• Un Seul bon conseil

    C’est vendredi, une semaine de plus s’est écoulée, une semaine avec son lot de joies, de difficultés et d’apprentissage de ma nouvelle vie de Maman.

    L’autre jour en story je vous ai confié avoir besoin de prendre du temps pour moi, je vous ai subtilement parlé de mon « mood » des derniers temps, de mon besoin de me reposer.

    Et je me suis dis qu’une fois de plus, d’autres jeunes mamans étaient certainement dans le même cas, que je pourrais en parler ici et donner mes astuces, parler de ce que je vis actuellement et comment je vis et vois les choses, ce que j’imagine pour les prochaines semaines, pour les prochains mois. Après tout ce blog est fait pour cela et j’ai toujours souhaité qu’à travers mes articles d’autres puissent se retrouver, trouver peut-être aussi des réponses, du soutien ou juste en apprendre un peu plus sur ce rôle si complexe mais si incroyable d’être Maman.

    Pour vous parler brièvement de moi, de ma vie en tant que jeune Maman et de mon état d’esprit actuel, il se trouve que depuis 3 semaines environ je sens un épuisement total, déroutant et surtout extrêmement difficile à gérer s’installer en moi. Depuis la naissance de notre amour de Chloé, je ne cesse de repousser mes limites, de tenir bon pour elle et nous 3 et de garder la tête haute quoi qu’il arrive, de tout faire pour que notre nouvelle vie soit la plus agréable et douce possible. Bien sûr, sur Instagram je vous confie nos petits soucis, nos galères (coliques, RGO, sommeil, dents, …) mais je garde le sourire et je montre le plus souvent un visage courageux et tenace. Pourquoi ? Déjà car c’est mon tempérament de ne pas vouloir abandonner ni faire plate figure, mais aussi car je n’ai aucunement envie d’envahir mon feed et votre actualité à vous avec des pensées négatives et des plaintes à tout bout de champs. Je n’apprécie moi -même pas ce genre d’attitude sur les réseaux alors je n’en vais pas vous l’imposer. Et puis mine de rien je vous avais déjà assez saoulées avec tous ces petits maux! Mais aujourd’hui je choisis de m’exprimer ici, un peu plus en profondeur, pour ceux qui prennent de mes nouvelles et qui se demandent ce que je vis, ce que je ressens vraiment, et pourquoi j’ai pris un peu de recul.

    Clairement et en quelques mots : j’ai poussé le bouchon beaucoup trop loin (coucou Maurice!) et aujourd’hui j’en paie les conséquences. J’ai attendu trop longtemps avant de venir chercher et demander de l’aide, j’ai attendu trop longtemps avant de dire stop là j’en peux plus il me faut du relai. Je n’ai pas osé déranger, appeler, avouer que j’étais sous l’eau. Car j’ai pensé qu’en tant que Maman, je me devais de tenir bon et de ne pas flancher, surtout ne jamais craquer ni abandonner, que je devais être exemplaire et forte. j’ai pensé que d’autres l’avaient fait avant moi, donc je devais moi aussi être à la hauteur de ces Supers Mamans qui gèrent et ne se plaignent jamais. J’ai pensé que ça passerait aussi, que je finirais par trouver une solution, seule et sans devoir mobiliser/embêter nos proches. Et puis dans mon coeur de Maman je ne voulais pas non plus me « débarrasser » de Chloé ou lui faire du mal en la confiant. Elle était mon choix, ma fille et je n’avais pas le droit de baisser les bras.

    Alors j’ai continué de m’épuiser malgré le faite que je voyais mes forces diminuer largement, j’ai essayé d’aller jusqu’au bout de ce que je pouvais donner pour elle. Mais avec la fatigue, l’épuisement et Chloé qui refusait de dormir (je comprends aujourd’hui pourquoi ...) les crises de nerfs et les craquages se sont multipliés, les larmes coulaient trop souvent, je suppliais mon mari de rentrer m’aider, .. bref sans rentrer dans les détails de ma vie j’étais à bout, au bout du rouleau comme on dit! Et Chloé qui sentait sans aucun doute ce trop plein et ce vide à la fois, et selon moi c’est la raison de son absence de sommeil des derniers temps, de ses petits maux de bidou depuis le début aussi je pense. Car finalement le bébé éponge dont on parle souvent, c’est encore plus profond que cela. Une maman qui se donne à fond, qui va au bout de se s limites voire au delà, en s’oubliant, c’est un bébé qui n’ira pas bien. Et ma Chloé elle aussi s’est donnée à fond, en oubliant qu’elle est un petit bébé qui doit dormir pour se sentir bien.

    Je ne vais pas rentrer dans les détails, car beaucoup d’émotions et de ressentis m’appartiennent, mais en bref, c’est un épuisement total que j’ai vécu. Une sorte de Burnout même. Il bien est connu le Burnout de la maman qui tente par tous les moyens d’assurer au maximum de sa chair, de son être, j’ai lu plein de choses à ce sujet sur internet, mais on en parle pourtant si peu. Et c’est si violent pour une maman qui voulait bien faire et qui jamais n’a voulu baisser les bras. Mais c’est ainsi et j’ai dû accepter que mes limites étaient là, que je les avais dépassées depuis trop longtemps. 

    Je tente actuellement de récupérer un peu de forces à Dijon dans ma famille et cela me fait du bien même si cela prendra du temps car je suis vraiment KO. Et donc pour en venir à la décision du jour, j’ai pris le parti de mettre fin à mon allaitement en venant ici, aidée de ma maman. Décision mûrement réfléchie, raisonnable et qui, même si elle me broie le coeur car c’est une aventure indescriptible avec mon bébé qui se termine, me soulage et me donne de l’espoir pour les prochaines semaines. J’ai besoin de retrouver ma forme, ma santé physique et mon moral. Et Chloé a besoin avant tout d’une Maman qui tient debout ! J’ai trop attendu avant de demander de l’aide et du soutien mais c’est une leçon d’humilité pour moi aujourd’hui et j’en ressortirai grandie et mûrie. Cette maternité ne cesse finalement de me faire avancer dans ma vie intérieure …

    Pourquoi je vous confie tout cela sans trop de pudeur ? Pas pour me plaindre, oh que non je n’en ai pas la légitimité. Ma fille va bien, j’ai un toit, un mari qui m’aime, de l’argent pour manger, une famille, la chance de fêter Noël, de recevoir et d’offrir des cadeaux, de manger à ma faim de bonnes choses, …. Non si j’écris tout cela c’est parce que nous sommes finalement nombreuses à vivre cet épuisement, cette charge mentale, ce Burnout maternel même, et ce sans s’en rendre compte, sans trouver cela anormal, sans oser appeler au secours et se sentir en droit de demander de l’aide. Comme si être maman et souffrir d’un épuisement était quelque chose de normal, d’acceptable et d’anodin. Mais pas du tout !! Je refuse de dire qu’être maman c’est obligatoirement endosser la souffrance d’un trop plein, d’une absence de reconnaissance et pour supporter une situation de détresse et de panique sans avoir le droit de se plaindre ou de demander à être soulagée. Non ! 

    Alors finalement, tout cela pour vous dire que je n’ai pas cette astuce miracle, je n’ai pas LE bon conseil ou LA solution que moi même j’attendais.
    « Attends tu nous vendais du rêve dans le titre de ton article, t’abuses là !! ».
    C’est vrai, car j’avais en tête et dans le coeur l’envie de vous donner plein d’astuces et de bons conseils à la base. Mais finalement, et avec ce que je vis/ressens, je me rends compte qu’être maman c’est certes dur, épuisant, c’est aller au delà de ses propres limites et de ses faiblesses, c’est ne plus en pouvoir et se demander pourquoi et comment faire,  mais avant tout cela doit être du bonheur, de l’amour en barre, une aventure heureuse et extraordinaire. Et pour cela il est vraiment primordial, essentiel, nécessaire, tout ce que vous voulez en faite, de s’écouter et de ne pas se mener à bout jusqu’à n’en plus pouvoir. N’attendez pas le point de non retour, le trop plein, l’état d’épuisement.
    On prend conscience, en devant maman, qu’on est capable de surmonter une fatigue extrême, des cris insupportables et qui nous broient le coeur, nous rendent folles, on se rend compte qu’on peut gérer dix choses à la fois et tenir une journée entière à bercer et calmer son bébé, qu’on est capable d’endosser une fatigue venue d’une autre planète, de sourire devant son bébé alors qu’on pleurait à chaudes larmes 5 minutes avant. Mais on apprend aussi à passer en deuxième, à privilégier un être tout nouveau dans notre vie, à ne se plus se faire plaisir et ne plus pouvoir décider de sa vie comme on le faisait avant. Un chamboulement immense finalement cette arrivée, et parfois on ne sait pas trop s’y prendre. On pense faire de notre mieux en donnant tout mais on s’y perd, on perd notre véritable objectif, qui est finalement celui de rendre heureux notre enfant et de le faire grandir dans un environnement sain et paisible.

    Etre maman c’est une perte totale de contrôle. Et moi cette perte de contrôle et ce devoir d’assurer jours et nuits depuis 4 mois sans jamais de véritable relai ont eu raison de ma santé. Alors aujourd’hui c’est pour cela que j’ai pris cette décision de plein grès d’interrompre l’allaitement :  pour me requinquer, reprendre du poil de la bête, pour que mon bébé puisse se nourrir convenablement, pour que je puisse parfois déléguer et donner le relai, pour que l’on soit heureuse de se retrouver, épanouie et détendue l’une comme l’autre.
    Cette décision c’est mon coeur qui me l’a dictée. 

    Donc si j’ai un seul bon conseil à vous donner c’est finalement d’accepter que nous ne pouvons pas être des mamans parfaites. La maman parfaite qui assure sur tous les fronts et qui ne craque pas, qui ne pleure pas de fatigue et de ras le bol, la maman qui ne doute pas, qui ne culpabilise pas de laisser bébé pleurer 5 minutes, qui ne se remet pas en question, la maman qui fait tout sans broncher, qui accepte de ne plus prendre soin d’elle et qui dit apprécier, cette maman n’existe pas. Mon conseil c’est d’être toujours tolérante envers vous même, de ne pas exiger l’impossible ni la perfection, c’est d’être bienveillante envers vous même et votre nouveau rôle de maman. Ce qui marchera pour l’une ne marchera peut-être pas pour l’autre, tout comme pour les bébés.
    Quoiqu’il arrive vous faites de votre mieux, et c’est bien cette manière de faire qui est la meilleure, croyez moi. On en reçoit des bonnes astuces justement, des conseils avisés de l’entourage. Mais avant tout faites vous confiance et écoutez votre coeur de Maman, c’est celui qui parle le mieux.

    Maman qui allaite ou non,
    Maman qui résiste à la fatigue ou Maman qui craque,
    Maman qui pleure ou Maman qui tient le coup,
    Maman qui perd des forces ou Maman qui prend du poids,
    Maman qui ose demander de l’aide ou Maman qui veut s’en sortir seule,
    Maman qui prend du temps pour elle ou Maman qui se consacre à son bébé jour et nuit,

    Nous sommes toutes uniques et nous avons donc toutes des conseils qui nous sont propres, qui sont bons pour nous et à prendre, des solutions qui nous conviennent personnellement et ces astuces qui marcheront. Il « suffit » de se connaitre, de s’écouter et de comprendre quelle maman nous sommes, quelle maman nous voulons être et ce à quoi nous sommes donc sensibles.

    J’ai compris un peu tard que j’avais besoin d’être épaulée, aidée, soutenue, que l’allaitement c’était bien mais un temps et que pour tenir il me fallait trouver des relais et passer au biberon.
    Mais aujourd’hui je me suis enfin écoutée et comprise alors je suis heureuse et je ne culpabilise pas des décisions que je prends.
    C’était mon mot du jour, mon mood du moment. J’avais envie de passer ce message que chaque maternité est différente et que le plus important, pour vous et pour votre bébé, c’est de se respecter et d’être à l’écoute de nos envies.

    Sur ce je file donner un biberon à ma puce, le coeur rempli de joie et de soulagement. Quel bonheur si vous saviez !
    Belle soirée à vous toutes,

    Romane

    Partager:

    6 Commentaires

    1. Sarah
      14 décembre 2018 / 21 h 14 min

      Bonsoir j’ai vécu un épuisement maternel Jusqu a la dépression en effet il faut se protéger pour soi et son bebe. Plein de courage !

    2. Lola
      14 décembre 2018 / 21 h 19 min

      Vous avez bien raison vous allez ENFIN profiter de votre fille et de votre vie de maman … on culpabilise beaucoup les femmes pour qu’elles allaitent mais je reste persuadée que c’est très voire trop dur pour la femme et que ça a un retentissement trop lourd sur le bébé
      Mais ça n’est que mon avis

    3. 14 décembre 2018 / 23 h 44 min

      Très bel article, c’est très courageux de ta part de confier tout ça ! Etre maman est le plus beau cadeau qui soit certes, mais c’est aussi l’épreuve la plus difficile qu’on puisse traverser. Le plus important c’est de se sentir bien avec soi même et notre bébé ne pourra en tirer que des bénéfices ! Peu importe les théories, les principes qu’on peut nous rabâcher en permanence et qui nous font plus culpabiliser qu’autre chose… Il n’y a pas de mère modèle, chacune de nous est unique et chaque bébé est unique aussi, et c’est ça qui est magique dans la maternité ! Une sage femme de la maternite oú jai accouché m’avait très justement dit alors que j’étais en plein baby blues et donc avec des doutes plein la tête : « si vous vous posez la question c’est que vous êtes déjà une bonne mère, car les mauvaises mères ce sont celles qui ne se posent pas de question ! »
      En tout cas bon courage Romane et Chloé pour la suite 😊 chapeau d’avoir tenu l’allaitement jusque là déjà, moi j’ai dû arrêter au bout d’une semaine tellement c’était dur ! Mais je me sentais beaucoup plus mère en donnant le biberon à mon fils qu’en lui donnant le sein, comme quoi on n’est vraiment pas tous égaux (et heureusement !!!). Profite bien de ta famille et passe un joyeux Noël surtout 😉

    4. Célia
      15 décembre 2018 / 0 h 35 min

      Bientôt maman… tout ce tourbillon fait peur, mais merci à toi ! Merci d’avouer que tout n’est pas tout rose, facile et inné. Merci de nous prevenir, futures mamans, afin qu’on puisse reconnaître des signes qu’on n’aurait peut être pas vus… merci à toi ! Et surtout bravo, car ça ne doit pas être évident d’avouer que parfois on n’est pas les plus fortes. Le principal étant que toi et ta puce soyez épanouies ! Repose toi bien, passe de belles fêtes ressourçantes et profite de ta merveille ❤️

    5. Tronel
      15 décembre 2018 / 6 h 35 min

      Je suis à la fois émue et soulagée de te lire. Émue car je sais par quoi tu passes, soulagée parce que tu as pris la bonne décision. Déçue aussi parce qu’on aurait pu en parler, si tu en avais eu envie, et que peut être cela n’aurait pas été si loin … on culpabilise beaucoup en tant que maman, on veut tout assumer, tout le temps, je crois que la clef c’est de comprendre que ce n’est pas possible. Ni pour toi ni pour personne ! Nos enfants ont besoin de nous, debout, le mieux possible, et pour ça tu as fait le bon choix :).
      Prends soin de toi, de votre cljp’e, de ta merveille et tu sais où me trouver si l’envie / le besoin 🙂

    6. Charlotte
      18 décembre 2018 / 19 h 23 min

      Merci pour ton article, je me sens beaucoup moins seule, mais encore faut il trouver le courage de demander de l’aide. D’admettre que l’on ne peux pas tous gerer, que notre corps a changer, que l’on passe au second plan maintenant (voir pour ma part la sensation de ne plus exister).

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *