• hypersensibilité : entre handicap et force

    « Je suis hypersensible »

    Cet aveu tellement anodin et pourtant parfois si compliqué à exprimer pour certains d’entre nous. Certains car oui, nous ne sommes -heureusement- pas tous hypersensibles. On a tendance depuis quelque années d’ailleurs à mettre un petit peu tout le monde dans cette case de l’hypersensibilité, comme s’il d’agissait un fléau ou une mode. On parle d’hypersensibilité à tout va alors qu’il s’agit belle et bien de quelque chose de très précis, de très net. Pas juste un détail.

    Un peu comme cette mode de la couleur « taupe » en fait, on y associe un peu tout et n’importe quoi!

    Il ne s’agit pourtant pas de penser qu’on est hypersensible parce qu’on pleure devant « Belle et Sébastien » ou parce qu’on est facilement touché, triste.
    Non, c’est un petit peu plus complexe en réalité : être hypersensible est un vécu au quotidien, dans toutes choses ou presque et contre lequel il est compliqué de lutter. L’hypersensibilité est un véritable tempérament, un trait de caractère impossible à renier, difficile de dissimuler et compliqué à conjuguer avec la vie de tout les jours, avec l’entourage. Ce n’est pas non plus une maladie ou un défaut, l’hypersensibilité c’est comme être blond ou brun, grand ou petit, gros ou maigre, on l’est ou on ne l’est pas il n’y a pas de juste milieu.

    L’hypersensibilité c’est un aspect de notre personne indéniable qui s’exprime de 3 manières différentes. On peut être hypersensible dans le monde sensoriel. On est alors plus sensible que la normale à la lumière, aux sons, aux odeurs, au toucher, … .  Tout est ressenti en mode amplifié, nos sens sont en permanence aux aguets et très développés.

    Je me souviens de vacances à la montagne, j’avais 3 ans et je répétais chaque jour avec insistance « mais ça pue! ». Personne ne me prenait au sérieux, on me demandait d’arrêter mon cirque. A la fin du séjour on a découvert un morceau de fromage coincé je ne sais plus trop où, personne ne l’avait senti sauf moi, et ça m’avait dérangé tout le séjour.  Aussi pendant des années il m’a été impossible de dormir s’il restait un moindre filet de lumière autour de moi. On pouvait me dire ce qu’on voulait, je ne pouvais pas, mon sens était « réveillé » et m’empêchait de dormir. 

    Ensuite il y a l’hypersensibilité émotionnelle, la plus connue et la plus « fréquente », qui induit que chacune de nos émotions sont décuplées et vécues à 10000%. C’est le cas de la personne qui prend à coeur toutes situations, qui souffre beaucoup du malheur des autres, qui ne sera pas juste triste, en colère, heureuse mais très triste, malheureuse, en furie, souffrante, …. L’hypersensible émotif vit chaque émotion comme une tornade, un trop plein, un tsunami. Une hypersensibilité qui peut vite être handicapante en société et dans la vie de tous les jours car l’émotion n’est plus juste vécue, elle est subi.

    Et l’hypersensible cérébral, qui ne cesse jamais -jamais, jamais- de penser, de réfléchir, de retourner chaque problème, remarque ou situation dans sa tête. On peut souvent associer une précocité à ce dernier aspect de l’hypersensibilité. C’est comme un moteur dans notre tête qui ne cesse jamais de fonctionner, même le soir, même la nuit, même lors de moment de calme et de repos. En fait, il n’y a jamais de repos! Certes il y a une sacrée capacité intellectuelle qui en découle, mais aussi une grande fatigue, l’envie d’appuyer sur un bouton off!

    La personne hypersensible est une personne qui ressent donc le monde extérieur et ses informations de manière bien plus intense qu’une personne non-hypersensible (et non « normale » ! Nous aussi hypersensibles sommes normaux 😉 ).
    En tant qu’hypersensible tout vous touche, tout vous atteint que ce soit en positif ou en négatif. 

    L’hypersensibilité, handicap ou force ? 

    Mais alors l’hypersensibilité est un vrai fardeau au quotidien ? Oui et non. Je voulais vraiment vous montrer qu’on peut apprendre à vivre avec ce trait de caractère et surtout en faire une force, un allié au quotidien. Car si cela constitue une grande difficulté et une souffrance dans la vie de tous les jours, l’hypersensibilité peut aussi s’avérer être un plus, un véritable trésor si elle est bien gérée et utilisée correctement.
    Cela demande du temps, de travail et beaucoup de maitrise de soi. 

    Mais avant cela, on peut clairement dire, oui, que l’hypersensibilité est un réel handicap. Se mettre à pleurer au boulot et sans raison valable, prendre trop à coeur une remarque faite et avoir les larmes qui montent aussitôt, souffrir en permanence à la place des autres, ne pas réussir à dormir à cause d’un réverbère allumé dans la rue, passer 90% de sa vie à cogiter plutôt qu’à agir, … Tout cela représente bel et bien un handicap dans la vie d’un hypersensible. Ca nous dérange, ça nous humilie, nous rend vulnérable face au monde, honteux et faible. On s’en veut également de ne pas réussir à contrôler nos larmes et nos émotions en public. On voudrait être plus fort, moins susceptible, moins différent aussi. C’est une souffrance énorme que l’on peut très mal vivre si on ne se penche pas dessus.

    Sauf ? Sauf si on décide de reconnaitre son hypersensibilité, de l’accepter et enfin de vouloir BIEN vivre avec.

    Etre hypersensible n’est pas seulement un défaut ou une faiblesse. Cela ne fait pas de vous une personne fragile au contraire ! C’est une fragilité OUI, mais montrer ses émotions est à l’inverse une preuve de courage. Nuance 😉 

    Cette différence ressentie dans le vécu de vos émotions et la manière de percevoir les choses ne doit pas vous rendre vulnérables, au contraire. Ne vous plaignez pas, ne blâmez pas cette hypersensibilité, cela ne changera rien. Elle est là, présente et à vivre. Pardonnez-lui de vous avoir fait souffrir jusqu’ici, promettez-lui de la laisser s’exprimer. Vous apitoyer sur vos incapacités et vos faiblesses vous empêcherait juste de faire briller le trésor de votre hypersensibilité 😉

    Mais comment ?

    Pour commencer, en portant sur soi un regard juste et aimant malgré votre perception des choses différente, puis en tentant de concevoir cette hypersensibilité comme quelque chose de positif, et non seulement comme quelque chose de négatif. Travaillez également pour vous détacher des regards et des jugements portés sur les personnes hypersensibles. Pleurer et exprimer ses émotions n’a rien d’honteux ou d’enfantin, c’est un moyen d’expression certes plus fort mais en rien mauvais ou moins bien que d’intérioriser ou ne rien ressentir. Des remarques humiliantes peuvent être faites et blessent ou fragilisent. Mais sachez que l’hypersensibilité avant d’être acceptée et bien perçue par les gens autour de vous, doit l’être par vous-même. Les autres, vos proches ou personnes qui vous côtoient, apprendront à vivre avec votre hypersensibilité si vous êtes vous -même à l’aise avec, soyez-en sûrs.

    DEDRAMATISEZ ! 

    Oui vous êtes hypersensible mais il n’y a rien de grave, rien de figé surtout. C’est une partie de vous qui s’apprivoise et qui se travaille chaque jour, en chaque situation. Vous n’êtes pas dans une impasse ou incompris de tous. Mais le pire serait de penser que vous êtes définitivement un(e) râté(e)!! Vous êtes différent c’est tout, et vous avez le choix d’assumer et de vivre au mieux cette différence … ou non. L’hypersensibilité fait partie de vous, est un aspect de votre personnalité, soyez-en fier et ne la laissez pas vous rendre malheureux.

    Enfilez vos baskets d’hypersensibles et apprenez à marcher, courir, cavaler avec sur les chemins de votre vie. Sans tomber, sans les enlever (y a des cailloux ça fait mal 😉 ) et en étant fier de les porter !

    En revanche l’hypersensibilité restera toujours un handicap si vous décidez de la mettre de côté ou de la renier. Ce trait de caractère que vous avez ne s’estompera que très peu et ne s’effacera jamais, alors autant apprendre à l’intégrer correctement à votre vie.

    Vivre pleinement son hypersensibilité …. 

    Et pour bien vire son hypersensibilité, sans honte, sans se sentir dénigré, moqué ou humilié il s’agit entre autres de s’entourer de personnes respectueuses et rassurantes autant que possible. Des collègues bienveillants, une famille respectueuse de votre tempérament, des amis fidèles et respectueux, … Partout où vous allez –dans la mesure du possible– assurez vous d’être entourés de manière à vous sentir à l’aise avec vos émotions. En tant qu’hypersensible vous avez besoin de vous sentir protégé et rassuré, dans un environnement chaleureux. Un hypersensible encore mal à l’aise avec ses émotions et lâché dans un milieu inconnu et sans aucun repère, c’est quelque chose de très déroutant.

    Parfois il faut néanmoins affronter l’inconnu, et souvent c’est à ce moment que les émotions ressurgissent en trombe. Il existe des petites astuces dont j’ai pris connaissance il y a peu, pour aider à se sentir plus à l’aise, en sécurité si jamais vous sentez un trop plein d’émotion :

    «Pour les personnes hypersensibles se servant des huiles essentielles telles
    que les fleurs de Bach, le professionnel suggère d’en mettre sur les poignets ou sur un petit mouchoir et de les utiliser «à chaque fois qu’elles se sentent dépassées par quelque chose»

    Vous pouvez aussi garder près de vous un objet qui puisse vous donner de l’assurance et vous sécuriser si vous vous sentez submergé! Un linge dans votre sac, un bijoux qui vous rappelle quelqu’un, un parfum qui vous rassure, une photo, ….
    Seulement parfois cet objet familier renforce le trop plein d’émotions, il est alors nécessaire de vous isoler dans un endroit calme pour vivre votre trop plein sans avoir peur des regards. Cela arrive, c’est propre à l’hypersensible, le tout est d’accepter cette situation non pas honteuse mais courageuse de votre part. N’ayez pas honte, accueillez le moment présent, laissez le venir, puis passer 🙂

    Alors bien sûr je ne vous dit pas qu’il faut étaler son hypersensibilité sous le nez de tout le monde et à tout va, ne jamais se retenir. Il est bon de tempérer et de savoir aussi respecter son entourage, ne pas leur imposer votre hypersensibilité. Sachez juste avec qui vous pourrez être plus en confiance et apprenez à adapter vos comportements hypersensibles pour que cela ne gâche pas le vie de tous, pour ne pas vous exclure.

    En parler pour mieux la vivre

    Pour réussir à se sentir plus en phase, plus à l’aise et allier vie quotidienne et hypersensibilité il est important de savoir en parler. Mettre des mots sur les émotions qui sortent de votre corps est impératif si vous voulez ne pas faire de votre hypersensibilité un handicap et vous exclure socialement. Alors bien sûr n’allez pas parler de ça à votre PDG ! Je pense très sincèrement qu’il n’en aura rien à carrer 😉 N’en parlez pas non plus à quelqu’un qui qui semble totalement fermé aux discours un brin psychologues !

    Mais en revanche si vous avez des collègues de boulot dont vous êtes suffisamment proche pour vous confier, une meilleure amie, une marraine, un frère, … N’hésitez pas à leur expliquer ce que vous ressentez et à leur parler de ce que vous vivez. Ils ne seront que d’autant plus fiers de pouvoir vous soutenir et vous rassurer, de savoir ce que vous avez véritablement dans le coeur, de vous découvrir aussi plus en profondeur.

    Les larmes d’un adultes peuvent faire peur, on se demande toujours quel est le degré d’importance : est-ce qu’il s’agit d’un décès, d’une mauvaise nouvelle, d’un mal physqiue, d’une rupture ... Leur avouer que c’est « juste » une émotion trop forte qui passe n’est pas simple. On a peur de passer pour un(e) hystérique, une personne excentrique ou autre oiseau bizarre. C’est même super humiliant. Mais il est nécessaire de le faire avec quelque personne de votre entourage si vous voulez pouvoir être épaulé et soutenu lorsque cela se représentera. Parler d’hypersensibilité quand on est hypersensible … c’est quelque chose de sensible ! (Mwhahaha) Mais il est primordial de sauter le cap pour avancer dans cette acceptation et être épanoui.

    Ou corriger, travailler sur ce qui pèse ….

    Il ne faut néanmoins pas que cette hypersensibilité pèse sur votre vie et sur certaines situations rencontrées. Quand émotions et sensations prennent le dessus et deviennent trop intenses cela rend vite la vie très compliquée voire ingérable. C’est fréquent quand on est hypersensible, mais ce n’est pas le but.

    Le sentiment de différence dû à votre hypersensibilité peut parfois peser et vous rendre malheureux(se), vous gâcher la vie. c‘est à ce moment là qu’il faut se poser et prendre conscience de ses choses qui sont trop lourdes à vivre. 

    Ce peut-être une difficulté du style ne pas réussir à s’endormir tant qu’il y a du bruit ou de la lumière, faire exploser sa colère ou sa tristesse dans une situation bien connue et fréquente, avoir du mal à faire de choix et passer plusieurs jours à y réfléchir sans prendre de décision. Ce peut être aussi la peur de mal faire en permanence, de décevoir, de ne pas être à la hauteur, …Quelque soit l’hypersensibilité et l’objet de la difficulté, elle ne doit pas venir handicaper votre vie.

    Si c’est le cas alors il faudra prendre du recul, faire un travail sur vous pour analyser les situations qui vous rendent malheureux et qui vous pèsent émotionnellement, fuir les relations qui vous demandent trop d’énergie, qui ne sont pas forcement bonnes pour vous, qui vous paraissent fausses et à l’encontre de votre personnalité.

    Pour être un hypersensible heureux, pour ne pas en être handicapé par celle-ci, il faudra à tout prix et dans un premier temps vous protéger de tout ce qui provoquera en vous une surenchère affective, émotionnelle, sensorielle, … . Vous pourrez affronter toutes sortes de situation et de personnes, tout ce qui se trouve autour de vous une fois que vous vous sentirez vraiment capable de prendre sur vous. Prenez le temps de vous connaitre avant, de connaitre vos émotions et ce qui les perturbe.

    N-B : il existe beaucoup méthode d’apprentissage très efficaces pour l’hypersensibilité ! Parmi elles la sophrologie, le yoga, la réflexologie, …. Mais aussi le sport, l’art thérapie, toutes sorties de passions que vous pourrez développer pour exprimer votre sensibilité. Il ne s’agit pas la de guérir ou de soigner mais d’apprendre à gérer ses émotions et à les exprimer ! 

    L’hypersensibilité: une force pour se réaliser

    Oui, l’hypersensibilité peut aussi s’avérer être une grande force, un atout, un potentiel énorme pour votre vie de supersensible 😉 . Quelque chose de super chouette finalement! Pour cela, il s’agit finalement de mettre son hypersensibilité et toute l’énergie qu’elle constitue, dans quelque chose de concret et de pertinent pour VOUS : une passion, un projet de vie, une activité professionnelle, un voyage … quelque chose qui vous tient à coeur, qui vous ressemble et qui vous permettra de faire sortir et d’utiliser tous ces sens en éveil. Sens, émotions, pensées qui ne demandes qu’à être exprimés!

    C’est en vous réalisant dans un domaine qui vous plait et où vous vous sentez à l’aise que vous réussirez à vous

    Un hypersensible à l’incroyable capacité d’être mieux connecté aux autres par sa fort empathie et sa capacité à cerner très rapidement les comportements et les émotions des gens qui l’entourent. Il a également un sens de l’observation exacerbé qui lui permettra d’avoir des liens très justes, sans filtres et surtout dans le détail des choses et des situations. C’est grâce à ce fort potentiel et à cette capacité de comprendre rapidement les personnes et les choses que l’hypersensible est une personne finalement très douée pour faire des liens, être à l’écoute, créer et transmettre, partager, réfléchir. Son intuition et ses émotions forment un duo gagnant à coup sûr 😉

    L’hypersensible est tout bêtement une personne qui utilise essentiellement son hémisphère cérébral droit pour raisonner. Cette manière bien particulière de penser, de réfléchir et d’être tout simplement, explique sa pensée si complexe et si riche.

    Cela implique donc en contre partie que ces personnes expriment une grande créativité et mettent beaucoup de sens dans toutes chose qui est faite, pensée ou dite. Alors si vous faites partie de ces grands sensibles, n’ayez pas peur de ne jamais trouver votre place dans ce monde. Faites confiance à vos belles capacités et vos qualités de création, d’empathie, d’écoute, d’observation, d’intelligence, … Vous exprimer et exprimer vos sens seront les meilleurs moyens de vous construire tel que vous êtes, et sans mettre de côté votre sensibilité.

    Etre maman et hypersensible, c’est possible ? 

    Oui. C’est dur, c’est plus compliqué à gérer, mais c’est possible et vivable. Ca s’apprend, ça s’accepte et ça se travaille surtout! C’est finalement tout aussi dur mais possible que d’être maman et sourde ou maman en fauteuil, maman et bipolaire, … on peut concilier notre vie de maman et notre tempérament hypersensible, cela demande de se connaitre et de s’accepter en tant que tel.

    Certes, être maman et hypersensible c’est se faire encore plus de soucis pour son bébé, être touchée par n’importe quels pleurs au point de soi-même pleurer, être malheureuse lorsque notre bébé n’est pas dans nos bras, avoir peur qu’il soit triste ou qu’on lui manque alors qu’il est juste dans son transat en train de jouer, peur lui transmettre toutes nos peurs et nos angoisses, … « Oui comme une maman normale ? » vous me direz. Oui, puissance mille !

    Une maman hypersensible aura du mal à gérer tout ce tumulte d’émotions qui arrive en même temps que son bébé. Il y a des émotions positives, des grands bonheurs qui arrivent comme un véritable ouragan. Ils sont si puissants, si incroyables et inattendus! Et puis viennent les peurs, les angoisses, les remarques de l’entourage et la fatigue qui deviennent incontrôlables, insupportables même. Une Maman « normale » arrivera certainement plus facilement à prendre du recul des ces moments-là, à prendre sur elle, à rester objective et calme, lucide! La maman hypersensible, elle, prendra tout à coeur et sans filtres, sans savoir se contenir ou maîtriser ses émotions à ce moment-là.

    Même cette balade en poussette qui prend fin au bout de 10 minutes tant bébé hurle. Rien de grave. Rien de dramatique. Mais pourtant la maman hypersensible perd les pédales, pleure aussi et cogite durant tout le reste de la journée en pensant qu’elle a tout raté et qu’elle n’aurait pas du avoir d’enfant. Pour une balade en poussette, oui, rien que ça ! Bienvenue dans le monde de la maman hypersensible.

    C’est dur parce qu’on voudrait tout gérer, tout contrôler pour que ce soit parfait et que notre bébé soit le plus heureux, sauf qu’un bébé ça ne se contrôle pas, et des émotions aussi fortes sont difficilement gérables en période de crise.

    Alors que faire ? Se regarder perdre pied face à son enfant, souffrir de cette situation et laisser les émotions guider notre quotidien ? 

    Non ! Certainement pas ! Vous êtes maman et vous avez le droit -l’obligation- d’être heureuse et épanouie dans votre rôle, et ce malgré les émotions qui peuvent vite vous envahir. Les émotions que l’on ressent en tant que maman (qui plus est hypersensible) sont très dures à tempérer et à maitriser mais ne soyez pas trop dure avec vous et évitez d’être dans le contrôle. Votre hypersensibilité ne supporte pas le contrôle! 

    De toutes manières il ne s’agit pas de ça, on ne cherche pas le contrôle mais le bien-être et la paix entre vous et vos émotions. On ne cherche pas non plus à les cacher ou les atténuer. Ce qu’on veut avant tout c’est une harmonie entre ce que l’on ressent et cette vie de maman, cette relation maman/bébé qui est plus forte que tout. L’hypersensibilité ne doit pas gâcher cette vie, ce rôle, ces sentiments. Si besoin et parce qu’une personne hypersensible en a encore plus besoin, reposez-vous, demandez de l’aide pour vous octroyer ce repos. Repos physique mais aussi émotionnel, sensoriel, …

    Alors si je peux vous partager une chose importante c’est : acceptez de vivre votre hypersensibilité, émotionnelle, sensorielle ou cérébrale, même si vous êtes Maman, ou plutôt SURTOUT si vous êtes maman. Parce qu’une fois que vous aurez passé cette étape de l’acceptation, vous verrez qu’il n’y a pas que des difficultés, pas que des choses négatives ou compliquées. Il y a aussi une part extraordinaire à vivre en tant que Maman hypersensible. Vous aurez ce don et cette capacité inouïe de transmettre des choses incroyablement profondes et pleines de coeur à votre bébé.

    Une maman hypersensible ressentira tout à 300%, elle se donnera à fond pour satisfaire et rendre heureux son enfant malgré les coups durs, elle vivra les moments de bonheur plus intensément aussi, elle transmettra toute son énergie, toutes ces émotions positives, …

    Parce qu’être maman hypersensible c’est aussi vivre le bonheur plus intensément après tout 😉 

    Et toi dans tout ça ? Tu es hypersensible ? 

    Oui, je suis une de ces mamans hypersensibles mais avant tout une femme hypersensible. Vous l’aurez deviné, je n’aurais pas écrit ses lignes sans savoir de quoi je parle. Et ce n’est pas compliqué, moi je cumule carrément les 3 sortes d’hypersensibilité. Hé oui, je ne fais jamais les choses à moitié !
    Depuis toujours je le sais, j’ncarné cette enfant puis cette femme et maintenant cette maman aux émotions décuplées, au sensoriel trop intense, aux pensées qui fusent dans tous les sens sans jamais s’arrêter. C’est d’ailleurs mon problème mais aussi mon atout number one aujourd’hui : cette hypersensibilité. Ce trait de caractère qui fait de moi une maman plus vulnérable qu’une autre mais aussi beaucoup plus forte, cette femme à fleur de peau mais aussi très emphatique et fidèle, qui pleure facilement mais aussi qui déborde de rêve et de projets.

    Mon hypersensibilité est à la fois un problème et un cadeau, car aujourd’hui en découvrant ce tempérament intense au sein de ma nouvelle vie avec Chloé je réalise non seulement combien il est compliqué de conjuguer les deux mais aussi combien j’arrive à lui transmettre mes émotions, à l’aimer en puissance, à mettre mes sens au profit de mon rôle de maman, … Je suis complètement et tout le temps connectée à elle, une fusion assez incroyable.

    Mais être maman et hypersensible c’est comme si on avait un deuxième enfant à gérer, l’hypersensible qui est en moi et ma fille. A cause de ça, de ces émotions si fortes et incontrôlables, j’ai plusieurs fois perdu les pédales, je me suis vue perdre mon sang froid là où des mamans « normales » sauraient gérer. Rassurez-vous rien de violent! Mais mes sens et mes émotions étaient si forts que j’arrivais à en perdre mon bon sens et mes capacités de maman douce et patiente. Mais grâce à ça aussi je sais que je suis capable de transmettre à Chloé des choses, des instants, des émotions uniques et très fortes. Grâce à ça, je suis capable de me surpasser pour elle au-delà de ce que je me pensais capable de faire. Je suis hypersensible à son bonheur, à ce qu’elle ressent, à ce qu’elle est et à ce qu’elle possède dans son coeur. L’hypersensibilité fait aussi des merveilles en tant que maman. C’est assez indescriptible.

    Je le sais maintenant, mes émotions et mes sens peuvent être chamboulants et déroutants, ils peuvent prendre le dessus. Avec Chloé qui est un bébé non-stop en plus, je peux vite passer de l’émerveillement à l’épuisement. Ca peut faire peur ces émotions vertigineuses ! Car quand on est maman , on voudrait être invincible, pas vulnérable. On voudrait savoir gérer n’importe quelle situation, pas devoir appeler à l’aide quand on y arrive pas. On voudrait être capable de laisser notre enfant et reprendre le travail comme beaucoup de mamans, savoir gérer la maison, la vie de famille, un bébé et tout ce qu’il y a à côté. On voudrait tout contrôler, être au top, ne pas s’emporter ni avoir peur de ne pas gérer.

    Mais ce n’est pas le cas, et je dois aujourd’hui encore continuer mon apprentissage au niveau de mes émotions et de mes sens. Je dois également apprendre à ne pas surprotéger Chloé, à ne pas lui transmettre mes peurs et mes angoisses. Je suis connectée à elle mais il me faut me faire violence pour apprendre à m’en détacher aussi … chose extrêmement dure pour une hypersensible. Je ne suis pas capable aujourd’hui encore de la laisser, de partir travailler. J’ai encore un mois pour apprendre et me faire à l’idée, me dire que NON elle ne sera pas malheureuse et triste sans moi, loin de moi. Cet amour en plus d’être viscéral –comme pour toutes maman d’ailleurs– peut rapidement se montrer extrême, étouffant voire même douloureux. C’est à la fois un lien très puissant et une souffrance pour une maman hypersensible.

    Bref, je suis maman, je suis hypersensible et je crois que mon amour pour Chloé est lui aussi bel et bien décuplé puissance 100000000 ! 

    Et puis dans mon quotidien de jeune femme je m’adapte, j’adapte les situations et si jamais elles sont trop contraignantes j’ai appris à dire non, à me respecter et respecter surtout mes émotions et mes ressentis. Trop de fois je me suis retrouvée en pleurs dans des endroits ou face à des personnes sans que ce soit vraiment compris ou justifié. J’ai également trop souffert de l’image de susceptible, de trop sensible, de pleureuse ou de mère thérésa qui m’était associée de manière négative et rabaissante. Aujourd’hui je suis toujours aussi sensible mais la différence est que je me connais beaucoup mieux et je sais ce qui me correspond ou non.

    Je sais d’ailleurs que j’ai trouvé dans mon blog et mon activité de blogueuse
    en général un moyen de m’exprimer et de vivre en général
    qui me convient et me rend heureuse.

    J’ai également appris à analyser, comprendre et accueillir avec beaucoup plus de paix toutes mes émotions. Bon y a encore un peu de travail hein, ça reste parfois –et depuis Chloé surtout– des tempêtes émotionnelles. Mais un gros chemin a déjà été fait et le fait de me connaitre et d’accepter cette différence, ce décalage m’ont permis aussi de me réaliser telle que je suis.

    Enfin, après avoir longtemps voulu

    Je vous embrasse

    Romane ♥

    P-s : qu’on soit bien d’accord je ne sous-entend à aucun moment qu’une maman non-hypersensible n’aime pas son enfant plus que tout !! 😉 C’est bien évidemment la base ! Toute maman quelle qu’elle soit aime son enfant par dessus tout et d’un amour inconditionnel, mais l’hypersensibilité permet juste de ressentir les choses différemment, plus intensément. 

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    5 Commentaires

    1. R
      19 janvier 2019 / 19 h 53 min

      Super article détaillé et positif ! Ça aide ! Merci !!
      #team hypersensible

    2. Jenny
      21 janvier 2019 / 22 h 43 min

      Merci merci merci pour ces mots sur mes maux. Je n’aurais jamais aussi bien écris ce que je vis depuis 33 ans bientôt. Moi aussi je suis les 3! Et la vie valse! Je me sens plus légère, er encore plus prête à ressentir et à être plus indulgente avec moi. N’hésite pas à partager des trucs et astuces. Ca m’intéresse. Moi aussi je suis maman d’une petite fille de 15 mois. Et je suis encore bloqué par toutes ces émotions en même temps quand je suis avec ma fille. Ce n’est pas encore fluide. J’aimerais pourtant plus en profiter.

    3. Philou
      25 janvier 2019 / 20 h 39 min

      Merci pour cet article… Je prends conscience de beaucoup de choses en te lisant… Je ne pensais vraiment pas! Aurais-tu des livres/lectures à conseiller sur le sujet? Comment as-tu pu réellement prendre conscience que c’était ton cas?
      Merci encore!

    4. Elisa
      9 mars 2019 / 10 h 40 min

      Bonjour Romane,
      C’est marrant je me reconnais beaucoup dans la team des femmes qui pleurent beaucoup. Je ne savais pas qu’il y en avait d’autres et je me sens moins isolée. Pleurer devant un supérieur ou un collègue ca m’est arrivée presque une dizaine de fois… et à chaque fois je continue la discussion comme si de rien n’était. Je leur dit « c’est physiologique », et ils sont assez étonnés. C’est une vraie galere car je ne peux pas retenir ses larmes, ses yeux rouges., c’est comme automatique des que je rencontre une difficulté ou qu’il faut parler de moi. Si tu as des conseils je suis preneuse car c’est vraiment dur d’être spectatrice de ses émotions ! Je ne cherche même pas à les contrôler car c’est impossible, c’est comme si on appuyait sur un bouton et toc, tout monte . Tout sort. Les larmes coulent. En l’espace de 2 secondes…

    5. Helene
      5 mai 2020 / 16 h 41 min

      Bonjour Romane,
      Merci pour cette article ! Comment as tu pu déterminer que tu étais hypersensible ? Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis et on m’a souvent fait remarquer certains traits de personnalités que tu présentes comme exemple dans cet article que ce soit dans un contexte professionnel ou familial … aussi est ce que tu as rencontré un professionnel comme psychologue pour identifier ton hypersensibilité ? Merci par avance et beaucoup de bonheur à toi et ta petite famille 🙂
      Hélène

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