• Mon histoire du sevrage de l’allaitement

    La semaine dernière vous avez suivi de loin mes aventures, et je vous ai confié avoir sevré notre Chloé lors de mon passage à Dijon. Alors je souhaitais écrire un article pour vous expliquer un peu en détail comment cela s’est fait, en combien de temps, pourquoi j’ai pris cette décisions, comment je le vis, … bref aider celles qui en ont peut-être bien besoin!


    N-B : mais avant cela je souhaitais dire un mot à propos de l’allaitement en général. Chacune fait comme elle l’entend, comme elle le ressent, l’allaitement est quelques chose de TRÈS personnel, alors aucun discours jugement  pro allaitement ou contre ne sera le bienvenu ici. Le respect et la bienveillance avant toute chose. J’ai eu des premiers retours de mamans choquées voire même violents vis à vis de ce sevrage. Sauf qu’il est mon choix, un choix réfléchi et totalement normal, et que je le vis à 200% en vérité avec moi-même. C’était un aparté que je referme 😉

    Pour remettre cet épisode dans son contexte et parce que peut-être toutes n’ont pas lu mon dernier article où je vous avouais être en épuisement total, j’ai décidé au dernier moment, mercredi avant-dernier, de partir à Dijon. J’avais besoin de voir ma maman, de me faire aider, d’être soulagée, rassurée et par dessus tout de reprendre des forces en étant entourée de mes plus proches. Car depuis sa naissance, on a finalement passé avec Chloé toutes nos journées ensemble, sans pause, sans journée off et avec pour seul relai le Papa le soir en rentrant du travail. Relai pas « total » car mon mari rentrait très fatigué du travail (il travaille dans le bâtiment donc très physique) et le soir était aussi le moment où Chloé demandait le plus le sein, seul moyen efficace pour l’apaiser alors. Il n’y pouvait rien, mais c’est vrai que je ne pouvais donc pas m’absenter plus d’une demi heure sinon c’était la panique à bord pour tous et source de stress. Donc voilà 4 mois que j’étais totalement dévouée à elle, sans jamais vraiment pouvoir disposer ou souffler, loin de ce que je m’imaginais avant d’accoucher. 

    Devant mon état d’épuisement et de détresse complète, Théo m’a vivement poussée à prendre l’air quelques jours et c’est ce que j’ai fais. Un matin j’ai débarqué avec Chloé chez ma Maman pour, à l’origine, me reposer et la lui confier par ci par là afin de souffler un peu.

    En arrivant à Dijon, ma Maman fut assez surprise de voir à quel point j’étais HS, affaiblie, avec quelques kilos en moins et combien je ne supportais plus cette situation de non répit : les pleurs, le manque de sieste et de sommeil, le mal-être de ma pitchounette, les soirées à devoir la soulager au sein, la fatigue, … Je l’aime par dessus tout ma fille et je donnerais tout pour elle mais là c’était trop dur, je n’y arrivais plus.
    En plus de ça, j’étais complètement paumée, angoissée et paniquée devant chaque situation où Chloé se mettait à pleurer. Je ne savais plus quoi faire, j’avais perdu toute maitrise et bon sens . Complètement dépitée la bonne dame. 
    Puis mercredi soir très tard,alors que j’avais passé une soirée plutôt chaotique chez ma meilleure amie où Chloé n’avait pas voulu dormir et se calmer, je suis rentrée en pleurs et encore un peu plus désemparée. Ma maman est venue me voir dans mon lit et m’a dit d’un ton des plus rassurants et encourageants :
    « Demain ma minette on passe au biberon, c’est plus possible de te voir dans cet état là et elle non plus, je pense qu’elle a très faim ».

    Car oui, j’ai beau recevoir des messages de maman pro allaitement me certifiant que mon lait ne peut pas être « pauvre » et non-nourrissant, moi j’en suis certaine : elle crevait la dalle! Au dernier RD chez la pédiatre, j’ai eu un petit avertissement sur son poids. Elle ne grossissait pas assez. En plus de cela, elle pleurait souvent (et avec du recul de faim j’en suis sure) et recommençait à se réveiller 2 à 3 fois par nuit, alors qu’elle était quasiment prête à faire ses nuits. Et pour couronner le tout, je ne vois pas comment une Maman qui ne tient plus debout et qui elle même n’a plus de forces peut continuer à produire un lait riche et rassasiant …. Mais c’est mon avis et je resterai dessus malgré tout. 

    Le lendemain matin, après une nuit bien pourrie et un énième réveil parée d’une tête à faire peur aux morts, ma Maman s’est empressée d’aller acheter 2 biberons, de l’eau en bouteille et une boite de lait en poudre. On était bel et bien décidées, bel et bien motivées.J’avais néanmoins le coeur serré, car même si je pensais déjà depuis longtemps à cette décision, sans parvenir à trouver les forces nécessaires pour l’exécuter seule, je savais que j’allais devoir passer par des moments difficiles et éprouvants pour la sevrer. Je savais aussi que c’était la fin d’une aventure extraordinaire, en fusion totale avec ma fille, la seule que j’avais connue depuis sa naissance. Mais cela signifiait aussi prendre un nouveau chemin pour notre petite famille, le commencement de quelque chose de peut-être plus détendu, plus apaisant pour moi et pour elle aussi forcément. C’était le tourbillon d’émotion quand j’ai compris qu’on était au seuil de ce passage, de cette transition importante et pleine de sens.

    Ma maman m’a alors gentiment demandé, conseillé, avec tout l’amour qu’elle me porte de quitter l’appartement. Qu’il serait préférable que j’aille me balader et que je la laisse faire dans un premier temps, que Chloé ne sente pas ma présence et mon lait. Je savais qu’elle avait raison, mais ce fut très dur de partir de chez elle, même pour quelques heures, et de savoir que ma fille allait forcément passer un moment dur, sans qu’elle comprenne vraiment ce qu’il se passait et sans ma présence pour la rassurer. Je lui ai chuchoté que je l’aimais quoi qu’il arrive et que ce n’était pas pour lui faire du mal mais justement pour faire avancer notre famille, pour que sa maman aille mieux, qu’on soit plus heureux tous. Je l’ai embrassé et je suis partie pendant 4 heures. Je ne l’avais jamais quittée si longtemps …!

    On avait déjà fait des essais biberon avec Théo depuis déjà bien 2 mois, jamais concluant. Elle refusait catégoriquement, s’énervait, tournait la tête en refus, pleurait, se tordait dans tous les sens. A chaque fois je capitulais, a chaque fois c’était un échec car je n’osais pas insister et me « battre » avec elle. Alors on tentait de nouveaux biberons, de nouvelles façons de faire, avec le papa, la belle-mère, quand elle avait faim, pas faim, …. On désespérait un peu à vrai dire, même si on se doutait bien qu’elle ne prendrait pas le sein jusqu’à ses 18 ans!.

    Je suis donc partie m’aérer l’esprit durant 4 heures, en demandant régulièrement des nouvelles. J’avais espoir de recevoir un SMS où j’aurais pu lire « ça y est elle a tout bu ». Mais non, ma maman me faisait part avec douceur et tact que ce n’était pas encore gagné, qu’elle s’était endormie après de longs pleurs et après avoir résisté. J’ai ressenti beaucoup de choses, d’émotions nouvelles pendant cette première journée où Chloé à refusé une fois de plus le biberon et où je me suis fait violence pour ne pas craquer et lui donner le sein. Découragement, tristesse d’avoir l’impression de faire du mal à ma fille, peur qu’elle pense que je la rejette, fatigue énorme, …. Mais je n’ai pas perdu espoir et surtout je n’ai jamais culpabilisé. Beaucoup d’entre vous m’ont d’ailleurs demandé si j’avais porté cette culpabilité de mettre fin à mon allaitement mais non. Pas une seule seconde car je savais que ce choix que je faisais était celui qui nous permettrait à tous les 3 d’aller mieux, je savais où je souhaitais aller avec ce sevrage. Pouvoir reprendre de poil de la bête et prendre du temps pour moi, pour Chloé être rassasiée et plus apaisée et pour Théo nous voir mieux, pouvoir m’aider, me soulager et plus profiter de sa fille. Alors oui j’ai eu peur de l’échec du sevrage, peur que ça ne se déroule pas si paisiblement que je le désirais mais jamais je n’ai eu honte ou de regrets. A aucun moment! 

    En rentrant après ces 4 heures de « pause » je redoutais les retrouvailles. Allait-elle me bouder, me rejeter, m’ignorer de l’avoir laissée sans la nourrir ? Je l’ai regardée dans les bras de ma maman, elle ne m’avait pas vue rentrer, et là son visage s’est illuminé en m’apercevant. Elle m’a décroché le plus beau sourire de sa petite vie et quand je l’ai enfin prise dans mes bras elle m’a embrassée, oui oui embrassé, pendant un long temps. On en revenait pas, j’étais tellement émue de ces retrouvailles si intenses, elle voulait vraiment me dire :
    « Maman tu m’as manquée, je t’aime je t’aime je t’aime regarde, je ne te lâche plus« .
    Puis de toute l’après midi elle n’a pas voulu reboire au biberon, mais cependant je ne souhaitais pas craquer et lui donner le sein. Je ne me sentais absolument pas de lui redonner pour me re-« battre » ensuite. Dans ma tête c’était tout ou rien, si j’entamais réellement ce sevrage c’était pour de bon et totalement. Mais je n’ai pas non plus brutalisé la chose ni insisté plus que cela. Je ne lui ai pas enfoncé le biberon dans la bouche en la forçant comme j’ai déjà vu quelqu’un le faire. Mon Dieu non ! Déjà que l’absence de mon sein devait être assez violente pour elle, alors je ne voulais pas la traumatiser non plus. Douceur et tendresse avant tout.

    Alors on est partie se balader, on a joué, elle a dormi à nouveau, …

    mais pas de biberon.

    Le soir et la nuit qui ont suivis je l’ai allaitée, pour ne pas qu’elle s’affaiblisse trop et puis parce que j’avais la poitrine à la limite de l’engorgement et qu’il fallait que je « purge » la machine pour éviter la mastite. Et sans tire-lait c’était compliqué, pas d’autres choix que de la faire téter encore un peu.
    Chloé a tété une dernière merveilleuse fois le vendredi matin. Au fond de moi je savais que c’était la dernière tétée, notre dernière fois de cet allaitement si fort. Alors j’ai pleuré quelque minutes, de savoir que ce calvaire des dernières semaines allait pouvoir peut-être prendre fin mais aussi parce que c’était la dernière fois d’une expérience inoubliable avec elle. J’ai repensé à tout ce qu’il y avait eu de positif au long de ces 4 mois d’allaitement pour me redonner du courage et de la confiance en moi, en ce sevrage. J’ai repensé à cette première tétée après sa naissance, ce moment si magique et unique, à ses premiers jours où tout se déroulaient tellement bien, à ses mimiques, ses sourires après les shoots de lait, à sa petite main posée sur mon sein, à ses nombreuses heures passées l’une contre l’autre dans la quiétude de la nuit, à cette fusion, cette chance d’avoir pu la nourrir si longtemps, … Cet allaitement aura été certes épuisant et éprouvant sur la fin, mais oh combien magnifique également. Je ne regrette RIEN. 

    Ce matin là j’ai dû rester seule avec elle car ma maman devait impérativement aller travailler 2 heures. J’avais peur de me retrouver à nouveau seule avec elle comme ces dernières semaines, peur de perdre le contrôle et de ne plus savoir quoi faire mais je me suis mise en tête que pour elle et au nom de l’amour que je lui porte je devais rester forte encore un petit peu avant de pouvoir souffler. J’ai vraiment tenu à rester détendue, sereine et apaisée pour elle et pour que cette transition déjà intense se fasse en douceur. Ce matin là encore, elle a refusé le biberon alors je n’ai pas insisté plus, puis elle s’est endormie sans avoir lutté très longtemps. Parce que j’étais un peu triste de la voir comme ça, de na pas lui donner ce qu’elle attendait à ce moment là, je l’ai gardée auprès de moi et j’ai travaillé sur le Blog.
    L’ambiance était calme et paisible malgré tout ce tumulte. 

    A midi, quand ma maman est rentrée, Chloé a bu 20 ml, pas plus elle refusait encore. Même ma maman n’y parvenait pas, malgré sa douceur et son calme incroyable. Ce n’était toujours pas grand chose mais suffisamment pour garder espoir et ne pas baisser les bras. J’avais peur qu’elle s’affame, qu’elle « meurt » de faim. Mais vraiment, sachez-le, votre bébé ne se laissera pas mourir de faim! Je me le suis répété encore et encore. On a beau en être persuadée, quand c’est NOTRE bébé qui est en cause c’est plus difficile de rester convaincue. Mais j’ai continué à me le redire, encore et encore pour ne pas capituler une fois de plus. Je l’ai plusieurs fois prise tout contre moi et serrée fort, en lui disant que je l’aimais, que je ne voulais que son bien. Que ce n’était pas parce que je décidais de mettre fin à l’allaitement que mon amour changerait. Je lui ai expliqué tout cela avec mes mots de maman.

    Dans l’après midi, alors qu’elle n’avait presque rien pris depuis la matin à 7heures, on a décidé d’aller se balader pour penser à autre chose avec ma maman. Il faisait très froid, très sec et je me disais aussi que l’air frais lui ferait du bien. Pas de panique je ne l’ai pas mise en body dans sa poussette ! Mais le simple faite de sortir, d’avoir sa bouille à l’air froid, de se promener dans les magasins, voir du monde, … tout cela lui ferait du bien j’en était sûre. Alors parée de mon porte bébé et de ma poupée emmitouflée dans sa combinaison pilote, nous voilà sorties toutes les 3 pour se changer les idées..

    Après une bonne heure de promenade et un bébé qui devenait grincheuse, nous sommes rentrées. J’étais étrangement requinquée, très décidée à ce moment là, l’air frais m’avait à moi aussi fait un bien fou. J’ai donc préparé un petit Biberon de 60ml, Chloé l’a refusé une première fois, alors j’ai pris mon rôle de parent (parent et non seulement maman à ce moment là) à coeur :
    « Chloé maintenant ça suffit. Tu es mon enfant, je suis ta maman et je sais ce qui est bon pour toi. Tu as résisté, j’ai compris, mais il est temps de comprendre que tu dois prendre et apprécier ce biberon. C’est comme ça, je suis désolée que tu sois triste et en colère mais j’ai décidé« .
    Tout cela sur un ton ferme et décidé. Pas violent, sans hausser le ton, au contraire je n’ai fais que lui mettre un cadre et lui montrer que sa maman était là, debout et sûre d’elle. Je vois déjà des mamans un peu surprises et choquée par mes propos. Si j’ai fais cela, si je décide parfois de la cadrer c’est parce que Chloé en a besoin, a besoin de voir qu’on est là, présents et confiant. Et je en peux qu’ajouter : ça a marché. Elle m’a regardé avec des grands yeux qui voulaient un peu dire
    « Ok maman, ok. Je crois que j’ai compris, si tu es sure de toi je te suis« .
    On s’est installée, elle était couchée sur moi, son dos contre mon ventre, je lui ai proposé une nouvelle fois le biberon. Elle l’a bu. Elle en a bu un deuxième, et la moitié d’un troisième. On s’est regardées avec ma maman les yeux plein de larmes et les coeurs remplis d’un soulagement immense.

    Je ne pourrais vous décrire exactement ce que j’ai ressenti à ce moment là, mais cela ressemblait vraiment à de la libération, à un « ouf » énorme, à une fierté aussi d’avoir réussi cette transition sans perdre les pédales ni renoncé. J’ai donné dans ce sevrage tout l’amour, le courage et la tendresse que j’ai pu, j’ai aussi gardé mon calme et ma place de maman et c’est aussi je pense ce qui a joué.

    Théo est arrivé le soir pour passer le week-end avec nous car je ne me sentais pas de repartir immédiatement chez moi, à nouveau un peu seule et isolée. On a passé une première nuit au biberon assez calme, avec un réveil seulement. Puis il y a eu un autre refus le lendemain matin, elle a du être surprise de ne pas pouvoir se mettre à mon sein au réveil je pense. Et je la comprend. Cela reste un changement énorme et brutal pour elle. Premier réveil de sa vie sans tétée. On a pas forcé on a attendu qu’elle ai un peu plus faim vers 9heures et c’est ma maman qui s’en est chargée pour qu’avec Théo nous puissions profiter et souffler le temps de 2 heures.

    Le sevrage était fait ce vendredi 14 décembre, Chloé avait pigé et accepté le biberon. On aura mis deux jours pour faire ce passage et finalement je me considère chanceuse car elle n’a pas tant pleuré ni souffert que cela. Elle refusait, était en colère et certainement un peu frustrée lorsqu’on lui proposait le biberon mais elle retrouvait rapidement le sourire et continuait malgré tout sa petite vie de bébé qui bouge sans arrêt et qui nous fait bien rire. Car on aura passé avec ma maman deux jours en compagnie d’un bébé plus souriant que jamais malgré le sevrage.Le faite d’avoir un soutien solide, ma maman, a certainement permis à Chloé de se sentir mieux car j’étais mieux et donc de faire un sevrage doux et serein.

    J’ai donc dû moi aussi réapprendre à faire avec elle, retrouver de nouveaux repères, de nouvelles façons de la soulager, de la calmer. Quand on passe du sein au biberon, on ne change pas seulement un mode d’alimentation ! Non tout change ou presque. avant avec le sein je pouvais : la nourrir, la soulager, l’endormir, la calmer, … Le biberon ne fait pas tout ça, ho que non! Alors j’apprends à écouter ses besoins, à lui transmettre autrement le calme et la sécurité. Ce sont des journées nouvelles, un quotidien tout neuf, et je l’adore !! Le passage au biberon nous a imposé un nouveau quotidien que je préfère vraiment.

    Vos questions 

    Je souhaitais vous parler aussi de tout ce qui est matériel et autres moyen employés pour sevrer notre Chloé. J’ai eu énormément de questions à ce sujet là, ce qui est d’ailleurs bien normal.
    Avant de réussir ce sevrage, on avait essayé toutes sortes de biberon/tétines, pensant vraiment qu’une d’entre elles serait miraculeuse et permettrait le sevrage ou tout du moins qu’elle accepte le biberon. En faite je crois que c’est un peu plus complexe. Tant que votre bébé n’aura pas décidé de le prendre, tant que VOUS n’aurez pas décidé qu’il le prenne, vous pourrez tester toutes les tétines du monde aucune ne fera l’affaire. Selon moi!
    Ce qui est important c’est d’être vraiment décidée et au claire avec votre choix. De faire comprendre et transmettre à votre enfant votre choix, que vous êtes confiante, sûre de vous et d’être persuadée que ce que vous faites est bon pour lui. Il faudra pour certains bébés comme Chloé se « bagarrer » un petit peu. C’est une sorte de discussion, de négociation avec bébé, où vous devez gagner, prendre le dessus tout en douceur si vous souhaitez vraiment sevrer votre bébé. « C’est facile à dire » je le sais bien, j’ai moi même haïs les mamans qui disaient que ça finirait par marcher. Mais c’est bien vrai, votre bébé finira par comprendre qu’il n’est pas en danger avec ce biberon et que vous voulez son bien uniquement.

    Biberon, lait, eau, quantités, fréquences…

    C’est maman qui a choisi un peu au hasard les biberons. Je lui avais juste dis de regarder les tétines les plus souples. Et ce sont des Dodie trouvés en pharmacie qui ont fait l’affaire. J’aime en plus tout particulièrement cette marque alors j’étais ravie que ma Maman opte pour ceux-là. Pour le lait elle a choisi, après conseil, un lait Relai Novalac® pour faire la transition sein/biberon.
    Aussi je sais que certains bébé ont du mal à passer non pas du sein au biberon mais du lait maternel au lait artificiel. Nous c’était vraiment le passage « tétine » qui fut hard, une fois le sevrage fait et le biberon accepté, le lait artificiel ne l’a pas du tout dérangé. Nous sommes plutôt chanceux sur ce point pour le moment.
    Pour l’eau, tout simplement une eau Monoprix toute basique, je pense que par la suite j’opterai pour la cristalline.

    Résultat ? Tout cela semble parfaitement lui convenir. A priori aucun maux de ventre et pas plus de vomis que cela (des petits trop pleins parfois).
    Pour ce qui est de la quantité, on a juste regardé avec ma maman les doses recommandées sur le pot de lait, pour l’âge et le poids de Chloé, et nous avons donc instauré 4 biberons de 180ml par jour (Chloé reste un modèle crevette de 5,5kilos et 61cm) et un petit de 60 ou 90 le soir avant de se coucher. Et elle les boit très bien, parfois en en laissant 15 ou 30ml alors on s’adapte pour le bib suivant. Il arrive aussi qu’après un gros dodo elle demande plus, on lui redonne sans se poser de questions finalement et inversement.

    Voici le rythme qu’on lui propose et on s’y tient plutôt pas trop mal :
    -7heures
    -10heures
    -13heure 30
    -17heures
    -19h30 un petit dernier été au dodo à 20heures

    Lactation, tire-lait, engorgements, …

    Nombreuses d’entre vous m’ont demandé aussi comment ça s’était passé au niveau de ma poitrine. Il ne fait pas se le cacher, ce n’est pas très agréable. Inconfortable, mais sans plus, ce n’est pas non plus atroce. C’est je dirais semblable aux montées de lait à la maternité. La poitrine est très dure, remplie de lait et difficile à vider car justement trop pleine. Je ne l’ai pas vidée trop souvent pour éviter de stimuler la lactation, et à la main les premières 48heures car j’étais venue à Dijon sans mon attirails de vache à lait. Autant dire qu’à la main c’est pas évident! Puis pendant 2/3 jours j’ai tiré mon lait une fois toutes les 12 heures environ.

    Ca a vraiment diminué progressivement, avec un sein qui a pendant 3 jours fait 3 fois la taille de l’autre. C’est très progressif et rapide à la fois ! Une semaine après je n’ai plus de lait, des petites fuites/sorties de liquide transparent mais vraiment légères. C’est fou comme la nature fait bien les choses! 

    Avant il existait des traitements pour stopper la lactation mais ils sont aujourd’hui interdits car des effets secondaires neurologiques ont été constatés. Donc mamans allaitantes ou non, il faudra souffrir un peu 😉 !

    Quelques petites astuces néanmoins pour soulager la congestion :

    • Masser la poitrine sous une douche bien chaude. Plus facile avec l’eau chaude pour vider le lait.
    • Appliquer des compresses mouillées et mises quelques minutes au congélateur sur chaque sein.
    • Mettre des … feuilles de chou, sur la poitrine ! Oui oui, le chou a des vertus pour la congestion 🙂
    • Tirer son lait bien sur …! Plus les seins seront vidés et moins la congestion sera importante.

    Pourquoi ne pas avoir fait un allaitement mixte ? Pourquoi ne pas lui avoir donné ton lait plutôt que du lait artificiel ?

    Tout simplement car je ne me sentais pas de jongler entre le biberon et le sein d’une part, et d’autre part car je ne ressentais plus réellement l’envie d’allaiter. J’ai vécu un superbe allaitement, j’ai adoré pouvoir nourrir ma Chloé et vivre cette expérience naturelle incroyable, mais voilà j’en venais à bout et n’avais plus ce même désir.

    Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui je vis très très bien le faite qu’elle soit au biberon, c’est même à chaque fois un instant de bonheur presque plus fort qu’à la fin de mon allaitement. Lors des biberon j’ai sa tête sous la mienne et je passe mon temps à l’embrasser, ses petites mains attrapent les miennes, elle me regarde par dessus sa tête, un vrai moment de complicité. Différent mais très fort et surtout très détendu.
    Je ne suis pas nostalgique du tout, juste heureuse et reconnaissante d’avoir déjà eu le bonheur d’allaiter 4 mois (déjà pas mal)! Tout comme ma grossesse, je l’ai adorée et elle aura été parfaite mais je ne suis pas nostalgique. Chaque chose en son temps 😉

    Donc dans la même optique, je n’ai pas tiré mon lait pour lui donner en biberon car pour moi il n’était plus assez riche et nourrissant d’une part (quoi qu’on en dise) et aussi parce que ce sevrage je le voulais complet et définitif, je ne voulais pas avoir à jongler. Mon souhait était de passer complètement à autre chose. Et j’admire réellement celle qui trouve la motivation et le temps de tirer leur lait tout le temps.

    L’une d’entre vous m’a demandé si je comptais faire faire un bijoux lacté en souvenir de mon allaitement. Alors déjà c’est une découverte je ne connaissais pas du tout donc merci 🙂 Mais non je ne souhaite pas « matérialiser » cette étape de ma vie. Je garde mon allaitement en tête et dans mon coeur, j’ai quelques photos délicates et cela me suffit amplement. Tout est ancré en moi, c’est l’essentiel à mes yeux.

    Et Chloé dans tout ça ? 

    Chloé semble finalement très bien vivre ce passage au biberon. Cela fut dur les deux premiers jours, pendant le sevrage, et le matin du troisième jour où elle a été un peu surprise qu’il n’y ai plus de tétées au réveil. Mais depuis vraiment aucun soucis! Je dirais même que ce passage au biberon l’a rendue encore plus épanouie. Je pense que le faite de ne plus être collée à moi pour les tétées, s’endormir, se calmer lui ont fait du bien. Certes un bébé aussi petit a encore beaucoup besoin de sa maman et pour tout, mais pas d’une maman mal et agacée, tendue. Car mine de rien, j’étais tellement épuisée et à bout de forces que l’allaiter me rendait sur la fin irritable, tendue et même angoissée.

    A partir du jour où Chloé a pris le biberon et été bien rassasiée, nous avons eu un nouveau bébé. Je ne l’ai jamais vu si souriante, rigolote, pétillante. Elle a grandit d’un coup même. Elle ne pleure plus sans cesse, elle se frotte les yeux quand elle a sommeil (on a aussi mis en place une routine de sommeil dont je vous parlerai bientôt), s’endort le ventre plein, détendue et plus facilement. C’est un vrai bébé bonheur. Elle reste Chloé, avec son petit caractère bien trempé et son énergie débordante, mais bien plus détendue et apaisée qu’avant. Je revis oui et je n’ai pas peur de dire que c’est grâce en grande partie à la fin de mon allaitement ! 

    En revanche un bébé allaité est souvent synonyme d’endormissement au sein, et c’est pour cela que je redoutais l’arrivée du Dodo sans ce sein. Comment allions nous pouvoir l’endormir à présent ? Depuis sa naissance elle avait du s’endormir tout au plus 3 fois sans le sein, … Alors nous avons opté pour une méthode que nous appliquons encore aujourd’hui qui est déjà de la calmer en la berçant dans un couffin très léger en accompagnant de bruits blancs. Certes c’est loin d’être très naturel ni pratique, mais pour le moment nous préférons gérer une chose à la fois. Nous sommes en train d’étudier un mode d’accompagnement au sommeil très sécurisant et plein de bon sens. 

    Puis vient son rapport à moi. Chloé n’a plus jamais cherché le sein et cela m’épate. Comme si elle avait compris que ce n’était plus d’actualité. Alors non je ne pense pas qu’elle soit traumatisée ou frustrée, je pense juste qu’elle a très bien compris la situation. Nous n’avons certes plus ces tétées de confort comme on les appelaient mais en revanche je compense en câlins à côté et en moments forts avec elle. Cela n’a rien enlevé en quantité de tendresse et d’amour, au contraire même ! Je passe d’avantage de supers moments avec elle tant elle est mieux qu’avant.

    Quel état d’esprit adopter 

    Enfin je voudrais terminer cet article sur une touche état d’esprit qui est finalement primordiale pour aborder le sevrage de la meilleure manière qui soit, pour que tout se passe sereinement pour vous et votre bébé.

    Pour ma part c’est certain que j’étais épuisée et à bout de nerfs, mais en revanche j’ai su changer mon attitude lors du deuxième jours en comprenant que si moi j’étais bien, elle me ferait confiance et arriverait à prendre le biberon. Alors je me suis reprise, j’ai pensé très fort en moi aux raisons qui me poussaient à stopper l’allaitement et je me suis mise en mode : « maman sûre d’elle« . Pas juste en mode en faite, j’étais à ce moment là sûre de moi et très confiante et ça a joué c’est certain.

    Si vous pouvez également vous faire aider par quelqu’un de confiance je vous le recommande. Parce qu’un sevrage reste tout de même un moment fort, éprouvant, déstabilisant et pas forcément facile à passer. Pour moi, ma Maman était la seule personne apte à m’accompagner et elle l’a fait avec une confiance et un réconfort incroyable. Un soeur, une maman, une amie, … demandez si besoin a quelqu’un qui est bien dans ses pompes et qui connait quelque chose à la maternité. Pas forcément quelqu’un qui donnera le biberon, car comme vous l’avez lu c’est bien moi qui ai donné son premier vrai biberon à Chloé. Dons la règle comme quoi « ce doit être quelqu’un d’autre qui donne le premier biberon » ne se vérifie pas avec moi. Elle a même eu du mal à ne pas le prendre avec quelqu’un d’autres que moi les premiers jours!
    Non, cette personne sera plus là pour vous motiver, pour prendre le recul que vous aurez du mal à prendre, pour prendre le relai si besoin, vous divertir, vous requinquer, …un vrai soutien, une épaule. 

    Enfin, restez tendres, aimantes, apaisée et surtout décidée. Tout cela à la fois ? Oui ! Tout cela votre bébé le ressentira et pourra se sentir à son tour en confiance et en sécurité. Si besoin allez faire un tour, allez boire un verre au milieu de ce sevrage, allez vider votre sac, pleurez un bon coup et reprenez vous, … Bref c’est intense mais une fois de plus c’est une bien belle école de vie.

    J’achève ici le récit du sevrage de mon allaitement, j’espère vraiment que j’aurais répondu à toutes vos questions comme vous l’attendiez.

    Encore merci pour tous vos messages, encouragements et votre positivité au quotidien! J’ai une chance immense d’avoir une telle communauté.

    Romane ♡

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    2 Commentaires

    1. Aude
      21 décembre 2018 / 21 h 03 min

      Les larmes aux yeux de lire cet article et de se retrouver dans ton histoire. Une petite fille « accrochée » à mon sein pendant des heures, manger debout en 2 minutes, avoir l’impression de l’abandonner un peu en lui donnant un biberon. Mais un jour, devant mon corps affaibli de 11 kilos, un bébé insatiable et un besoin pour toutes les deux de retrouver un équilibre, le sevrage s’est fait, rapidement pour que ce ne soit pas trop dur pour nous deux. Merci cet article est rassurant et réconfortant.

    2. Sarah-L
      23 décembre 2018 / 9 h 36 min

      Comme ton histoire me fait écho.

      Mon petit Simon a un peu plus de deux mois aujourd’hui, il a été longuement attendu, ce fut le parcours du combatant mais il en enfin là et a bouleversé notre vie. C’est tellement d’amour, c’est tellement fort…

      L’expérience de l’allaitement a été, pour moi aussi, synonyme de bonheur mais aussi d’épuisement.
      La mise en place de cet allaitement a été idyllique, j’ai été si bien encadrée par une équipe soignante bienveillante à la maternité.

      Au bout de deux semaines, d’une marraine décédée, de fatigue liée aux visites incessantes et à rallonge, de perte extrême de poids suite à une incapacité à me nourrir et à des vomissements (moi je somatise?!), je n’étais plus que l’ombre de moi même. Épuisée, vidée… je n’étais plus capable, mon corps me disait stop. Je tenais à peine debout, difficile d’allaiter un bébé lorsque notre corps et notre esprit est à bout.

      Cette situation a été difficile en encaisser. Mon conjoint et moi, après de longues heures de discution, de pleurs (pour moi) avons prit la décision d’introduire le biberon. Mon petit, lui, s’y est très bien accommodé et j’étais bouche bée. Le deuxième jour nous étions à deux biberons par 24h avec des tétées et mon petit Simon s’est mis à bouder le sein… Il tournait la tête à l’opposé de mon sein et j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’insiste et qu’il était prêt. Dès le troisième jour nous n’avions plus que des biberons. Je m’attendais à jongler avec mes seins mais j’ai eu la même attitude que la tienne et ça a très bien fonctionné, en douceur et sans douleurs.

      Je n’ai allaité mon enfant que deux semaines mais elles furent intenses et pleine d’amour. Je ne regrette rien mon corps et ma tête n’étant juste plus capables, je prenais des risques pour ma propre santé.
      Chaque histoire d’allaitement, de parentalité est différente et je ne pense pas que qui que ce soit fasse mal les choses tant qu’elles sont faites avec amour et bienveillance.

      Merci pour ton témoignage qui me rassure et me fait du bien. Nous sommes juste des Mamans et des Papas qui veulent le meilleur pour leur enfant. Le meilleur est bien différent pour chaque enfant, chaque famille, il n’y a pas de règles universelles. L’amour, l’amour, l’amour voilà ce qu’il leur faut.

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