• L’allaitement : une expérience unique, une dévotion totale

    8 Août -8 octobre

    Notre Chloé fête ses deux mois. Déjà, oui, mais finalement 2 mois si intenses et tellement hors du temps qu’on ne saurait dire si c’est passé (trop) vite ou si nous avons vécu cela à fond. De mon côté je fête les 2 mois de ma fille et de parentalité avec le sentiment de tout donner jour après jour, d’avoir profité de chaque nouvelle journée passée avec elle, d’être à 200% dans mon nouveau rôle.
    Je pense aussi que ce sentiment si bon et si positif est né en moi en partie grâce à cet allaitement aujourd’hui si parfait, cette expérience que je tente de vivre pleinement et de la meilleure des façons depuis la première heure.

    Une aventure aussi intense que merveilleuse à mes yeux qui m’a réellement plongée dans cette toute nouvelle vie de la plus belle des manières. Je ne pouvais espérer de meilleure débuts et c’est une chance, j’en suis consciente.

    Alors dans cet article je voulais revenir pour vous sur cette expérience unique et si particulière qu’est mon allaitement. Répondre à vos questions, vous raconter mon vécu et tout ce qui j’ai pu ressentir, comprendre ou apprendre et enfin vous donner mes conseils de jeune Maman 🙂

    Mon histoire de maman allaitante 

    La décision d’allaiter
    Alors tout d’abord pourquoi j’ai allaité ?

    En faite je ne me suis jamais posé la question. Dans ma tête c’était assez évident étant naturel que j’allaite mon bébé. Que j’essaie. Non que je trouve cela indigne ou moins bien de ne pas le faire, loin de là cette idée ! Mais plus parce que cela me venait tout naturellement à l’esprit lorsque j’y songeais, parce que je souhaitais vraiment faire cette expérience et pouvoir vivre cette folle aventure avec mon tout petit.
    J’avais évoqué en projet de naissance la volonté d’allaiter et de faire une tétée de bienvenue après l’accouchement.
    Malgré tous ces souhaits, je ne m’étais pas formatée, et si je n’avais malencontreusement pas pu nourrir mon bébé pour x raisons, j’étais prête à renoncer et à lui donner le biberon. Tout a fait prête même. En bref, je ne m’étais pas focalisée sur un objectif d’allaiter,pas fixé d’objectif de temps ou de qualité non plus.

    J’étais davantage axée sur un désir, et je pense aujourd’hui que cela m’a permis d’arriver très sereine face à ce fameux moment de la première tétée puis de continuer sans trop de stress ensuite.

    C’est donc une bonne demi heure après avoir accouché qu’une auxiliaire m’a posé Chloé en peau à peau pour la faire téter pour la toute première fois. Assez instinctivement je l’ai mise au sein. Elle a tout de suite teté sans aucun problème, tout s’est parfaitement déroulé. Un bonheur incroyable de la sentir si bien contre moi. J’étais la plus heureuse de la voir nichée, blottie contre moi après 9 mois de fusion totale.

    Et les jours suivants, à la maternité comme à la maison, ont été identiques : elle a toujours très bien pris le sein, nous n’avons pas du tout eu de soucis « techniques » ou même de gènes de ma part.
    J’ai eu la chance que tout roule vraiment instinctivement, naturellement et sans aucun stress. Un veritable aboutissement, un bonheur inégalable.

    As tu eu mal la première fois ? Il parait qu’il faut s’accrocher pour les premières tétées ?
    Alors pour toutes les mamans qui redoutent ce moment de la première fois, qui ont peur d’avoir mal, rassurez-vous nous ne ressentons pas toutes les choses de la même manière, les sensations peuvent être très différentes d’une femme à une autre, ce n’est pas douloureux pour toutes !

    Et moi, je n’ai ressenti aucune douleur, aucune sensation désagréable ni inconfort, rien du tout. Pas de picotement, pas de pincements, … rien ! Alors est-ce du au positionnement ou à ma fille, je ne saurais dire. Ce que je sais c’est qu’à la base je suis très douillette de la poitrine, mais que l’allaitement ne m’a absolument pas fait mal. La seule chose que je ressens au contraire, ce sont les petits « chatouillis » de sa langue ! Parfois même, je m’apprête à avoir des petits frissons lorsqu’elle s’arrête de têter quelques secondes puis reprend.
    C’est une sensation très agréable, un bien-être incroyable de sentir ma fille collée à moi, en fusion totale. 

    Puis rapidement les premières questions « techniques » me sont venues, dès le premier jour même. Je me suis demandée :
    « Combien de fois je dois lui donner ? Les deux seins ou un seul ? Est ce qu’elle a faim ou pas ? Est-ce que les tétées sont assez espacées ? » ….
    Et très naturellement encore, j’ai trouvé réponses à mes questions. Non pas auprès du personnel car ils avaient tous des avis bien différents/contradictoires et m’embrouillaient plus qu’autre chose, mais plutôt en me faisant confiance et en faisant confiance à ma fille. Je me suis tournée vers elle pour savoir comment faire, j’ai prêté attention aux signes qu’elle me donnait.

    Déceler quand le bébé a faim
    Alors qu’elle n’avait que quelques heures et qu’on ne se connaissait pas tant que ça, j’ai vite compris ce qu’elle ressentait et notamment les signe de la faim. Chloé se mettait à « manger », téter son poing et à « buller » tel un escargot ! Elle ne pleurait pas tant que cela pour témoigner sa faim, je devais plus observer ce genre de comportement. Elle sortait également sa langue, comme si elle tétait, c’est si bien fait. Tout est inné, tout est naturel.
    Vous verrez, si vous prenez le temps de regarder votre petit bout, tout est décodable finalement et il « suffit » de faire confiance. Ils n’ont que quelques heures, que quelques jours mais savent bien nous faire comprendre leurs besoins.

    Un rythme très anarchique.
     « Chloé tête combien de fois par jour ? Les tétées sont espacées de combien d’heures ? les tétées durent combien de temps ? »  
    Pour le nombre de tétées, j’avais demandé conseils avant d’accoucher à ma belle-soeur qui a allaité sa fille aînée durant 3/4 mois exclusivement au lait maternel. Et elle m’avait surtout conseillé d’allaiter à la demande.
    Alors si vous en parlez avec vos mamans/grand-mères, sachez que ce concept est assez moderne et qu’elles ne comprendront peut-être pas. A leur époques il y avait un rythme à prendre très vite et un nombre de tétées journalier à respecter, avec des espaces de temps entre chaque, bien précis. Juste l’angoisse quoi!
    Alors pour moi qui déteste par dessustout suivre à la lettre un programme, être coincée avec des horaires et des conventions bien précises, l’allaitement à la demande était parfait. Je ne voulais vraiment pas me stresser avec des chiffres, des espaces de temps, des doses ou même me bloquer dans mes ressentis de maman …

    Mais il ne fait pas oublier que bien souvent dans les maternités traditionnelles, le personnel passe pour vérifier que vous donnez bien tel sein à telle heure, avec tant de temps entre chaque tétée …Ca m’a très vite gonflée, étouffée pusique je faisais vraiment à l’instinct. Alors nu une ni deux, j’ai raconté des salades concernant les horaires de tétées pour qu’on me laisse tranquille. Et ça a marché, hourra !
    Tout simplement car dès le début, j’ai compris que ma Chloé nétait pas un bébé qui tète toutes les 3 heures, qui s’endort bien entre et qui se régule facilement.

    Ma Chloé c’est un bébé qui a besoin d’une mise à disposition énorme de ma part, de beaucoup de contact, d’être énormément rassurée, blottie contre moi,…. Alors au début cela passait exclusivement par le sein.  Elle etait naturellement accrochée à moi et tétait beaucoup. Tetouillait souvent aussi. On était plus aux alentours de 12 tétées par jours, et non 6 ou 8 comme préconisé. Rien de très conventionnel mais cela ne m’a pas alarmé car je la sentais bien auprès de moi. Certes j’ai appris à la calmer autrement, à l’apaiser par le bercement et des câlins mais les tétées restent indispensables la plupart du temps pour elle. 

    Depuis le retour à la maison, je continue avec un rythme assez soutenu et d’autant plus le soir où Chloé pleure beaucoup. Elle se décharge régulièrement de sa journée, lâche tout le stress emmagasiné et ressent ce besoin de téter pour se rassurer. Alors je passe parfois des soirées entières, de 18h à 21/22heures avec elle au sein mais cela est plus que nécessaire pour qu’elle s’apaise et trouve le sommeil. C’est ce qu’on appelle d’ailleurs les tétées en grappe je crois. 

    Beaucoup diront que cette méthode n’est pas bonne, qu’il ne faut pas les habituer à les endormir au sein, …. Moi c’est ma manière de faire et mon enfant, je sais ce dont elle a besoin, et le soir c’est d’être au sein de sa maman. En tous cas pour le moment ! Je sais que cela se régulera mais actuellement c’est son doudou, son besoin, sa manière de se faire du bien, d’être apaisée. Plus tard elle trouvera d’autres moyens j’en suis certaine. Laissons lui le temps, elle est encore si petite.

    Dans la journée elle tête normalement, avec souvent le besoin d’entrecouper ses tétées en plusieurs « séquences ». Je pense aussi que cela vient du faite qu’elle est relativement menue et petite, elle a besoin de digérer un peu et de faire une pause avant de reprendre. Alors je reste parfois près d’une heure pour la même tétée. J’ai nommé la deuxième « séquence » de tétée la « compote », c’est un peu son dessert à elle 🙂 !
    Mais en général une tétée dure entre 20 et 40 minutes! La nuit en tout cas c’est ce rythme là.

    Depuis se naissance donc j’allaite ainsi : exclusivement au sein et en respectant ses envies et ses besoins. Parfois il arrive qu’elle ne tête que 5 fois dans la journée, donc bien espacé, car elle se fait une énorme sieste (jour de fête!). Parfois elle ne dort pas de la journée (journée plus compliquée) et passe son temps accrochée à mon sein. Elle tête alors toutes les heures. Là c’est plus rude pour moi notamment car tant qu’elle reste éveillée Chloé demande le sein et je dois donc être disponible et apaisée. Si vous choisissez comme moi d’allaiter à la demande, sachez que vous ne pourrez pas prévoir le rythme et qu’il y aura aussi des tétées non-nourrissantes dans le lot. Des tétées pour soulager, apaiser, réconforter. Il y en a beaucoup ici avec notre mistinguette très en demande de câlins et de proximité.

    Nous n’avons donc pas de rythme précis et cadré, je serais incapable de vous donner une journée type. Chaque nouvelle journée nous offre un nouveau tempo avec Chloé. Je dois donc m’adapter, faire constamment selon elle.

    Accepter cela n’a pas été facile, même encore aujourd’hui, car je ne peux strictement rien prévoir à l’avance, ou tout du moins je ne sais pas si elle dormira ou tétera à tel ou tel moment. On a donc passé de nombreuses soirées, chez nous ou invités, avec Chloé qui était agitée et ne souhaitait qu’une seule chose : téter pour s’apaiser et se réconforter. Dans ce cas je dois m’isoler et lui donner le sein. Cela peut prendre 20 minutes, au bout desquelles elle s’endort, tout comme la soirée entière. Auquel cas je ne peux pas du tout être présente pour mes amis. Mais c’est ainsi et je dois accepter qu’allaiter à la demande et exclusivement c’est aussi un sacrifice. Je m’adapte à elle, et non elle qui s’adapte à moi.
    Mais au fil de temps vous arriverez à savoir si votre bébé est en besoin ou non, à plus ou moins réussir à anticiper. C’est un temps d’adaptation pour tous finalement !

    Et le Papa dans tout cela ?
    « Ton mari a-t-il réussi à trouver sa place avec l’allaitement, ne s’est-il pas senti exclu ? Se réveille-t-il la nuit quand tu allaites ou reste-il au lit ? »
    Allaiter c’est un réel prolongement de l’état fusionnel de la grossesse, entre la maman et le bébé donc. Quand le Papa accepte ce choix et qu’il prend part à cette fusion en portant un regard bienveillant et tolérant c’est encore plus beau. Nous on en avait vaguement parlé, mais c’était si naturel et évident pour moi que finalement Théo n’a pas été peiné de ne pas lui donner le biberon et de la voir si souvent accrochée à moi. Il a tout de suite accepté la situation.
    Il faut aussi savoir que mon mari n’est pas un homme qui raffole des tout petits bébés. Il aime par dessus tout sa fille je vous rassure, mais cet âge n’est pas celui avec lequel il est le plus à l’aise. Alors je pense aussi que pour lui c’est rassurant et confortable de la voir allaitée. Il est d’accord pour donner le biberon le jour où elle acceptera de le prendre, mais pour le moment cela ne le dérange absolument pas !

    Il a d’autres moments avec elle, le soir quand il rentre du travail il prend quelques minutes pour lui faire des câlins et lui parler, le temps que je prépare le diner par exemple.
    La nuit j’allaite dans notre lit, alors une fois sur deux (et quand il l’entend surtout!) il va me la chercher et me la met au sein. Il ne rechigne pas du tout de le faire et est conscient que pour moi c’est aussi soulageant.
    Je n’ai pas à me plaindre de ce côté là, je pense que le plus dur est d’arriver à accepter que lorsque c’est plus compliqué (périodes de pic de croissance, coliques, enfant angoissé, …), c’est moi la maman qui devrai principalement apaiser le bébé. On voudrait déléguer mais en allaitement exclusif c’est plus compliqué !

    Mais je ne rejette absolument pas d’avoir fait ce choix là, d’avoir choisi de lui faire ce cadeau finalement de lui donner mon lait, de la nourrir par moi-même. Je sais que je garderai de super souvenirs et que je tisse avec elle un lien tout particulier. Lorsque Chloé est née, mon Papa m’a envoyé un message pour savoir si j’allaitais. Quand je lui ai répondu que oui, sa réaction fur de me dire « Tu lui offres là son premier cadeau, allaiter c’est ce que tu pouvais lui donner de meilleur ». Outch!
    Maintenant reste à savoir que c’est un choix qui, en fonction de caractère du bébé, pourra prendre des allures de sacrifices et parfois s’avérer très très dur …

    Allaiter c’est fatiguant, bien s’alimenter! 

    Allaiter, surtout quand c’est exclusif et à la demande, c’est fatiguant. Je dirais même, lorsque c’est un bébé comme Chloé donc très en demande, épuisant ! Parfois je ne fais rien de mes journées, mais le simple faite d’allaiter et d’enchainer les tétées peut m’épuiser. Et pourtant vous commencez à me connaitre je suis pourtant du genre speed et dynamique ! Mais je n’ai jamais rien connu de tel, en terme d’épuisement, que depuis ces 2 derniers mois.

    Allaiter c’est accepter de donner le meilleur de nous, de nos réserves à notre petit bout. Et pour cela donc il faut être en forme pour soi-même. En revanche ce qu’il faut c’est tenir le rythme, nous en tant que Maman et se faire un quota d’énergie.

    Je serais très mal placée si je vous disais qu’il faut faire de bons repas, manger des protéines et des sucres lents, se faire plaisir, et patati et patata … Perso le midi je mange sur le pouce car en général elle est réveillée et c’est donc notre moment proximité a toutes les deux, ensuite vers 15h j’ai plus du tout faim. Donc je m’oblige en revanche à me faire un bon petit déjeuner (porridge, tartines, Wetabix, …) et un bon diner avec mon mari avec des protéines bien souvent et de bonnes petites choses consistantes pour tenir le rythme.

    Mais je le vois bien en tant que maman allaitante, il y a un besoin d’énergie qui est considérable et vraiment si on veut tenir la cadence et physiquement il est essentiel de bien se nourrir et de prendre des forces des que possible. Le régime postpartum et les quelques kilos de grossesse attendront …car il n’est pas du tout recommandé de faire de régimes pendant l’allaitement.

    On m’a posé la question de l’alcool et je vais écrire 2 mots « histoire de ». Mais je ne m’étendrai pas car chacune a son propre avis. Avis que je peux très bien comprendre même différent du mien. Bien sûr le 0 alcool est le meilleur et surtout le plus sain, le plus safe. Maintenant il est tout à fait possible, si le bébé espace bien les tétées, de boire un verre pendant la « dernière » tétée. Ainsi l’alcool sera éliminé pour la prochaine tétée 2/3 heures plus tard. Bon on évite carrément le verre de Vodka/orange ou le whisky bien sûr. Cela va de soi et je n’ose qu’à peine le préciser. Mais un verre de bière, un panaché voire un petit verre de vin est possible dans ces conditions là. Je me l’octroie le soir très occasionnellement sachant qu’elle dort le soir jusqu’à 5 heures du matin.

    Parlons peu, parlons nichons !

    Comme je vous l’évoquais aussi en story, j’ai utilisé pendant les 15 premiers jours mes coquillages d’allaitement pour prévenir et traiter d’éventuelles crevasses. Grâce à eux d’ailleurs, je n’ai eu aucune crevasse, aucune plaie, rien! Jamais une seule rougeur et pourtant comme je vous le dis, c’est une grosse grosse tétouilleuse!!
    Je n’ai utilisé aucun autre produit, pas de crème ou autres. Et mes seins ont parfaitement bien survécus! Aujourd’hui je n’utilise rien du tout, mise à part les coussinets d’allaitement pour les fuites bien sur. Ceux-là vous ne pourrez pas passer à côté, artillerie indispensable!

    Côté volume et mensurations, cela ne fut impressionnant qu’au tout début. J’avais pas vraiment imaginé ni anticipé la montée de lait et ses effets. Pour moi on avait du lait dès le début (voir avant d’accoucher) et basta. Mmmmh, pas vraiment ! Au tout début vous avez une réserves de « colostrum », un lait très spécial car ultra nourrissant pour les premières heures de vie de Bébé et d’une couleur jaunâtre. Le bébé boira cela durant seulement 2/3 jours pour lui permettre de prendre des forces. Après c’est le lait qui prend le relai, avec cette fameuse montée de lait. Personnellement, j’ai halluciné ! Déjà je l’ai eue assez tôt, à deux jours de vie contre 3 en général. J’ai commencé par avoir comme des petites masses toutes dures dans les seins, qui se sont étendues ensuite dans toute la poitrine. Dans la nuit je me souviens avoir dis à une auxiliaire que je ne comprenais pas pourquoi mes seins étaient si durs et si brulants. Comme quand vous vous êtes fait mal ou que vous avez une petite infection, c’est tout chaud. Alors elle a touché et m’a regardé en souriant « ha bah là c’est une belle montée de lait! ». J’expérimentais donc à ce moment là ce que c’était. Le lendemain matin je me suis réveillée dans la peau de Nabilla, une poitrine énoooorme avait remplacé mes deux noyaux de cerise habituels. Je suis allée voir dans la glace et je me suis retrouvée choquée de cette poitrine si opulente, de ces seins tous gonflés. J’avais très clairement l’impression de sortir de chirurgie esthétique. J’en rigole encore !
    La seule manière de soulager la montée de lait sur le moment fut de mettre des compresses que les auxiliaires avaient placées au congélateur. Ca m’a fait un bien fou !
    Côté douleur, je ne vais pas le cacher, c’est un peu douloureux. Une impression de pression énorme et de chaleur. Mais ce qui est plus douloureux c’est quand vous décidez de vous soulager et de mettre votre bébé au sein : à la première succion vous avez l’impression qu’on plante une aiguille dans votre sein le temps d’une seconde, comme pour le dégonfler. Moi personnellement ce fut les seules douleurs que je ressenties et vraiment très supportables en plus.
    N-B : En rentrant à la maison, j’ai soulagé ma poitrine en tirant mon lait pour vider un peu mes seins. Vous pouvez très bien conserver ce lait au frigidaire ou au congélateur si votre bébé prend le biberon d’ailleurs. 

    Puis j’ai très rapidement retrouvé mes seins habituels.
    J’étais même déçue de ne pas garder plus longtemps cette belle poitrine! #teampetitsnénés. 

    Vêtements d’allaitement

    « Qu’utilises-tu comme habits pour allaiter ? as tu des vêtements spéciaux pour l’allaitement ? »
    En dehors de mes sous vêtements, je n’ai investi dans aucun autres habits qui soit spécial allaitement. Je n’en ressentais pas le besoin, je trouvais cela moche et finalement chaque jour je fais avec mes habits habituels. T-shirts, chemise, blouses, … tout est assez compatible à condition d’éviter les robes qui ne sont pas ouvertes devant si vous ne voulez pas vous retrouver « à poil » au moment d’allaiter.
    En tous cas je fais ainsi et vraiment c’est impeccable. D’ailleurs beaucoup d’entre vous ont cru que c’était des hauts spéciaux allaitement, alors que pas du tout ! 
    Le seul inconvénient pourrait être pour celle qui ne souhaitent pas dévoiler leur ventre. J’avoue ne pas être gênée sur ce point là, donc je soulève facilement mes habits, quitte à avoir mon ventre un petit peu à l’air.
    Pour les soutien-gorges j’avais pris une taille supplémentaire, je ne savais pas vraiment si je prendrai de la poitrine ou non et c’est bien! J’ai de la place et cela me permet d’être à l’aise lorsque j’ai encore des montées de lait.

    N-B : ces soutien-gorges je les ai tout simplement achetés chez Kiabi en format brassière et chez HetM en format soutien-gorge sans armatures. J’en suis très contente!

    Attendez vous seulement à avoir un roulement de hauts aussi soutenu que celui des bodys de votre bébé ! En effet l’allaitement peut causer quelques surprises comme des fuites par exemple. Pour ma part je n’en ai pas eues beaucoup car je mets systématiquement des coussinets pour retenir les fuites, mais en revanches Chloé en fout souvent partout en tétant et je me retrouve avec des soutien-gorge trempés après les tétées.
    Aussi le lait retenu dans les coussinets fermentent avec la chaleur du corps, donc même si mes habits ne sont pas sales, l’odeur est très désagréable en fin de journée donc je mets systématiquement mes sous-vêtements à laver tous les jours ou max tous les 2 jours.
    Et la nuit très souvent je me retrouve trempée. Pour deux raisons : les hormones et les fuites. Les hormones font que je me retrouve en nage toutes les nuits, je me réveille trempée de partout et c’est un gros inconfort pour moi je trouve. Et puis il y a également les fuites causées par les postions qu’on prend en dormant, assez inévitables finalement, mais causant des débordements parfois !

    Les sorties et l’allaitement en public 

    « Arrives-tu à allaiter facilement en public? Comment gères-tu les sorties au niveau de l’allaitement ? As-tu des astuces pour allaiter en public ? »
    De base, je ne suis ni quelqu’un d’extrêmement pudique, ni quelqu’un qui dévoile mon corps très facilement. Mais face à l’allaitement je n’éprouve aucune gène et j’ai beaucoup de facilités à allaiter « en public » ou ne serait-ce qu’avec nos proches.
    Lors des soirées/dîner avec nos proches, soit nous sommes nombreux et je me mets en bout de pièce ou dans une pièce attenante pour être au calme et l’allaiter tranquillement, soit nous sommes en comité plus restreint et j’allaite à ma place (pas à table bien sûr!) discrètement. Au tout début, j’ai demandé une première fois si cela ne dérangeait pas, mais chaque fois nos amis/famille nous ont répondu que non!

    On peut très bien « déballer le matos » très discrètement et sans dévoiler tout son sein. Personnellement je confie Chloé à mon mari le temps de détacher la partie amovible du soutien-gorge et ensuite je la prends et remonte en même temps mon haut de manière à ce quelle cache le moment critique où elle cherche le téton. C’est un petit coup de main à prendre, mais au pire vous montrerez un morceau de téton et je doute que cela choque qui que ce soit. De votre côté, lâchez les peurs des regards et concentrez vous juste sur ce moment si important qu’est l’allaitement. Dites-vous qu’il n’y a rien d’obscène ou de mal placé. C’est si beau et naturel !
    Et si quelqu’un semble choqué il n’a qu’à détourner le regard ou se retirer, on m’a toujours dit « c’est celui qui est gêné qui s’en va! ».

    Enfin en vrai public, dans des lieu découverts et publics, prenez un lange (les maxi langes sont tops pour ça) ne serait-ce que le temps de la « manoeuvre ». Si vous ne vous sentez pas d’être vue, alors laissez votre bébé sous le lange et rien ne paraitre. Sinon vous pouvez laisser bébé à l’air libre et croyez moi, on a juste l’impression qu’il dort contre nous.
    Pour la petite histoire, il y a deux semaines, avec Théo nous voulions diner en terrasse un soir. Sauf que mademoiselle aussi avait faim! Alors je l’ai prise au sein pendant que nous dinions et beaucoup de gens sont venus pensant qu’elle dormait, et ce n’est qu’en la regardant de très près qu’ils se sont aperçus qu’elle tétait ! Donc  vraiment faites le pas une fois et vous verrez qu’après cela devient très naturel.
    Si vous êtes en balade et que vient le moment de téter mais que vous ne voulez pas être en vue de tous, alors allez vous assoir à un café, à l’intérieur, ou trouvez un endroit calme dans un parc. Il y a toujours des  petits recoins plus calme pour que vous soyez bien, vous et votre bébé.

    Allaitement dans les jardins de Fontainebleau

    Mais l’essentiel c’est que vous lâchiez les remarques et les regards. L’allaitement est un geste merveilleux et n’a rien de choquant ou de sexuel.
    Un sein c’est avant tout un passage de vie et de bienfaits pour votre tout petit. On ne vous demande pas de vous exhiber ou de nous faire un topes, donc à partir du moment ou l’intention est bonne, il n’y a pas de raison de se sentir mal ou gênée. Vous et votre bébé avant tout 🙂

    Enfin il y a une question « calage de tétées et sorties ».
    Même si cela ne me gêne pas  d’allaiter en public je préfère que ma fille soit déjà nourrie et repue avant de partir en balade ou en partant chez des proches.
    Bon, soyons honnête, ça ne coïncide pas toujours super bien. Parfois elle dort déjà et je refuse alors de réveiller mon bébé pour mon propre confort. Dans ce cas là, je la laisse tranquille et prévoit une tétée lorsqu’elle se réveillera. Sinon, je lui (re)donne le sein avant de partir et si elle va bien, si elle n’est pas douloureuse ou énervée je sais qu’elle s’endormira ou qu’au moins elle n’aura pas faim avant 1 ou 2 heures minimum.
    Le plus souvent s’il y a un trajet en voiture elle s’endort (avec ou sans hurlements avant ...) et continue de dormir lors de la balade. Sinon avant de sortir de la voiture je la reprends avec moi si elle pleure et lui donne une dernière fois le sein pour l’apaiser et l’endormir. Souvent le soir …
    Avec le temps vous allez apprendre à cerner et comprendre le rythme et les besoins de tétées de votre bébé. C’est grâce à cela, de la patience et de l’écoute, que vous parviendrez à faire les choses de manière sereine et adapté à lui. N’ayez pas peur de redonner le sein pour calmer ou apaiser. Parfois une sortie et le changement de cadre peut-être très troublant pour nos petits, et le reprendre avec vous quelques minutes avant de vous lancez dans votre sortie est nécessaire.

    Ici il nous est déjà arrivé de devoir nous y reprendre à plusieurs reprise, de devoir lui proposer le sein plusieurs fois, avec des faux départs, des arrêts sur la route pour la calmer, des retours à la voiture pour l’apaiser, …. Mais c’est qu’on avait pas fait les choses dans la douceur certainement, ou que le changement de cadre était trop brutal, trop dur. Souvent les sorties du soir sont bien plus compliquées car on doit conjuguer tétées en grappe et décharge du soir. Je les redoute souvent car je ne sais jamais à l’avance si elle sera bien ou énervée, si je passerai une bonne soirée ou si je devrais la calmer durant plusieurs heures, au sein entre autres.  

    Le Matériel nécessaire

    « Peux tu nous dire ce dont on a besoin pur allaiter? Quel matériel utilises-tu ? As-tu un tire lait ? » 
    J’aurais envie de vous répondre : « Une bonne paire de nichons et Zou’! ».
    En  vrai j’ai quasiment besoin de rien vu que notre Chloé ne prend pas le biberon pour le moment. Donc on a quand même un tire-lait au cas où, et pour le jour où elle acceptera la tétine mais c’est tout!
    Quelques biberons achetés avant la naissance ou offert mais je ne pourrais pas vous dire lequel je préfère actuellement. J’y reviendrai peut-être lorsqu’elle prendre le bib. 
    Pour le tire-lait, il s’agit d’un électrique de la marque Bébé confort et il est vraiment très bien. Je vous mets le lien ici. J’ai plusieurs fois tiré mon lait pour essayer le biberon et j’en suis très contente pour le moment. Et en électrique je trouve cela vraiment top pour pouvoir faire autre chose en même temps.

    Sinon pour ma part pas d’embouts en silicones et pas d’autres matériels spécifique d’allaitement. Et c’est aussi le gros avantage : lorsqu’on se déplace, pas besoin de grand chose. Des langes pour les reflux et se couvrir, des changes et voilà!

    Mon évolution personnel, mon état d’esprit face à l’allaitement

    J’ai eu de nombreuses questions sur mon état d’esprit face à mon allaitement, sur mon moral, mes envies ou non d’arrêter, mon bien-être, ce que j’ai ressenti … Et je pense que cette partie constitue une part énorme dans le vécu de l’allaitement d’une maman. Alors je vais tâcher de vous transmettre et de vous conseiller au mieux ce que j’ai pu ressentir et vivre dans mon coeur de toute jeune maman.
    Car il y a beaucoup de non-dits, de sujets tabous et sensibles dans cet univers de la maternité. 

    Comment je vis cet allaitement
    « Te sens-tu à l’aise dans l’allaitement ? Est ce que tu aimes allaiter ? »
    Alors déjà, comme je vous l’ai dis en tout début d’article, allaiter était un choix de ma part et totalement libre. Je n’ai eu aucune pression de qui que ce soit et j’avais très envie de faire cette expérience!
    Donc dès le début, je partais avec beaucoup d’enthousiasme, de la curiosité, de l’excitation même et l’envie que cet allaitement se déroule au mieux. J’ai toujours vu ma Maman allaiter, elle l’a fait pour mes 5 frères et soeur et moi, du coup ce désir était naturel et ancré en moi depuis toujours, une évidence et un désir profond.

    Et dès la première tétée, dès que j’ai senti Chloé contre moi et que j’ai eu les premières sensations, j’ai adoré. Comme dans mon imagination, comme ce que je désirais. Non, mieux, le bonheur!
    Je ne saurais vous décrire assez justement ce bien-être que l’on ressent lorsque l’on nourrit son enfant, c’est extraordinaire. 

    Cette expérience est une des plus belles de ma vie. Je n’ai jamais rien fais de plus beau que de mettre au monde ma fille puis de la nourrir. J’avais des appréhensions sur la douleur et les nuits, comme toutes les mamans je pense. Mais tout cela s’est très vite envolé pour laisser place à une sérénité absolue. Et depuis, (presque) chaque tétée est un vrai bonheur, un moment unique, magique et vraiment privilégié. Je suis très fière quand j’ai ma fille qui tète contre moi, je me sens moi, à ma place en tant que maman.
    C’est inexplicable comme ressenti, je dirai un mélange de douceur et de bien-être, une fusion énorme entre elle et moi, un prolongement de ces 9mois de grossesse.

    J’au eu la chance, et j’en suis consciente, de ne pas avoir de soucis particuliers, entre Chloé qui a tout de suite très bien tété et pris du poids, moi qui n’ai eu ni douleurs ni crevasses, et puis mon lait qui a toujours été bon et en quantité largement suffisante. Je m’estime très heureuse que mon allaitement se passe si bien, malgré en contre partie un bébé qui enchaine les maux des premiers mois et qui me demande beaucoup d’énergie et de patience. C’est peut-être d’ailleurs THE difficulté que je rencontre à ce jour dans mon allaitement.

    Et c’est en cela aussi, que je suis heureuse et reconnaissante envers cette expérience de l’allaitement :, je n’ai jamais autant appris sur moi, sur mes émotions, mes limites et ma capacité à être patiente et douce (Toi, Romane ? Douce ? Héééé oui! ).

    C’est donc une des plus belles expériences de ma vie, mais aussi une des plus rudes, oh ça oui. Je vous explique pourquoi :

    Allaiter exclusivement et à la demande, c’est également décider (sans vraiment le savoir néanmoins) de se mettre entre parenthèses le temps de l’expérience et accepter d’être totalement dévouée à son bébé, dès qu’il en ressent le besoin. On fait le sacrifice de beaucoup de choses en ce qui nous concerne, nous mamans, en contre partie d’un grand cadeau fait à notre bébé.
    On fait aussi, sans le savoir, le pari fou de prendre sur soi et de ne pas se laisser aller à toutes nos émotions lorsque le bébé n’est pas au top de sa forme. Ce n’est pas comme lorsque votre conjoint est ultra chiant et que vous pouvez vous permettre de vous barrer, vous énerver, lui crier dessus si cela vous fait du bien …! Non là vous êtes contraintes de rester calmes, zen et patientes avant tout. Malgré l’agacement.
    Et bien souvent, on ne s’attend pas cette « charge physique et émotionnelle » qu’entraine l’allaitement.

    N-B : alors attention je parle ici de MON expérience ! Il y a des maman pour qui tout cela ne sera pas valable, allaitement ou non! Ici les débuts sont assez rudes, mais pour d’autres cela pourra s’avérer bien plus calme et plus facile 😉 

    Et cette charge, ce devoir de prendre sur soi, je n’y étais vraiment pas préparée.
    J’ai vite été déroutée par ce besoin intense de tétées de la part de Chloé et par le rythme effréné des journées entières à la calmer et la nourrir.
    Au départ, j’ai pensé que je cédais trop à ses pleurs et que je donnais le sein trop rapidement. Mais en observant et en écoutant ses besoins j’ai compris que mon bébé avait besoin de beaucoup de « tétées réconfort » et je m’y suis faite petit à petit. Mais aujourd’hui encore j’apprends à accepter et à tout lâcher lorsqu’elle a besoin de moi, de mes seins, de mon lait mais aussi de la chaleur de mon corps et de mon odeur.
    Je ne m’attendais pas non plus à devoir me rendre disponible à elle aussi souvent et de manière si intense. Je pensais sincèrement que tout serait plus simple et que je continuerai ma vie en l’ajoutant à mon « planning quotidien ». Mais pas du tout, il m’a clairement fallut à l’inverse adapter mon planning à ses besoins et ses demandes. Gros choc et je dirais même coup dur moralement!
    Moi qui me moquais presque de tout ceux dont la vie a changé en accueillant leur bébé, je me retrouve à leur place aujourd’hui et je comprends tellement ! Telle est prise qui croyait prendre ! 

    Alors pour répondre à la question de base, oui j’adore allaiter! C’est vraiment quelque chose dans lequel je me sens à l’aise, heureuse et épanouie. A ma place en faite! Etre maman est quelque chose qui m’attendait depuis toujours, je pense avoir cette étincelle, ce petit quelque chose en moi qui me rend heureuse en tant que maman (et surtout maman de Chloé!).
    Mais je ne cache pas avoir été très chamboulée par : son grand besoin de téter, le faite d’être si épuisée par le rythme de l’allaitement et par le changement si radical de mon rythme quotidien.

    Mais quoiqu’il arrive, quelque soit la finalité de cet allaitement, je suis très heureuse d’en avoir fait l’expérience et d’avoir réussi à passer à Chloé le meilleur de moi-même durant quelques mois. Cette complicité aujourd’hui qu’il y a entre nous est pour moi la plus belle récompense de cet allaitement pas si évident tous les jours émotionnellement parlant.

    « As-tu eu des moments de doutes, des difficulté ? As-tu pensé à arrêter l’allaitement ? » 
    Bien sûr et je ne vais rien vous cacher un fois de plus.
    Au début tout était très simple et si instinctif. Les 10 premiers jours ont été idylliques : elle demandait exclusivement lorsqu’elle avait faim donc tout ce qu’il y a de plus cool. Un petit peu plus le soir pour se décharger mais rien qui ne me déroute plus que cela.

    Puis sont venues les périodes de coliques, de soirées entières de décharge, des pleurs incessants de douleurs et qui nous irritent, nous les parents. Dans ces moments là, lorsque Chloé est énervée ou douloureuse, que câlins et bercements ne servent à rien et que l’on ne sait plus vraiment quoi faire et comment faire, le sein est un peu le seul recours. Même complètement ! La « coller » au sein était notre seul moyen efficace pour qu’elle se calme voire même s’endorme.
    Alors moi la maman allaitante, je me devais d’être encore totalement présente pour elle. Les premières fois c’est agréable de se sentir indispensable et utile. Et au fil des jours et des semaines, on fatigue, on s’épuise donc on perd pied, on s’agace de devoir être la seule personne indispensable et le vase déborde … bien souvent.

    Alors qu’on soit bien d’accord : je ne veux pas dire que j’étais saoulée de m’occuper de ma fille, bien loin de là. Je fais de mon mieux chaque jour toute seule et avec une joie immense. Non je dis juste que parfois, on souhaiterait ne pas être cette personne indispensable, dont le bébé a absolument besoin alors qu’il est énervé, en pleure, agacé, …. C’est dans ces moments là, pas forcément marrants, qu’on voudrait déléguer et souffler, en vain. 

    Je savais très bien au fond de moi que le sein était ce qu’il y avait de plus rassurant et de bienfaisant pour elle, mais c’est dur parfois de donner encore quand nous-même on a besoin de réconfort et de soutien. Parce qu’on sent à ce moment là que le bébé pompe les seules forces et toute l’énergie dont on dispose encore.
    Combien de fois j’ai eu les nerfs qui ont lâchés avec l’unique envie de laisser Chloé à quelqu’un et d’aller prendre l’air pour faire le vide, me calmer, pleurer un bon coup.
    Et je vais même vous dire, j’ai plusieurs fois pété les plombs, oui. Pleuré à chaude larmes en disant que je n’en pouvais plus, 2 fois j’ai tapé dans un mur tant mes nerfs étaient à vifs (d’ailleurs je me suis fait mal !), un soir j’ai crié pour faire sortir tout cet épuisement qui me rongeait, je me suis blottie plusieurs fois dans les draps pour étouffer mes sanglots et mon visage déformé par les pleurs, …
    Bref, je suis humaine et en plus de cela très (très) sensible.
    Mais c’est précisément à ce moment-là, quand le bébé est mal que nous devons être présentes, calmes et rassurantes malgré l’épuisement. Ces moments sont les plus durs émotionnellement et nerveusement. Il faut alors tenir bon pour le bébé, se reprendre et ça, c’est très dur.

    Ce fut aussi la plus grande difficulté : arriver à se contenir, à se reprendre et continuer de tenir bon malgré les pleurs et les douleurs incessants.

    Alors oui, pour en revenir à l’allaitement et mon état d’esprit, j’ai voulu il y  2/3 semaines tout arrêter et passer définitivement au biberon. Pour ne plus partir en cacahuète, pour pouvoir me décharger, déléguer et me reposer. Je n’en pouvais strictement plus de devoir être disponible h24, d’être épuisée et à bout, de devoir répondre à tous ses besoins et d’assumer des journées difficiles entièrement sans pouvoir passer le relais.Etre la seule et unique personne capable de soulager ses maux, devoir m’isoler en soirée pour l’allaiter et la calmer pendant que mon mari lui profite … bref ras le bol total et épuisement émotionnel complet ! C’était la raison principale : ma fatigue.

    On a essayé, car je n’en pouvais plus. Physiquement et nerveusement j’étais dans un gouffre et je sentais que je perdais trop souvent pieds. Mais Chloé, elle, n’était pas décidé est malgré quelques tentatives on a pas réussi. Et il y a 10 jours j’ai réalisé qu’elle était finalement encore si petite, que ses maux ne seraient que passagers et que je regretterai plus tard d’avoir arrêté sur un coup de tête. J’ai fais un peu le « reset » dans ma tête et dans mon coeur. J’ai mis à plat les raisons pour lesquelles j’avais décidé d’allaiter, ce qui je souhaitais pour ma fille, ce que je regretterais si j’arrêtais à ce moment-là, ce qui me pesait le plus dans cette sittuation.
    Et l’envie de continuer et de mettre en place en douceur le biberon plutôt que brutalement à pris le dessus. J’ai réussi à temporiser mes émotions.

    Aujourd’hui certes il y a des journées plus dures que d’autres, des jours où elle a davantage besoin de moi, de téter et de s’apaiser. Des journées où devoir gérer toute seule et sans perdre les pédales relève des pouvoirs d’une WonderMaman. Mais j’y parviens car j’ai accepté de mettre entre parenthèses mes anciennes priorités pour me dévouer totalement à elle, durant quelques semaines encore. Et parce que tout cela passe si vite, que dans quelques temps je serai heureuse d’avoir fait tout cela pour elle. Alors malgré les pleurs, malgré les douleurs et malgré l’épuisement, je profite de chaque tétée et de cette expérience incroyable tant qu’elle aura besoin de moi. Et puis, dans quelques années, elle n’aura plus besoin de moi, elle refusera les bisous dans son cou et les patouilles sur les pieds, elle ne tétera plus, je ne pourrai plus l’avoir contre moi si souvent. Alors profitons profitons de ce temps qui nous est donné, aussi rude soit-il! 

    Donc oui j’ai eu envie d’arrêter, de tout envoyer valser, de me retirer de ces journées émotionnellement trop intenses. De passer au biberon et de la laisser quelques heures. Mais mon coeur de maman a parlé et nous verrons cela plus tard, quand ELLE sera prête, pas nous. Alors à suivre ! 

    La reprise du travail 

    « Si oui, quand reprends-tu le travail ? Comment vas tu t’organiser ? Penses tu continuer d’allaiter ? »

    Alors oui je vais reprendre le travail, parce que financièrement je n’ai pas le choix tout simplement! Si j’avais pu bien sûr que j’aurais prolongé. J’ai néanmoins décidé de profiter de deux mois et demi de congé parental et pour cela j’avais anticipé et mis de côté. Donc je reprends officiellement le 7 janvier, Chloé aura pile 5 mois et cela nous semblait plus raisonnable qu’à 2 mois. Nous la déposerons 3 journées pleines chez une assistante maternelle près de chez nous, de 8h30 à 18h environ.

    Donc très concrètement je vais doucement, courant novembre, réessayer le biberon pour qu’elle soit complètement autonome de ce côté là pour chez la nounou. Et je serai ravie si j’arrive, sans faire des pieds et des mains, à conserver la tétée du matin et celle du soir jusqu’à ses 6 mois, avant de faire la diversification alimentaire. Enfin tout cela me parait encore si loin que je préfère ne pas me stresser avant l’heure! Chaque chose en son temps 😜

    Donc voilà concernant ma reprise du travail, qui me semble mine de rien arriver bien vite ! Nous allons pouvoir profiter de notre premier Noël avec notre fille et ça c’est un grand Bonheur!

    Quelques conseils à vous partager

    Après avoir fait le récit de mon allaitement et de tout ce que j’ai pu vivre et ressentir, je voulais vous partager des petits conseils et pensées qui m’accompagnent au quotidien et que j’ai eu l’occasion de donner à certaines d’entre vous qui pouvaient être inquiètes, dans le doute ou apeurées.

    La bonne décision est la votre, celle d’une maman
    Tout d’abord, sachez écouter votre coeur quant à la décision d’allaiter ou non votre bébé. Beaucoup de mamans ne souhaitaient pas allaiter à la base et au dernier moment, en laissant parler leur coeur, on fait le choix de se lancer. Alors ne vous focalisez pas sur un choix, sur des opinions (et encore moins extérieures!) et concentrez vous uniquement sur ce désir que vous avez au fond de vous. Biberon ou sein, quel que soit votre choix il sera le bon s’il est pris avec le coeur.

    Votre propre expérience est la bonne 
    Ensuite je vous conseille vraiment de ne pas vous stresser avant d’avoir expérimenté l’allaitement. N’essayez pas d’imaginer comment cela va se passer et encore moins que cela ne va pas fonctionner! C’est comme l’accouchement, on imagine quelque chose, on anticipe des douleurs et des situations et arrivée au moment M, on oublie tout pour laisser faire la nature. L’allaitement c’est pareil!
    Vous savez il y a des centaines de témoignages différents sur l’allaitement, alors dites vous que ces douleurs décrites, ces situations un peu désolantes qu’on vous raconte ou les préjugés sur l’alitement ne seront pas forcément ceux que vous rencontrerez. Faites votre propre expérience et pensez, voyez positif 😉

    La confiance avant tout
    Faites-vous confiance avant tout, laissez faire la nature, nous sommes faites pour cela, alors il n’y a pas de raisons que cela se passe mal, outres les soucis de frein, de lait maternel ou des problèmes d’ordre médicaux. Votre bébé sait mieux que personne comment faire, c’est lui qui vous guidera dans cette aventure, son instinct parlera plus fort que vos appréhensions. Dans cette expérience aucune capacité ou savoir-faire ne sera prérequis, c’est l’instincts maternel et l’écoute de votre bébé qui parleront avant tout.

    La douleur est subjective
    Donc pareil pour la douleur, c’est quelque chose dont on parle plus facilement qu’un allaitement qui se déroule agréablement, mais c’est comme pour tout on parle plus souvent du négatif que du positif. Alors sachez qu’elle est très subjective et qu’elle variera beaucoup d’une femme à une autre. Je connais des femmes qui ont eu encore plus mal qu’à leur accouchement et d’autres comme moi qui n’ont ressentis aucun désagréments. Alors : testez et vous verrez j’ai envie de vous dire! N’imaginez pas que parce que vous êtes de base sensible cela sera douloureux, je suis la preuve même du contraire !

    Les coquillages : meilleur pote d’allaitement  
    Si je peux vous conseiller autre chose : les coquillages d’allaitement. Je ne cesserai de vous redire combien ils ont certainement sauvé mes tétons. Vous ne perdez rien (si 25€! ) à essayer et cela vous permettra peut-être de ne pas souffrir de crevasses et de soulager les éventuelles premières douleurs.

    Les remarques en tous genres : on fait abstraction 
    Je voudrais aussi vous parler brièvement de l’entourage, de ce que vous diront vos proches au sujet de toutes choses : votre lait, la façon de positionner bébé, votre alimentation, le nombre de tétées, les pleurs et les douleurs, … Alors oui, écouter les proches et des avis différents des nôtres cest bien, mais faites surtout attention à observer, écouter les signes que vous envoie votre bébé. Il y aura toujours quelquun de très savant ou de trop culotté qui saura mieux que vous ce qui est bon, ce quil faut faire ou non et qui (il ny a pas dautre mot) vous emmerdera tout le long de votre allaitement. Moi je les ai repérées ces personnes et je me blinde à chaque fois quelles ouvrent la bouche ! 
    Faites-vous, une fois de plus, confiance et prenez en compte les remarques sans vous culpabiliser pour autant ou tout remettre en question. Et puis, vous savez que votre coeur de maman parlera mieux que quiconque. Au fond de vous vous saurez toujours ce qui est bon ou non, et pas besoin d’avoir eu 6 enfants avant pour le ressentir. Alors ne vous braquez pas et ne soyez pas blessées par toutes ces remarques, parfois bien trop déplacées.

    Voilà les amies, je pense avoir fait le tour de mon expérience et de la question de l’allaitement avec vous.
    J’ai vraiment essayé d’être la plus claire et la plus transparente afin de rassurer les mamans qui pensent être seules dans cette expérience parfois difficile, ou celles qui souhaiteraient se lancer mais qui ont des dures, des inquiétudes.

    N’hésitez pas à me solliciter si je n’ai pas abordé tel ou tel point important 😉
    Et avant toute chose gardez en tête que l’expérience que vous choisirez de faire doit être faite avec le coeur et ainsi sera la meilleure chose pour vous et votre bébé.

    Je vous embrasse, 

    Romane ♡

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    13 Commentaires

    1. Aurelie
      13 octobre 2018 / 20 h 25 min

      Merci pour cet article tres complet! Moi aussi j allaite a la demande et je suis dans la meme situation que toi avec un bebe tres demandeur et qui a besoin d etre rassuré, surtout le soir! C est comme ca, rt c est vrai que ca n est pas toujours facile! En tout cas Ca fait du bien de voir qu on est pas toute seule a vivre ca…d ailleurs ca y est il se reveille il faut que j y retourne 😉

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 38 min

        Non en effet ce n’est pas toujours très simple … Mais il faut vraiment tenir pour ne pas regretter ni arrêter sur un coup de tpte 🙂 Plein de courage ma belle !

    2. Helene
      13 octobre 2018 / 21 h 09 min

      Merci pour ce magnifique témoignage !

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 37 min

        C’est adorable merci à toi pour ton commentaire !

    3. Marg
      14 octobre 2018 / 15 h 51 min

      Super article ! Tellement apaisant de se retrouver à travers tes mots.
      C’est un plaisir d’avour découvert et de suivre ton blog.
      🌸 Belle journée

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 37 min

        Mille merci ma belle <3

    4. Morgane
      15 octobre 2018 / 9 h 27 min

      Très bel article! Je me retrouve dans chaque ligne! Les moments de doute pendant les crises sont très pesant mais en effet, ça vaut le coup de s’accrocher et de continuer!
      Chloé dort dans sa propre chambre? Du coup comment ça se passe? Tu attends qu’elle « pleure » pour la faire téter? Ça ne la réveille pas de la ramener dans sa chambre ensuite?

      Notre fille dort dans notre chambre, du coup elle tète dès qu’elle commence à s’agiter un peu trop pour ne pas réveiller le papa, mais pas sure que ce soit la bonne méthode..

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 37 min

        Oui la pitchoune dort dans sa chambre la nuit depuis ses 3 semaines/1mois environ! dans son grand lit ! Mais enveloppée dans sa turbulente et sous une grosse couette (pas bieeeeen !) toute confort.
        En faite je n’attends même pas qu’elle pleure, j’ai un instincts maternel qui me réveille au moindre petit bruit malgré les 2 pièces qui nous séparent et dès qu’elle se réveille bien souvent moi aussi … C’est assez incroyable. Donc je vais la chercher et je l’allaite au lit. Pour que moi je puisse me rendormir pendant la tétée ou même me reposer 🙂

    5. Audrey
      18 octobre 2018 / 20 h 48 min

      Bonjour,
      Maman d’un petit garçon né le 4 aout, je fais actuellement le sevrage car justement je ne supportais plus cette idée d’être « indispensable ».
      Je suis amusée de voir que je ne suis pas la seule a ressentir ça.
      Aussi je me reconnais dans beaucoup de choses : allaitement a la demande, pas/peu de douleurs, pas de complications,..
      Bonne soirée
      PS : je suis impressionnée par la longueur de tes articles, je n’aurai jamais le temps/l’energie entre 2 tétées et 4 lessives d’en écrire autant ! 😉

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 32 min

        Haha tout est question d’organisation 😉 J’adore écrire alors j’en profite quand elle dort, c’est mon moment de détente 😉
        Et non tu n’es pas seule, un allaitement exclusif peut être très prenant émotionnellement, on y est pas forcément bel préparé… J’espère en tous cas que le sevrage ce sera bien passé ?

        • Audrey
          10 novembre 2018 / 14 h 04 min

          Difficile pour les premiers biberons de lait artificiel puis ensuite cela a été tout seul. J’avais très peur d’arrêter les têtees du soir qui étaient surtout des tétées câlins mais l’arrêt a été très progressif et tout s’est passé en douceur. Comme quoi, on ne devrait jamais s’imaginer les problèmes avant qu’ils n’arrivent.
          Bonne journée

    6. Justine
      27 octobre 2018 / 8 h 57 min

      Coucou,

      Article très intéressant pour moi qui deviendra maman dans +- 2 mois et demi 🙂 !

      Je voulais savoir, quels coquillages d’allaitement as-tu utilisés ? Merci d’avance pour ta réponse,

      Beau week-end!

      • admin
        Auteur
        29 octobre 2018 / 11 h 30 min

        Trop chouette tu vas voir c’est une sacrée expérience, intense mais merveilleuse 😉
        J’ai utilisé ceux de « la cigogne française » ! Une petite créatrice au top!
        Belle journée à toi

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