 min

      Merci pour ce bel article où je me reconnais 🙂
      Nous sommes des solitaires, mon ami un peu plus que moi, et depuis que nous avons quittés Paris pour la banlieue (où nous ne connaissons très peu de monde), que nous avons eu un enfant, nous ne sortons quasiment plus. Et recevons très rarement.. Alors oui, parfois je me sens isolée, pas « normale » quand j’entends discuter mes collègues de leurs sorties mais au fil du temps j’apprends à l’accepter , à nous accepter car je sens que c’est ce dont nous avez besoin …
      Bonne fin de grossesse (j’attends également un heureux événement, pour septembre 😉 je vous souhaite plein de bonheur !

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 36 min

        Oui je te comprends vraiment, le tout est d’être vraiment dans un équilibre qui nous fasse du bien. Ni trop ni pas assez, et c’est cela qui semble dur à jauger pour se sentir bien. Arriver à être heureux sans être étouffés par l’entourage et ne pas être malheureux car trop isolé. Un combat de tous les jours lorsque l’on est dans l’une ou l’autre situation c’est certain !
        Bravo pour ta grossesse !! Profite profite !
        Et encore mille merci pour tes gentils mots

    5. camille
      17 juin 2018 / 14 h 06 min

      Bonjour Romane,

      je te suis depuis quelques semaines sur instagram et sur ton blog également.
      Tes articles sont vraiment très bien écrits, ils font ressortir une belle maturité chez toi. J’aime beaucoup te lire et je me retrouve dans beaucoup de tes articles.
      A bientôt.

      Camille

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 35 min

        merci beaucoup Camille c’est adorable je suis très touchée, et merci d’avoir pris le temps de laisser un commentaire 🙂

    6. Aude Rms
      18 juin 2018 / 18 h 14 min

      Oh la la comme je me vois dans ton récit…. Au collège j’ai tjs voulu faire parti des filles  » branchées » mais je n’étais pas assez belle, pas assez mince, pas assez friquee, pas assez tout simplement pour être comme elles… Puis je me suis dit qu’en étant mince ça marcherait mieux alors je suis devenue anorexique boulimique mais ça n’a rien changé… Et enfin j’ai rencontré celui qui est mon mari et le père de nos 3 garçons mais à même pás 30 ans et expatriée en Espagne je me sens seule car mon mari travaille bcp et moi tjs la même sensation de ne pas réussir à lier des amitiés., l’impression de ne jms plaire aux gens ou de ne pas être intéressantes pour eux… Bref je pourrai parler des heures ! Merci pour votre article et bonne fin de grossesse.
      Aude

      • admin
        Auteur
        3 juillet 2018 / 9 h 33 min

        C’est fou comme il peut y avoir des personnes aux mêmes parcours … Comme quoi ce sont les mêmes choses qui peuvent faire sombrer ou rendrent la vie dure !
        Mais tu sembles être entoure d’une bien jolie famille, bravo !
        Bon courage pour la suite
        Belle journée 🙂

    7. MymyCoton
      4 septembre 2018 / 8 h 37 min

      Wouahou c’est impressionnant ! J’ai eu l’impre de lire mes ressenti. Comme si tu lisais en moi en mes émotions. C’est rassurant de se dire que l’on est pas seule , que d’autre parfois on le coeur si grand que ces états aussi insignifiants qu’ils puissent paraître pour certain nous touche au plus profond de notre âme. J’ ai souvent chercher à comprendre et me suis remise en cause. Enceinte aujourd’hui je me retrouve à la maison seule et il m’est arrivé de me questionner et de me sentir coupable et surtout d’avoir peur que mon tout petit ressente la même chose plus tard. Au final cela m’a permis de me reconnecter à moi même et de me connecter plus profondément à bébé. Merci pour ces jolis mots qui me confortent dans l’ide que rien n’est hasard et que si certain s’éloigne ce n’est pas contre nous mais c’est que nous n’avons plus de points complémentaires et qu’il n’y a aucune raison pour continuer notre chemin ensemble. Désormais c’est moi , mon homme (solitaire également) et mininous qui gigote dans mon bidou! Merci encore et merci pour ton blog et insta que je prends plaisir à visionner régulièrement ! Belle continuation. Bien à toi. My

    8. Agatha
      17 octobre 2018 / 23 h 13 min

      Coucou Romane,
      Un immense MERCI pour cet article. Je l’ai lu, relu et je le relis encore souvent. Tes mots me permettent de réaliser qu’il faut arrêter d’avoir peur de cette solitude et qu’elle peut-être un bienfait.
      Tu poses des mots vraiment justes sur toutes ces émotions, cela fait un bien fou!
      Je t’embrasse

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 34 min

        Maus oui on met bien souvent trop de pessimisme derrière ce mot de solitude, alors qu’elle peut-être très bienfaisante et réparatrice. C’est pas bien vu dans notre société, c’est signe d’isolement et un peu aussi de complexe social alors que pas du tout 😉 Il faut réussir à trouve le bon en chaque chose 😉

    9. Blondin
      18 novembre 2018 / 22 h 23 min

      Merci pour ce bel article,
      Je te suis depuis peu de temps via instagram, mais qu’est ce que tes articles sont vrais !
      Je m’y retrouve et ils me font du bien, ca me permet de mettre des mots sur des « mal-être », « incompréhensions » etc…
      Et puis des fois il faut simplement s’accepter tel que l’on est, mais encore faut il savoir qui on est!
      En tout cas merci vraiment, je me reconnais tellement dans tes articles, ils font un bien fou.
      Merci et bravo pour ta vision de la vie, j’aimerais que ce soit aussi « fluide » pour moi, mais j’y travaille, et je trouve petit a petit le bonheur dans peu de choses.
      Bonne continuation, tes petites publications sont tjr un bon petit moment dans la journée.
      Aude

    10. Laetitia
      5 mai 2020 / 11 h 37 min

      Bonjour Romane, ton article date un peu et depuis je ne sais pas si des choses ont changé pour toi vis à vis de la solitude !

      C’est un sujet que j’aime énormément ! Le magazine Zélie (je ne sais pas si tu connais) a consacré un article très intéressant dessus : https://www.magazine-zelie.com/single-post/2020/02/12/La-solitude-amie-ou-ennemie- .
      Pour ma part je me reconnais aussi dans le cheminement que tu as eu (je n’arrive pas encore à l’accepter totalement cette solitude qui fait parti de nous ! car oui elle sera toujours bien présente quoi qu’on y fasse et rien ne pourra jamais comblé ce vide en nous !).
      Le fait d’être en couple fait aussi remonter nos blessures dont celle-ci ! Et j’ai expérimenté la même chose : de vouloir à tout prix que mon fiancé ait plein d’amis (ce qui est ridicule puisque c’est un introverti et un solitaire!), tout cela par ma propre peur de la solitude !

      Un grand merci pour cet article qui sonne juste !
      Laetitia.

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