• Mon vécu Post-Partum : entre bonheur immense, amour et fatigue

    Un mois. Voilà déjà un mois que j’ai accouché de notre petite fille, un mois donc qu’elle est venue au Monde et que nous sommes devenus parents.

    Un mois de nous 3, de chamboulement, un mois de découverte, de peurs, d’incompréhension, de doutes mais aussi de grand bonheur, de joies et de pleurs.

    Alors je voulais revenir autour d’un article sur ces dernières semaines et sur mon Post-Partum. Pour vous raconter simplement comment cela s’est passé, comment j’ai vécu tous ces moments si importants et si forts, mais aussi pour vous donner mes petits conseils en tant que toute jeune maman, ce que j’aurais fais ou non, ce que je regrette aussi peut-être.

    Mon séjour à la maternité 

    Ayant accouchée le mercredi 8 Août en fin d’après-midi, je suis restée jusqu’au week-end suivant à la maternité. Mon séjour s’est extrêmement bien passé, malgré les aprioris que l’on avait pu me dresser sur ce service et cet hôpital de campagne.
    Le personnel soignant a été incroyable, d’un professionnalisme inégalable et aux petits soins tout le long de mon séjour.Grâce à eux, j’ai vraiment pu être à l’aise dans mes premiers pas en tant que maman. C’était très réconfortant et rassurant de me sentir si bien entourée.

    Pendant 3 jours, on a profité du calme et des avantages de la maternité. Le papa venait après le travail en début d’après-midi, et nous le matin on faisait notre petite vie à deux, accompagnées du personnel soignant. Tôt le matin la première tétée, puis le passage des auxiliaires pour prendre des nouvelles, petit-déjeuenr pour Maman, douche quand mademoiselle dormait, soins, câlins, tétées à nouveau, … bref que du bonheur et beaucoup de calme et de repos. J’ai adoré ces 3 mâtiné pleine de nouveauté, de douceur et d’amour. 

    Les visites
    J’ai eu en tout 4 visites, et pour 3 jours de maternité, j’avoue avec un petit peu de regret que c’était trop. A refaire et pour vous futures maman, limitez au maximum.
    Certes on a envie de présenter notre bébé, de faire connaitre notre bonheur, mais les visites c’est épuisant, c’est étouffant et surtout c’est du temps en moins en ce début de vie pour faire connaissance et s’apprivoiser. Moi je l’ai ressenti ainsi et beaucoup de maman se laissent submerger par les visites …
    Dès le jeudi matin, soit quelques heures après avoir accouché, je voulais que l’on se retrouve à 3, Papa, Maman et Chloé et c’est tout. J’ai eu beaucoup de mal à accepter de partager mes après-midi avec des proches et donc de perdre des précieuses heures de convalescence et entre nous.
    Clairement ? J’étais « Maman Lionne » et ce pendant encore une dizaine de jours ce fut très dur de partager mon bébé. 
    Alors plutôt que d’avoir trop de regrets pour un deuxième, je n’autoriserai que les grand-parents à venir voir notre bébé. Et cette façon de faire n’est pas égoïste, non! C’est tout simplement profiter de ces moments précieux à 2, 3 ou 4 avant de mieux les partager avec nos proches.
    Nous, parents, avons attendus 9 longs mois, on a peiné les derniers jours, moi j’ai souffert pour faire naitre mon bébé, alors on a ce droit de dire « non ». On souhaite se retrouver à 3 et c’est tout.
    J’aurais voulu avoir la force et l’audace de le faire sur le moment.

    Ces trois jours de récupération et de convalescence ont également été rythmés par un bonheur que je ne connaissais jusqu’ici pas du tout, vraiment immense et intense. Par de la fatigue aussi un petit peu et surtout une émotion qui m’a envahie et dont je voulais vous parler.

    Fatigue et « Baby Blues »
    Pendant toute ma grossesse j’ai regardé des vidéo, lu des article et autres, où les gens parlaient de « baby blues ». J’en avais pas du tout peur, je ne me sentais pas sujette à cela. Puis j’ai accouché, le bonheur nous a submergé mais tout en douceur et je n’ai pas pleuré. J’étais juste apaisé et immensément heureuse d’être maman et de voir ma nouvelle petite famille enfin réunie.
    C’est le vendredi, alors que la fatigue se faisait de plus en plus ressentir que j’ai senti, vers 5 heures du matin, une boule d’émotion se former dans mon ventre et dans ma gorge. Je ne cessais de regarder depuis sa naissance ce petit être si beau et si paisible, couché à côté de moi dans son lit et je me suis retrouvée vraiment envahie, il n’y a pas d’autre mots, d’une émotion extrêmement forte.
    Alors j’ai décidé de ne pas me retenir, j’ai pleuré. Pleuré. Pleuré. Mais pas de tristesse ni de nostalgie comme le « baby blues » le décrivait, mais plutôt d’amour, de fierté, de trop plein de bonheur.
    Merde quoi, c’est pas humain d’aimer autant !! Je ne m’y attendais pas ….
    Jamais je n’aurais pensé qu’il était possible de pleurer autant d’amour. Les auxiliaires de puériculture et les sage-femmes ont été d’une grande bienveillance envers moi et ont simplement accueilli mes pleurs comme pour me dire que c’était normal, qu’il fallait que ça sorte.

    Et puis j’ai écris à ma Maman. Parce qu’à ce moment là et pour la première fois je me suis sentie légitime par rapport à son vécu de Maman, et je lui ai dis combien je comprenais cet amour qu’elle éprouvait pour nous 6. Je lui ai aussi dis que je ne pensais pas qu’il était possible d’aimer autant et d’être totalement déstabilisée, chamboulée par ce sentiment si fort. J’avais besoin de son regard de Maman expérimenté pour me réconforte et juste me comprendre aussi.

    Je vous écris cela comme mon coeur me le dicte, parce qu’aujourd’hui encore cette émotion si puissante m’habite et jamais je veux qu’elle ne me quitte. Aimer de cette façon là, d’une force animale et si instinctive c’est la plus belle chose qu’il m’est été donnée de vivre.

    Alors je ne parlerai pas de « Baby blues » finalement.  Vous l’aurez compris il n’y avait rien de triste ou de négatif dans mes pleurs et mes émotions. Et je pense d’ailleurs qu’on assimile trop rapidement un état émotionnel négatif au « Baby blues » alors qu’il est en faite question d’amour, de fatigue aussi certainement et d’un chamboulement dans sa vie. Pas de dépression ou de nostalgie, pas toujours. Ce peut-être juste le choc de la rencontre, le déroulement trop rapide et trop intense d’amour. C’est plutôt un « Baby Bang»  !
    Et c’est beau ! Il faut juste l’accueillir et le vivre ce trop plein. Pas le dénigrer ou le fuir..!

    Ma sage-femme, qui m’a suivi en libéral pendant ma grossesse est passée ce vendredi, me voir entre deux échographies. Pour prendre des nouvelles de mon accouchement et rencontrer Chloé. A ce moment là mon mari n’était pas encore arrivé, j’étais seule avec ma fille et face à mon «Baby Bang », les larmes coulaient sur mes joues sans que je ne puisse les stopper.
    Et je n’oublierai jamais non plus sa gentillesse et son ton si rassurant. Je n’ai pas voulu lui cacher ce qui se passait en moi, c’était tellement fort que je devais l’extérioriser, en parler à quelqu’un, me confier. Elle m’a également redit combien il fallait que je me repose et que j’ose dire « non » aux proches si les visites étaient pesantes. Elle me l’a dit et redit comme si trop de Mamans en avaient déjà souffert.
    J’ai vraiment adoré pouvoir parler avec elle, avec quelqu’un d’extérieur, et lui confier ce que je ressentais. J’avais besoin d’une oreille professionnelle et rassurante. Je lui répétait « Mais c’est fou d’aimer autant, c’est trop, c’est énorme et je n’ai pas assez de place dans mon coeur, il explose en faite ! »

    Alors à toutes les mamans qui ressentent peut-être elles aussi ce flot, cet ouragan, ce tsunami d’émotions, difficilement contrôlable, après la naissance, faites vous confiance et pleurez. Parce que ces larmes sont plus que nécessaires pour arriver à comprendre ce qui nous arrive. Moi mes pleurs m’ont vraiment permis de lâcher et de dire à Chloé combien je l’aime. Pleurer m’a fait du bien. 

    Un séjour trop court
    Et puis on a quitté la maternité un jour plus tôt que prévu, car mon frère et ma belle soeur arrivait le soir même à la maison et que Chloé avait repris du poids, que tout allait bien.
    Là aussi j’ai pleuré, tant j’étais nostalgique et le coeur gros de quitter ce service qui avait fait de cette page de ma vie quelque chose de magique et d’inoubliable.
    Si j’avais pu d’ailleurs, avec du recul, j’aurais retardé mon départ.

    Et là aussi je voudrais appuyer sur ce point : c’est votre moment à vous ce séjour à la mater, et bien que certaines ont hâte de rentrer chez elles, d’autres comme moi apprécient peut-être le confort et la calme de l’hospitalisation. Et dans ce cas là, je crois qu’il est primordial de s’écouter et de penser à soi. Prolonger si besoin de 1 ou 2 jours, pour revenir plus reposée, plus sereinement à la maison et profiter de ces quelques jours qui ne reviendront plus. Une fois la mater finie, on est lancée dans le grand bain pour toujours alors autant profiter pleinement !

    Suites d’accouchement pour moi 
    De mon côté je n’ai pas du tout été peinée par les suites de mon accouchement, j’ai eu la chance de ne pas avoir été trop « amochée » par la naissance de Chloé, il m’a donc juste fallut me reposer pour la fatigue et reprendre des forces (dur dur avec les bon petits plats de l’hôpital !). Je me suis sentie vidée après l’accouchement, j’avais l’impression d’avoir jeuné durant une semaine !
    J’ai aussi pris le temps durant les 3 jours, chaque matin, de me faire belle, de prendre soin de ce nouveau corps, de m’habiller joliment, de me sentir bien en faite. Et c’est aussi en cela que j’ai bien vécu ces premiers jours :  j’ai pris soin de moi. Chloé dormait bien le matin et je pouvais donc facilement m’occuper de moi, le pied !
    Une sage-femme passait tous les matins m’occulter et vérifier que tout se remette bien. Au niveau du ventre et donc de l’utérus, de l’épisiotomie (pour moi ce n’en était même pas une véritablement) et pour contrôler que les saignements soient normaux. C’était à chaque fois l’opportunité de parler, de poser toutes les questions essentielles.
    En tous cas, je me suis très rapidement remise sur pieds. Dès mon retour en chambre j’ai pu me lever, et aller aux toilettes toute seule dans la nuit. Mise à part des petits picotements en faisant pipi et au moment de s’assoir sur le lit, je n’ai pas du tout ressenti de douleurs après l’accouchement.

    La seule petite difficulté pour moi fut la première douche. Pas facile d’aller constater ce qu’il s’était passer là, en bas. Tout est un peu endolori, encore « sous le choc » du passage et aller laver cette partie peut donc faire tourner la tête. Moi j’y ai eu le droit. Forcément, on ne sait pas à quoi s’attendre, on ne sait pas si au toucher tout sera identique ou totalement déformé et abimé, …. Il peut y avoir des point, des hématomes, des zones boursoufflées. Bref, rien de glamour !
    C’est le moment de mon séjour à la mater qui fut le plus cocasse d’ailleurs.

    En dehors de cela et des nombreuses couches qu’il a fallut changer pour moi en plus de pour Chloé, je dirais que tout s’est bien déroulé pour ma convalescence.

    Le retour à la maison

    Et ce samedi 11 Août, nous sommes rentrés à la maison tous les 3. Non sans émotions donc, j’ai dis au revoir à l’équipe. De grosses larmes coulaient sur mes joues et on les a remerciés en leur offrant des petites douceurs aussi.
    C’était tellement magiques ces 3 jours ! J’avais du mal a refermer le premier chapitre de cette aventure qui commençait.

     

    Etrangement, je n’avais pas peur de me retrouver « seule » avec mon bébé, à la maison, j’avais juste l’impression de débarquer dans une nouvelle vie, comme si cela faisait 1000 ans que je n’était pas retournée chez moi. J’étais hors du temps. Et épuisée surtout … mais cela je en voulais pas me l’avouer et j’ai eu tord de passer au dessus de ma fatigue.

    Ce trop plein de monde qui m’a mise K.O.
    De ce samedi où l’on est rentré jusqu’au 23 Août, on a enchainé les passages de proches à la maison. Théo avait pris sa semaine pour rester avec nous et profiter de sa fille, mais lui n’avait qu’un désir : présenter sa fille à tous. On était en total décalage car moi j’étais en mode « HS ». Alors du coup, on a aussi enchaîné les apéros, les visites à droite à gauche, les repas avec les proches. On a pas arrêté alors que je ne m’étais pas encore remise de ces derniers jours.
    Cela nous a valut quelques prises de bec, moi je n’en pouvais plus et je voulais profiter à 3.  

    N-B : A tous ceux qui sont venus à la maison et qui liront cet article, sachez que je ne regrette pas du tout votre présence à nos côtés ces jours là, cela fut un bonheur de vous avoir. Mais je l’avoue au fur et à mesure des visites je me fatiguais et j’aurais dû retarder ou limiter tous ces passages  car au fond de moi j’étais à bout, épuisée et pas du tout prête a recevoir du monde chez nous et partager ma puce. 

    D’ailleurs, de mon Post-Partum, cet épuisement mêlé à trop de visites ont été les choses les plus dures à gérer. J’ai sous-estimé ma fatigue et mon besoin de me retrouver seule avec ma fille et mon mari. Cela m’a valut un trop plein de tout. J’avais envie de dire STOP et de m’isoler.
    Pourtant j’avais été prévenue par certaine d’entre vous, mais j’ai pas su dire « non ».

    Conseils pour les visites 
    Cette période post-partum n’est pas une période où vous devez faire le tour de tous vos proches pour présenter votre bébé. Ce n’est pas un palmarès de visites et de festivités à tout va, même si le coeur y est. Vous aurez tout le temps plus tard de fêter cette naissance. Au début vous devez vous rétablir, reprendre des forces et vous mettre dans une bulle avec votre bébé et votre conjoint. C’est essentiel pour atterrir. 
    Limitez donc tout simplement le nombre et le temps de passage de vos proches.

    Vous venez de vivre un accouchement, vous venez de faire la plus belle et la plus chamboulante des rencontre, alors prenez du temps pour vous et votre famille, pour vous approprier ce bébé, pour faire connaissance. On ne naît pas parents on le devient. Et le devenir nécessite un temps d’adaptation et vraiment je le redis : soyez égoïste! Je ne l’ai pas été assez, j’avais peur de blesser, alors qu’au fond de moi je mourrais d’envie de me retrouver seule, en famille.
    C’était trop rapide, je n’avais pas eu le temps de me remettre de mes émotions et je n’étais absolument pas disponible mentalement et émotionnellement à mes invités. 
    Alors vraiment faites attention à cela, et si vos proches vous aiment ils comprendront ;-).

    L’émerveillement et le Bonheur 
    Et puis dans ces premiers jours, au delà de cet amour infini que j’avais du mal à contrôler,au delà du « Baby Bang », il y a eu l’émerveillement. Voir cette petite personne, si jolie (je ne suis pas du tout objective bien sûr !), si fragile et si calme qui était là avec nous à présent. J’étais très fière d’elle, fière de notre famille et de notre amour qui s’était (encore) concrétisé avec la naissance de Chloé. J’ai passé des heures à la contempler, à profiter d’elle et à la couvrir de câlins et de baisers. J’ai versé des larmes encore et encore lorsqu’elle dormait et que mes yeux n’en pouvaient plus de la voir si belle. Et ça c’était le pur bonheur.
    Ne pas avoir de chose plus importante à faire que de la contempler et profiter d’elle. D’ailleurs mon mari a vraiment dû faire du forcing lorque nous sommes arrivés à la maison pour que je la dépose dans son berceau. Je n’arrivais pas à sortir de la pièce, me séparer d’elle et la laisser toute seule. J’avais envie de rester là et de la regarder. Et de pleureur encore et encore.
    Chute des hormones bonjour !!

    Pour l’anecdote, la première chose qu’on ai fait en arrivant chez nous, c’est de la coucher dans son berceau et de notre côté déballer les valises et tous les cadeaux qu’elle avait déjà reçus. On s’était donc installés dans sa chambre et elle dormait dans la notre. En l’espace de 20 Minutes  j’ai dû aller vérifier que tout allait bien une bonne quinzaine de fois … En même temps on vient de passer 9 mois en fusion totale, puis quelques jours si proches à la maternité, c’était la vraie première séparation à ce moment là! Et bien sur je pleurais encore ! On en rigolait avec Théo tant c’était fou et si fort. 

    Le temps qui passe fait partie des choses les plus compliqué à accepter au début. On voudrait que les jours ne comptent plus, que les aiguilles du temps s’arrêtent pour pouvoir profiter encore plus, encore plus longtemps de ce bonheur tout nouveau et si fort. J’ai toujours rêvé de ce jour où je tiendrai mon bébé dans mes bras, mon nourrisson, mon tout-petit. Là j’y étais, ce moment était arrivé pour de bon, c’était irréel mais je ne voulais plus que le temps file et nous vole ces instants si précieux.
    Et de la voir si crevette et si fragile dans mes bras me comblait de bonheur. J’adore par dessus tout sentir son petit coeur battre, devoir la protéger à chaque instant et la tenir tout contre moi. C’est extrêmement fort ce besoin d’être auprès d’elle constamment, un besoin vital, un instinct animal ! J’ai vraiment eu du mal les première fois à la poser et vaquer à me occupations !
    Du coup après le déballage de valises, la deuxième chose que j’ai fait pour ne pas penser à la séparation avec ma fille qui dormait, fut de faire mon gâteau au chocolat meringué. Voilà …

    Pleurs, douleurs et patience !
    Pour parler plus technique et sortir un peu de l’émotionnel, la première semaine fut assez facile. Tant au niveau des nuits, que du rythme en journée et des tétées (je parlerai plus en profondeur de l’allaitement dans un prochain article !).
    On était assez peinards avec un bébé relativement cool et dormeur.
    La seule difficulté que nous avons rencontrée, et qui était une de mes sources d’angoisse pendant ma grossesse, étaient ses pleurs. Un bébé qui pleure c’est mille questions pour de jeunes parents et j’avoue avoir été très déroutée et perdue aux premiers cris. Ce n’est qu’un mois après, tout juste, que je commence à comprendre, déchiffrer et ne plus avoir la boule au ventre dès qu’elle se met à pleurer.
    Je pensais très sincèrement qu’on pouvait très rapidement calmer un bébé, le faire dormir et le soulager, et j’avais au fond de moi aussi cette peur de ne pas savoir gérer et comprendre ce qu’elle voulait nous dire.

    On a eu les précieux conseils de ma belle-soeur et ma maman pour nous aider à ne pas stresser, à accepter qu’elle pleure et ne pas paniquer. C’est finalement le plus important : rester cool ! Et le plus dur aussi …..

    En somme cette première semaines de vie et de retour à la maison fut techniquement assez sereine.

    Puis la deuxième semaine est arrivée, avec son flots de nouveautés et son cumul de fatigue.
    Là ça s’est corsé, et c’est à ce moment que j’aurais eu besoin de mon quota de sommeil, d’être reposée et remise de mon accouchement. Car Chloé a commencé à avoir ces célèbres maux de bidou, ces coliques du nourrisson soit disant.
    Au moment où le Papa a repris le travail aussi.  
    Et cela duré une première fois 3/4 jours. On était totalement démunis et impuissants face à ses douleurs, c’était affreux … mon coeur de maman en a pris un coup !
    Elle se tortillait tant elle avait mal, avait de la peine à dormir sans se réveiller au bout de 10 minutes par la douleur, et nous on était épuisés et totalement perdus. On était loin du bébé dormeur du début.
    J’ai passé la semaine à tenter de la soulager avec des massages puis des probiotiques. A la bercer, la câliner, la mettre sur le ventre pour la soulager, tenter de changer de position pour savoir ce qui lui faisait du bien, … Et le soir, souvent épuisée de la journée, je craquais de ne plus savoir quoi faire pour qu’elle aille mieux. C’était très dur moralement et physiquement.

    J’en ai beaucoup voulu, à qui je ne sais pas, mais surtout que l’on ne nous ai rien dit sur ces difficultés des débuts. Jamais je n’avais entendu dire : « Un bébé c’est aussi beaucoup d’incompréhensions, des pleurs incessants parfois et des douleurs difficiles à soulager ».
    Parce que oui, on nage dans le bonheur mais c’est aussi un énoooorme travail de lâchez prise, d’apaisement et de patience à faire. J’ai dû apprendre à ne pas m’en vouloir, à me détendre devant ses pleures à répétition, à ne pas perdre pieds et ne pas m’emporter non plus. Ce fut très très dur.
    Les premiers jours de coliques j’ai totalement perdu les pédales pour ne rien cacher … La nuit je pleurais de fatigue et d’épuisement, la journée j’étais un zombie et je n’en pouvais plus de ne pas pouvoir la calmer lors des crises. C’était un mélange d’agacement, de fatigue et de tristesse.
    Mais c’est une très belle école de vie pour apprendre la patience, le non-contrôle et l’acceptation !
    Puis cela à repris la semaine suivante, durant 2/3 jours et là on a réussi à prendre un peu plus sur nous et à « bien faire ». Ne pas s’énerver et s’emporter, ne pas paniquer aussi. Lui parler doucement, la bercer, garder notre calme et notre douceur, être patients. Très patients !

    Etre parents signifie avoir un petit être sous notre protection et être les seuls à savoir ce qui est bon pour elle. C’est aussi devoir rester calme, raisonnable et doux face à tous ce qui peut lui arriver. On ne peut pas dire « Aller salut, j’en ai marre je me casse !». Il s’agit donc donc de faire preuve d’une grande persévérance et avoir beaucoup de confiance en soi et en son bébé.
    On apprend beaucoup avec mon mari ces derniers temps c’est finalement merveilleux.

    Le couple
    Et bizarrement d’ailleurs notre couple n’a jamais été aussi fort. Même si nous avons commencé cette nouvelle étape de vie, ce retour à la maison, par quelques prises de bec, nous nous sommes ensuite soudés plus que jamais pour tenter de tenir le coups des nuits difficiles et surtout pour la soulager. Nous mettons toutes les chances de notre côtés pour que les moments partagés à 3 soient les plus paisibles et agréables possible. On se parle, on s’aide, on se relaie. Et c’est ça le secret : l’entraide et l’amour.
    Non, on ne passe plus autant de moments tous les 2, il y a souvent une crevette dans les bras de l’un ou de l’autre, on a du mal à diner d’une traite sans qu’intervienne un tétée ou une balade pour la bercer. On a pas diné ensemble au restaurant depuis près de deux mois, les câlins on oublie pour le moment et puis dur de se faire un film le soir tant on est fatigué. Mais ce bonheur que nous apporte Chloé comble tous ces petits manques. Vraiment ! Et il nous fait devenir encore plus forts et plus complices.
    Aussi lorsque mini-vous dort, profitez-en un maximum pour vous retrouver, vous parler et être à 2. Pas chacun de vote côté sinon vous allez creuser la distance au fil des jours.
    Sans cela la fatigue et l’agacement prendraient le dessus et votre couple en paierait  les conséquences … restez solidaires ! 

    Post-Partum : un changement de vie radical 

    Hé oui on le sait tous : un bout d’chou ça change une vie!
    Nos rythmes sont totalement bouleversés, notre façon de voir la vie également. On fait tout, ou presque, en fonction de bébé, on modifie aussi notre quota de sommeil et de loisirs. Alors moi qui partait très sereine et confiante en me disant qu’on ne changerait rien à notre quotidien, j’ai vite déchanté en constatant la complexité d’un bébé et le temps que cela prenait. J’idéalisais quelques peu.

    Car contrairement à beaucoup de discours bien vieux jeu et sans une once de psychologie : un bébé ne se contrôle pas ! Non on ne décide pas de quand il aura sommeil, ni de quand il aura faim, de s’il sera sage ou agité à tel ou tel moment. De même qu’on ne choisit pas son enfant, il pourra être très facile ou plus en demande, très câlin ou très indépendant, tétouilleur ou dormeur, …. il faut donc S’ADAPTER ! On arrête de vouloir faire de son enfant un robot, par pitié !
    Et moi qui suis/étais beaucoup dans le contrôle, j’ai dû une fois de plus mettre mes croyances de côté pour apprendre à vivre avec ma fille, pour la comprendre, la soulager et subvenir à ses besoins. J’aime que tout soit carré, que tout soit organisé comme je l’entends et qu’il n’y ai pas de débordements. Autant vous dire que j’ai eu du boulot à faire !
    Car nous avons conçue un bébé très en demande de câlins, tétouilleuse à fond, qui ne dort pas des heures durant et qui aime être baladée, distraite!

    Cette période de post-partum fut donc une période où j’ai appris à dépendre de quelqu’un d’autre et à mettre de côté mon organisation militaire. Ne plus faire tout ce que l’on faisait auparavant en ajoutant à cela la fatigue qui vous oblige à vous reposer dans la journée, sans quoi vous craquerez d’épuisement, et un petit être qui sollicitera bien plus que vous ne le pensez, vos bras et votre attention. Dit comme cela, on voudrait fuir la maternité, mais en faite on en redemande même si c’est dur au début !

    Actuellement il est 9h30 du matin, elle m’a fait une nuit un peu sportive et j’ai eu du mal à la rendormir après la tétée (près de 2heures), mais je meurs d’envie à ce moment précis qu’elle se réveille pour pouvoir la voir et l’embrasser partout partout. 

    Aussi, profitez de ces premières semaines pour vous poser et pour vous habituer à cette nouvelle routine à 2. Votre ménage, le linge, les bons petits plats, tout cela n’est pas la priorité. Faites vous aider par une amie ou votre maman, faites des drive (véridique je m’y suis mise pour la première fois), apprenez à vous reposer en même temps que Babychou et aussi reprenez des forces. Le régime et les bonnes habitudes viendront plus tard, là vous devez tenir le coup des premières semaines et être d’aplomb pour votre bébé. C’est primordial !
    Quitte a faire quelque chose, faite une activité qui vous fait du bien et non les tâches ménagères qui bien souvent gavent plus qu’autre chose. Lisez, regardez une série, cuisinez, dessinez, …. Prenez soin de votre moral !

    Si je pouvais vous conseiller quelque chose que j’ai tenu à faire dès le début, c’est de continuer à prendre soin de moi, physiquement. Même 10-15 minutes, mais c’est vraiment esssentiel si vous ne voulez pas finir en « maman mi-épave mi-zombie »! Prendre soin de soi c’est continuer à se considérer comme une vraie femme et non uniquement une maman. Vous êtes vous, femme et maman. Pas seulement Maman !
    Alors on prend le temps d’une bonne douche, d’un petit soin pour les cheveux, de faire un gommage, de se maquiller même légèrement, de se faire jolie et d’enfiler des habits convenables. Même si on reste dans le canapé ou à la maison toute la journée, c’est l’image que vous vous renvoyez qui est importante. Ne pas se considérer comme un corps ambulant et abimé qui doit allaiter, donner le biberon et changer des couches.
    Non non et non !
    Ces petits plus feront de votre vécu Post-partum quelque chose de bien pus agréable et plus facile. Et puis pour votre homme c’est plus chouette de retrouver le soir une jeune maman, sa femme, toute jolie et coquette ! En plus il vous filera davantage un coup de main j’en suis sûre 😉 

    Je pense avoir fait le tour de tout ce qui a pu composer mon vécu Post-partum, excepté tout ce qui concerne mon corps et dont je vous écrirai un article unique et détaillé comme beaucoup l’on souhaité.
    Les émotions et les vécus sont très différents d’une femme à une autre, mais ce que je voulais vraiment faire passer dans cet article, c’est qu’il y a ce que l’on sait des premiers jours de vie d’une famille, et ce que l’on ne dit pas, ce que l’on préfère cacher de peur d’effrayer les futures Maman.
    Moi je souhaitais tout dire, le bon comme le moins bon et vous livrer tout ce que j’ai pu ressentir et vivre.

    La maternité est quelque chose d’incroyable et d’incroyablement dur aussi. Parce qu’on devient maman, on devient responsable, on devient le pilier d’une petite vie et ce H24. C’est épuisant mais c’est aussi un bonheur sans fin.
    En devenant Maman, j’ai complété celle que j’étais, je suis devenue un peu plus Moi ! 

    Je vous embrasse

    Romane ♡

     

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    9 Commentaires

    1. Fanny
      7 septembre 2018 / 19 h 32 min

      Maman de 2 garçons de 5 ans et 3,5 mois je me reconnais beaucoup dans votre article sauf peut être pour la partie « prendre soi de moi » car j’aime à dire que je suis madame à peu prêt depuis la naissance du 2e, à peu prêt propre, à peu prêt habiller 😛. J’ai eu la chance d’avoir 2 visites pour mon premier fils et aucune pour le 2e. Rien que pour la mise en place correcte de l’allaitement je pense que cela est nécessaire. La naissance d’un enfant c’est un vrai tsunami et l’autre tsunami que je n’avais pas prévu c’est la première rencontre de mes 2 fils, un moment magique que je vous souhaite de vivre un jour.

    2. Anne-Sophie
      7 septembre 2018 / 20 h 21 min

      Coucou Romane,
      Merci pour cet article, intime débordante d’emotions Il évoque le post partum (que je n’ai pas encore vécu) de manière vrai. Tu ne te caches pas pour’ dore que tout est merveilleux mais que, comme dans toute chose il y a du positif et du négatif c’est ce qui est génial.
      Enfin une maman pour nous dire que les choses sont ainsi qu’il faut apprendre à dire non. Ton articles peu aider un bon nombre de maman en devenir alors merci.
      Des bisous à toi et ta famille.

    3. Camille
      7 septembre 2018 / 22 h 24 min

      Actuellement enceinte, j’apprécie beaucoup tes articles. Merci pour ta sincérité si touchante.
      Je te souhaite beaucoup de bonheur, à toi et ta jolie famille.

    4. Michèle
      7 septembre 2018 / 22 h 28 min

      Ton article est tellement vrai. Je m’y retrouve totalement quand j’ai accouché de mon fils il y a bientôt 7 ans. Je suis comme toi je pense qu’on ne dis pas assez aux futurs parents que malgré l’immense bonheur qu’apporte un enfant les premières semaines ne sont pas toujours roses. Merci pour ce belle article.
      Chloé est magnifique 😍
      Bises

    5. 7 septembre 2018 / 22 h 47 min

      Très bel article, plein de sensibilité!
      Je n’ai pas vécu les mêmes semaines post partum que toi ( par chance un bébé sans coliques, reflux ou autre joyeuseté! Ce qui facilite la vie bien sûr!), en revanche ce sentiment d’intensité d’amour envers son bébé oui. C’est fou comme c’est fort et franchement inexplicable.
      La maternité est aussi un moment important pour son propre lien avec sa maman, c’est une certitude.
      Bise

    6. Marie
      7 septembre 2018 / 22 h 53 min

      Coucou Romane

      Comme toujours un très bel article. Très bien écrit ou tu te livres à coeur ouvert. C’est très généreux de nous parler de ton expérience. On apprend énormément.
      Ta puce est adorable et elle a beaucoup de chance d’avoir une maman comme toi. Beaucoup de bonheur à vous 3. A très vite.

    7. Julie
      7 septembre 2018 / 23 h 58 min

      Bravo Romane pour cet article .
      Je lis tes articles depuis le début de ta grossesse , et celui-ci est un régal. J’espere moi aussi devenir maman dans les mois à venir .
      Je suis en vacances sur le bord de plage , et tu m’as donné les frissons alors merci ! Merci de te livrer à nous , femmes .
      Et je pense sincèrement que tu es une belle femme , mais aussi une belle maman .

    8. Lulu
      8 septembre 2018 / 9 h 05 min

      Hello!!
      Alors moi je suis’maman d’un enfant de 3ans, et je me reconnais pas du tout dans ton article!!😬 j’ai eu des débuts bien plus sportifs! Le cotre s’habiller correctement à la Maternite , prendre du temps pour soi etc, c’est de la SF pour moi!! Mais tant mieux pour toi, c’est chouette que tu trouves ces moments! Comme quoi chaque maternité est différente et il est donc impossible de projeter la sienne avant de la’ vivre! Et puis de mon côté mon fils a commencé à faire des nuits complètes à ses 2ans donc je vais te dire qu’on concentrait vraiment notre vie sur l’essentiel car réduire comme on a du le faire notre sommeil a des cycles’ de 3h pendant 2 ans c’est ps mal éprouvant ! Mais voilà , l’amour nous fait nous surpasser! On ne se doute pas de toute cette force que l’on a en nous et qu’on est capable de déployer pour notre ptit chou!
      Bon cocooning avec ta puce!

    9. Helene
      10 septembre 2018 / 3 h 15 min

      Très bel article !
      Bravo Romane ! Si seulement j’avais lu ça avant la première !!! J’accouche dans 2 mois du 2 eme et en effet ; plus de repos et pas de visite à la maternité !!!

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