• mon parcours professionnel

    Hello les amis, 

    Il y a maintenant près d’un mois, lorsque je vous ai parlé de ma reprise professionnelle, j’ai évoqué mon travail actuel et cela a suscité beaucoup de retours, beaucoup de messages à ce sujet me demandant pourquoi ce métier, comment j’en étais arrivée là, par le biais de quelles études, pourquoi pas un autre boulot, …. . Alors je me suis dis qu’un article détaillé sur mon parcours professionnel serait certainement intéressant et permettrait peut-être même à certain(e)s de ne plus culpabiliser, de garder espoir pour leur avenir et leur parcours 😉

    Alors c’est parti pour un long récit où je vais vous parler de mes études, de mes échecs, de mes remises en questions, de mon expérience professionnelle, mes souhaits, mes rêves, …. bref faites vous chauffez de l’eau, un thé, préparez les petits gâteaux et installez vous confortablement, cela risque d’être un petit peu long !

    Quelles études et pourquoi ? 

    Un avenir médical tout tracé 
    Il faut savoir que je viens d’une famille très tournée vers le médical. Mon grand-père paternel était médecin généraliste, mon Papa également gériatre, mon frère et sa femme sont chirurgien et médecin depuis peu, ma Maman a fait des études de sage-femme tout comme ma grand-mère paternelle et mon autre grand-mère, elle, était secrétaire médicale de mon Papa après avoir rêvé toute sa vie d’être infirmière.

    J’ai donc baigné depuis toute petite dans cet univers de la médecine, n’ayant jamais songé à autre chose que de marcher dans les pas de mon aîné, cela me paraissait tellement évident que je ne me posais même pas la question d’une éventuelle autre voie. Devenir sage-femme faisait parti de ces professions médicales qui m’interpellaient beaucoup et qui me tentait depuis très longtemps. Le milieu si doux et si passionnant de la maternité, de la grossesse et de la gynécologie c’était comme une sensation de familiarité pour moi. J’avais ce truc au fond de moi qui me faisait frissonner quand je m’imaginais accoucher des femmes, donner la vie, mener des grossesses jusqu’au bout, donner les soins, … Pas forcément par passion des bébés, plus pour cette magie de la grossesse et de la vie.

    Puis j’ai eu ma période d’hésitation avec une carrière vétérinaire, mais le niveau d’études me faisait étrangement peur à côté de médecine. J’ai tout de même fait un stage en clinique vétérinaire, « histoire de » tout en sachant que ce ne serait pas ma vocation. Les animaux je les aime, mais chez moi pas malades 😉 Alors cette période m’est passée et sans grande inquiétude pour mon avenir, la médecine toujours en tête j’ai continué le lycée avec une filière scientifique.

    Une maladie qui en a décidé autrement 
    Puis en terminale je suis tombée malade. L’anorexie a pris beaucoup de place, beaucoup de mon énergie et malgré un travail acharné et des résultats excellents j’ai commencé à revoir à la baisse mes ambitions professionnelles. Jusque là je ne voyais vraiment rien d’autres qu’une FAC de médecine, mais cette année là je me suis à nouveau penchée sur la question et j’ai finalement choisi de tenter les concours d’entrée à  l’école d’infirmière. Non que la profession d’infirmière soit inférieure à celle d’un médecin, je ne souhaiterais pas faire de malentendus, mais alors que je tenais difficilement debout et que mon tonus diminuait de semaines en semaines, il était inenvisageable pour moi de renquiller sur une première année de médecine après le BAC. Je savais parfaitement à quoi ressemblerait cette année de médecine, cette année de préparation au concours qui prive de vie pendant plusieurs mois, qui demande un travail titanesque, une énergie folle, une santé de fer, …. Tout ce que je n’avais pas à ce moment là.

    Bref, j’ai mis mon orgueil et ma fierté de côté pour ne penser qu’aux concours d’infirmière. A tel point que sur mes voeux post BAC je ne me suis pas foulée. Vous savez ce portail où personne n’y comprenait rien mais qui foutait une pression monstrueuse à tous ceux qui voulaient faire des prépa et choisir les meilleures écoles, avec un ordre stratégique et tout le tintouin …. et bien moi je devais être la seule du lycée qui n’en avait strictement rien à secouer et qui n’avait clairement rien rentré dessus. Car dans ma tête je devais réussir ces concours d’infirmière, un point c’est tout.  A cette époque j’étais ravie de mon choix, je ne pensais pas une seconde que je passerais à côté de mes rêves, à côté de ma vocation et que ce choix-là pèserait très lourd des années plus tard.

    J’ai donc passé mon BAC malgré une balance qui annonçait une maigreur record et un état de santé vraiment limite, j’ai eu la mention Bien et réussi tous mes concours haut la main. Ecrits et oraux confondus, en terminant dignement majore des concours de Dijon pour la plus grande fierté de mon Papa. Je ne pensais même plus à la FAC de médecine et ‘avais aucun remord, à vrai dire j’étais dans ma bulle et les études d’infirmière semblaient plutôt me correspondre. Je croyais avoir trouvé LA profession de ma vie, ma voie.

    Une étiquette de réussite qui m’allait bien 
    Avec le recul et les années, je peux dire sans filtres mais non sans mal que j’ai fais cette école d’infirmière pour ne pas décevoir mes parents, mon Papa, et rester sagement dans les clous de la médecine. L’idée de devenir infirmière me permettait de ne pas totalement abandonner le milieu médical mais de me préserver d’une année de médecine qui m’aurait certainement achevée à cette époque là. Seulement voilà, être infirmière n’était clairement pas fait pour moi, et je m’en suis vite rendue compte.

    On avait beau être très fiers de moi, des grand-parents aux parents en passant par mes oncles et tantes, j’avais beau être la première de la famille à tenter l’expérience, plus le temps passait et plus je me rendais compte que ce métier n’était pas le mien. Pourtant je validais mes semestres sans rattrapages, mes stages également, les infirmières sur le terrain étaient à priori contentes de moi, je faisais de belles prises de sang, perfusais facilement et avais un très beau relationnel avec les patients. Mais au-delà de ça, je ne me sentais pas à ma place et dès la deuxième année j’ai senti qu’il fallait que je mette fin à ces études.

    Alors que j’avais enfin réussi à faire taire les jugements sur ma maladie et les pronostics quant à mon avenir grâce à ces études, alors que j’avais réussi à retrouver un peu d’estime aux yeux de tous, j’allais devoir annoncer que j’échouais une fois de plus. J’allais décevoir de mon plein grès et certainement blesser mon entourage…. Pire encore, je me comparais à mon grand-frère qui lui, réussissait son si beau parcours de médecine et me disais que je ne lui arrivais pas à la cheville. La comparaison dans un échec scolaire ou  professionnel c’est ce qui démoralise finalement le plus. J’étais admirative de son travail mais envieuse des regards de fierté et d’estime portés sur lui, ces regards que moi je n’obtenais pas, et encore aujourd’hui. 

    Vivre les regards de l’entourage quand on échoue 

    Le plus dur quand on renonce à ses études ce sont les réactions des autres, des proches, leurs regards et leurs avis sur la chose. C’est dommage mais vrai. Il y a un sentiment de honte, comme si on vivait pour eux, comme si on avait la mission de les rendre fiers, de les satisfaire. Alors en soit je suis d’accord que c’est mieux de rendre fiers ses parents, c’est gratifiant et c’est comme les remercier pour tout ce qu’ils nous auraient donné et appris durant toutes ces années d’éducation. Mais finalement, si l’on devait choisir entre les rendre fiers ou s’épanouir au delà des ambitions qu’ils ont pour nous, est-ce que nous choisirions pas plutôt notre propre bonheur ? Cela semble logique, et pourtant à 18 ou 20 cela n’est pas si évident !

    Pour ma part, annoncer que les études d’infirmière s’arrêtaient là a pour moi, il me semble, bien plus chamboulé et déçu certains de mes aînés que moi-même. Car de mon côté j’étais sûre de moi, je ne voulais plus de cette perspective d’avenir et je quittais ce domaine sans un seul regret. Et des années plus tard je ne regrette toujours pas. Ce que j’avais à vivre en école d’infirmière s’arrêtait là et je ne voyais aucun avenir heureux au sein de cette branché professionnelle. Mais malheureusement pour moi, tous n’étaient pas du même avis et ne s’attendaient apparemment pas à ce que je puisse décevoir une fois de plus. Si peu de temps après être tombée malade, si peu de temps après avoir commencé les études.

    Mais  grâce à tout cela j’ai compris une chose c’est qu’en me projetant aux yeux de tous comme infirmière, en intégrant cette école, j’exauçais finalement le rêve inaccompli de certaines autour de moi, je dissimulais cette maladie honteuse derrière un beau métier, je rendais fier et ne décevais pas mon père. Que de raisons qui ne m’étaient pas propres.
    Et moi dans tout ça ? Moi je ne m’y plaisais pas, je ne m’épanouissais pas le moins du monde. Ce métier est magnifique et extrêmement admirable, je respecte beaucoup celles et ceux qui l’exercent si courageusement et par passion. Mais moi je ne m’y sentais pas ma place et rêvais d’autre chose.

    L’échec de l’école d’infirmière, puis un autre …

    J’ai donc arrêté après le premier semestre de deuxième année, après avoir changé d’école pour me rapprocher de Théo, qui travaillait alors à Paris. J’avais fais des démarches pour me faire muter d’un IFSi à un autre, mais ce changement géographique n’a pas suffit à me remotiver. J’étais déjà décidée au fond de moi. C’était même presque pire, j’étais totalement à la traine, perdue dans une école que je ne connaissais pas et surtout mon coeur et ma tête avaient décroché de ces études. Il faut dire aussi qu’à cette époque, mon identité personnelle et profonde était complètement déstructurée, je ne savais pas ce que je voulais pour moi, ni qui j’étais vraiment. Comme quoi l’identité professionnelle est fortement liée à celui ou celle que nous sommes ! 

    Ma situation familiale étant tout juste catastrophique à cette période-là je n’ai malheureusement pas trouvé le soutien et l’écoute nécessaire pour reprendre quelque chose sans me précipiter. Dans ma tête il fallait que je retrouve coûte que coûte et rapidement quelques chose. Pour faire plaisir à mes parents dans un premier temps, pour faire bien auprès de ma famille et puis pour ne pas rester trop longtemps sans activité, car « ça fait tâche » n’est-ce pas ?

    Je me suis donc lancée à corps perdu dans un BTS diététique par correspondance. J’ai idéalisé la situation, la profession et me suis fascinée d’un coup d’un seul pour la nutrition, sans véritable raisonnement. Je n’étais pourtant pas sortie de la maladie et faire cette formation me permettait finalement de me faire passée pour guérie. Quel stratagème ! Mine de rien, j’y ai vraiment cru et j’avais envie de réussir, je me projetais dans ce métier et pour cela me suis investie à  200%. J’ai passé une première année à bosser comme une malade mes cours à la maison de 7h le matin à 18h le soir sans quitter ma chaise. Je passais des heures à me faire des fiches, des révisions, apprendre sur le bout des doigts des leçons qui finissaient en plus par me plaire.

    Mais vous imaginez bien que tout cela n’a pas duré ! C’était trop beau pour être vrai 😉 L’organisme que j’avais choisi, Educatel pour ne pas les nommer, m’avait balancé à l’arrache et sans réels suivi derrière les cours pour les 2 années. mais voilà, fautes de frappe à n’en plus finir, manque de notions énormes dans les cours, absence de RDV téléphoniques, explications inexistantes, …. tout était d’un foireux phénoménal ! Mais je m’e suis rendue compte trop tard, lors d’un stage où une jeune diététicienne s’est penchée sur ma formation. C’était catastrophique, il fallait que je rattrape un retard monstrueux alors j’ai redoublé d’efforts pour tenter de sauver le coup.

    Jusqu’au jour où ….

    j’ai été confrontée à un choix qui m’a menée là où j’en suis aujourd’hui ! A cette période là et pour une raison que je ne souhaite pas étaler ici, il m’a fallut trouver du travail afin de financer le reste de mon BTS en plus de tout l’à côté (loyer, téléphone, médecin, alimentaire, ..). Alors j’ai postulé chez Décathlon pour pouvoir assurer tous mes frais, passé un entretien d’embauche collectif et été prise quelques jours plus tard … à ma grande surprise!

    J’ai donc commencé à travailler, très motivée et excitée à l’idée d’intégrer cette grande entreprise sportive et commerciale. Quelques temps avant d’être prise, je m’étais dis :
    « Si j’arrive à être embauchée là-bas, c’est le pied. Même si ça n’est pas ma voie je m’y plairai c’est certain »
    J’étais sûre de moi, sûre que travaille chez Décathlon me permettrait d’acquérir une certaine stabilité. Puis très vite, j’ai compris qu’il me serait impossible de conjuguer BTS et Décathlon sans mettre l’un des deux de côté. Le travail au magasin me prenait 25h par semaine voire plus, et les révisions occupaient tout mon temps libre, sans répit possible. Soirées, week-end, vacances. Bref mission quasi impossible. Au fond de moi et pour tout avouer, je savais qu’en acceptant ce travail je ne pourrais plus étudier aussi bien qu’avant mais que sans lui je n’aurais pas pu continuer de vivre et financer ma vie tout simplement. Travailler était devenu indispensable sans aide financière de mes parents, indispensable et très formateur. Mais ça ce n’est que 3 ans après que je peux le dire 😉 Alors tout naturellement et sans remords j’ai continué mon job chez Décathlon, heureuse à l’idée de pouvoir sortir un salaire tous les mois pour vivre. Et puis, je n’étais pas si mal là-bas, j’avais trouvé un endroit où il faut bon vivre, où les mentalités sont agréables et l’ambiance bon enfant.

    J’ai donc, vous l’aurez compris, abandonné mon BTS.
    Je rajoute à cela qu’Educatel ne m’a jamais appelée par la suite pour avoir d’explications …
    Je le sais, ce nouvel abandon c’était le destin. 

    Décathlon : un travail et une deuxième maison 

    J’ai débuté dans l’enseigne Décathlon par un premier CDD en 25h, qui aurait du prendre fin après la saison d’hiver. J’étais à cette époque sur le rayon montagne, j’apprenais beaucoup dans ce nouveau métier et m’éclatais avec une équipe qui devenait au fil du temps une deuxième famille.
    Cette année là nous préparions notre mariage, alors quand mon responsable m’a proposé de rester en CDI j’ai tout de suite accepté. Il m’était impossible de vivre sans ce travail et travailler était le moyen pour nous aussi de financer notre mariage.
    Et puis pour être totalement honnête, qu’aurai-je bien fait d’autre et de mieux si j’avais quitté décathlon ? Je moulinais des tas de choses dans ma tête, j’essayais à tout prix de trouver une idée géniale pour mon avenir, mais jamais rien d’inspirant ne me venait. Alors j’ai -difficilement- décidé de laisser faire le temps.

    Alors j’ai accepté et signé mon premier CDI ! Et malgré le fait que ce travail de vendeuse ne soit ni passionnant, ni ma voie de prédilection ou même un travail remarquable et très impressionnant, et bien j’étais fière de moi. Fière de ne pas m’être laissée aller et d’avoir décroché ce post. Fière de ne pas m’être fiée au regards des autres, aux jugements et aux attentes des mon entourage. Fière d’avoir juste pensé à moi et à mes besoins. Plus tard mon responsable m’a proposé d’évoluer, de me former pour devenir un jour responsable et gravir les échelons. Mais j’ai refusé. Ne me demandez pas pourquoi, ne me dites pas que j’aurais du, c’était mon choix et surtout une décision en accord avec moi-même, avec ce que j’avais dans le coeur.

    Un imprévu de vie qui nous a emmené ici 
    Quelques mois plus tard et une fois mariés, nous avons du quitter notre Normandie chérie et le petit nid que nous avions créé. Pourquoi ? L’employeur de mon mari avait décidé de ne plus le payer et de faire couler sa boîte quelles que soit les conséquences sur nous. Dure période, on ne s’y attendait pas, surtout après plusieurs mois où nous nous projetions tellement dans cette région. Alors on a tristement plié bagages et on s’est installés ici, en seine et Marne chez mes beaux-parents. A l’origine, uniquement le temps de trouver un plan B, car pour moi il était hors de question de vivre reclus dans cette région. Ca c’était avant de savoir que ce lieu, cette région si reculée et si inconnue pour moi me ferait grandir de jour en jour. 

    J’ai donc postulé au décathlon du coin, ai été prise dans la foulée, au rayon montagne toujours. La saison d’hiver allait commencer, c’était donc l’occasion pour moi de me faire embaucher dans cette enseigne dont je connaissais maintenant très bien le fonctionnement. Arriver dans une région que je n’aimais pas tout, juste après s’être mariés, tout en habitant chez mes beaux-parents était déjà compliqué. Alors il me fallait de repères. Et Décathlon à ce moment-là en était largement un ! Suite a un CDD initial de 2 mois j’ai été embauchée en CDI 35h, une opportunité pour moi que je n’ai pas refusée malgré nos projets de déménagement. Je ne me voyais pas vivre ici en pleine campagne parisienne mais j’ai accepté ce contrat pour enfin pouvoir me tirer un vrai salaire, mettre de côté, partit en week-end et pouvoir louer cette maison où nous vivons actuellement. Et vu les loyers ici, le 35h n’était pas de trop ! 😉 

    Et puis quand tout est neuf, quand tout est nouveau cela a souvent un goût d’excitation et de motivation. On se laisse porter en disant qu’on verra plus tard. C’est exactement ce que j’ai pensé en signant mon contrat : « Pour le moment c’est ainsi, je dois passer par là, on verra ce que la vie me réserve demain ». Et j’ai signé mon CDI. 

    Es-tu heureuse ainsi ? 

    Depuis septembre 2017 donc, je suis à plein temps chez décathlon au rayon run/cycle. Je gagne un SMIC tous les mois et grâce à cet emploi j’ai pu bénéficier d’un congé maternité à l’arrivée de Chloé, d’un congé parental même sans avoir le soucis de perdre mon poste. Je dois dire que c’est confortable à ‘arrivée d’un enfant.

    Outre le côté pratique de cet emploi, j’essaie tous les jours de faire confiance. A qui ? A quoi ? A la vie tout simplement. Je suis aux yeux de certains qu’une « euse », entendez par là un genre de métiers dévalorisants et peu noble (oui, oui j’ai entendu cela) mais je ne suis pas arrivée là par hasard et je pense qu’il me fallait vivre cette expérience pour ensuite mieux avancer, pour comprendre certaine choses et me découvrir surtout ! Moi qui détestais le commerce plus que n’importe qui j’ai grandi grâce à ces années chez décathlon, j’ai appris à être plus sure de moi, à conseiller de manière confiante, à partager mon expérience. J’ai aussi appris à prendre sur moi, face à de clients compliqué, à obéir à une hiérarchie, à accepter les imprévus de temps et les inconforts du commerce. J’ai découvert le fonctionnement d’une enseigne, le monde professionnel, les coulisses d’une entreprise, ….

    Certes il y a d’une part l’obligation, je dois rapporter un salaire et pour cela garder mon travail, mais je vois aussi de loin le bonheur, la passion, l’épanouissement qu’offre un emploi. Et ça je ne l’ai pas. Cette enseigne est géniale et m’aura beaucoup appris, je ne ressortirai pas sans bagages, ho que non! Les collègues sont pour certains devenus des amis, de très bons amis même (Manon je pense à toi ♥), et il ne se passe pas une semaine sans que j’aille faire un coucou au magasin lorsque je suis en vacances ou lors de mon congé dernièrement. Humainement j’ai été enrichie et je suis fière d’être décathlonienne. Mais il me manque tout cet aspect positif et c’est pour cela que je veux voir plus loin. Je peux dire sans filtres que ne suis pas pleinement heureuse dans mon travail, que le manque de créativité, d’entreprenariat et de passion se fait de plus en plus ressentir. Les journées sont longues lorsque je ne produis rien de personnel, lorsque je ne suis pas mon propre chef et que les idées fusent dans ma tête sans que je ne puisse les mettre en oeuvre.

    Ce qui était à la base un job étudiant et qui est devenu un vrai métier ne résout en rien ma problématique d’il y a maintenant 5 ans : que vais-je faire de ma vie ? Mise en rayon, vente, facing, linéaire, …. tout cela ne me passionne absolument pas, je n’y vois aucune source de bien-être, de passion et de développement personnel. Malgré l’entrain que je mets chaque jour au travail je ne me vois pas continuer ainsi bien longtemps. Et je pense au destin, à notre mission à chacun sur Terre. Je le sais, ce n’est ni ma voie, ni ma mission, juste une sorte de transition entre ma vie d’avant et celle que je vivrai ensuite en tant que vraie Romane.

    Le blog 

    En Juin 2017 je me suis enfin décidée à me lancer dans l’aventure du blog. J’avais ce besoin de mettre ma patte quelque part, de faire quelque chose pour moi et à ma façon, et le blog était un parfait compris entre un loisir et une passion, entre la créativité et l’imaginaire, le partage et l’échange. Je me suis donc doucement investie, et c’était finalement un lieu refuge où je pouvais parler librement et sans filtre de ce que j’aimais, de ce qui m’animais. Un lieu d’écriture et de lâcher prise aussi, qui m’ont permis de parler de mes pensées et de mes émotions.

    Puis quelques mois plus tard, le blog prend un grand tournant sans que je le veuille vraiment, sans calculs : je tombe enceinte et je commence alors à parler de maternité, de grossesse, d’émotions et de ma future vie de maman !

    La grossesse et Chloé : le déclic

    L’arrivée de Chloé, dans mon ventre dans un premier temps puis dans nos vies, a donné au Blog un tout autre sens et surtout elle m’a donné une place précise et grandissante sur ce réseau social que j’apprécie tant : Instagram. C’était tout naturellement que j’ai commencé à vous parler de grossesse et de maternité, à vous faire des petits bilans mensuels et vous partager des aperçus de notre vie de qui changeait du tout au tout, de nos choix, de nos ressentis, …. Et ce qui à la base était un lieu échappatoire pour moi est devenu une petite communauté, grandissante de jour en jour, pour aujourd’hui en arriver là. 8K, un tout petit chiffre pour beaucoup de grandes blogueuses, une jolie réussite pour moi, la nana débarquée ici par manque d’épanouissement professionnel.

    Peu de temps avant d’accoucher j’ai décroché mes premiers partenariats avec certaines marques, mon premier programme ambassadeur avec Bébé Confort® et j’ai commencé à recevoir de plus en plus de produits et de demandes de collaborations. Si au début c’était clairement de l’amusement, je me suis prise au jeu et j’ai pris très au sérieux toutes ces demandes. Après tout qui ne prendrait pas plaisir à recevoir des colis de marques ? Qui ne serait pas flatté et encouragé par cet engouement ? Qui ne songerait pas à continuer dans ce sens ?

    Au fil des semaines, en continuant de partager ma vie de jeune maman, mes petits/grands bonheurs tout comme mes tracas, mes doutes et nos difficultés j’ai commencé à réfléchir au sens de tout ça. Le blog, instagram, les partenariats, ma vie professionnelle et personnelle, mes croyances et mes désirs, …. Où est-ce que je vais vraiment avec Les Carnets de Romane ? Est-ce que ça en vaut le coup ? Et j’en fais quoi maintenant ? 

    En devenant Maman et en voyant ma vie tout entière changer, j’ai eu envie de vivre à 200% ce que j’avais à vivre, ce que j’avais au fond de moi, dans le coeur. Donner vie à une petite fille à révélé en moi cette responsabilité d’exemple et de transmission que je semble avoir envers elle, et je ressens ce besoin d’entreprendre qui brûle en moi. La maternité m’a fait grandir, le blog m’a ouvert l’esprit sur beaucoup de choses et m’a fait découvrir un monde professionnel en plein essor, les différentes personnes que j’ai pu rencontrer par ce biais m’ont donné envie de vivre par passion à mon tour, …. Alors je prends le temps de réfléchir au meilleur pour moi et pour ma famille, pour ne pas me précipiter comme je l’ai fais ces dernières années et enfin savourer.
    Vous devez commencer à sentir le tsunami de questionnement et de bousculades intérieures non ? 😉 

    La fin de ce récit, vous l’auriez peut-être préférée avec une annonce ou une bribe de projets.
    Vous auriez certainement adoré que je vous dise : « et voilà aujourd’hui je lance …. « .

    Mais non, pas encore à vrai dire. Le chemin vers la réussite et vers l’accomplissement est -très- long, c’est dur psychologiquement et parfois même décourageant je dois l’avouer. Je suis à l’affut des clins d’oeil du destin et j’essaie tant bien que mal de faire confiance. Jusqu’ici toutes mes expériences, évidentes comme moins évidentes, m’ont été utiles et m’ont fait grandir, alors je mets toutes les chances de mon côté pour qu’un jour mon tour vienne, et que je puisse enfin m’épanouir à ma place.

    Certains diront que je suis jeune, que j’ai tout le temps devant moi mais pour moi c’est l’affaire de tous les jours. Pas dans 10 ans, pas dans 5 ans non plus. J’ai cette rage d’entreprendre et de devenir la meilleure version de moi-même, de vivre de la passion, coûte que coûte et quels que soient les sacrifices. Ca boue en moi, cette envie grandit de jour en jour et je m’impatiente. Rester salariée 35h dans cette enseigne me donne la sensation de perdre mon temps, ma chance et mon énergie alors je tente de rester sereine et de prendre le temps d’envisager l’avenir. J’attends néanmoins de voir et surtout de comprendre ce que la vie me réserve, ensuite je pourrai peut-être enfin vivre ma meilleure vie !

    Alors comment trouver ma voie ? 

    Je n’attends évidemment pas que tout me tombe tout cuit entre les mains, je vous rassure quand même 😉 Même si on pourrait penser que je suis du genre à dire « Ainsi soit-il ! » et à attendre que le Ciel me dise ce pour quoi je suis faite. Mais ce n’est pas totalement ça. Certes j’essaie de plus en plus de tendre l’oreille et d’écouter, d’ouvrir mes yeux et mon coeur aux signes et aux choses que je ressens, car je sais maintenant qu’en étant à l’écoute et en paix on discerne bien mieux tout ce qui est bon pour nous. Et ce discernement, cette ouverture de coeur demande du temps, de la confiance en soi et surtout de la confiance en l’avenir. De cette manière là et en travaillant sur mes points forts et mes ressentis, je sais qu’un jour j’arriverai à trouver ce pour quoi je suis réellement faite et destinée 🙂

    Et en parallèle je me fais accompagner par un professionnel, un coach en développement depuis 1 an maintenant. Il m’aide à décrypter celle que je suis au plus profond moi, sans filtres, avec mon histoire et le poids des générations précédentes. Grâce à cet accompagnement et après une dizaine de séances, je découvre chaque fois un petit peu plus qui je suis, je m’apaise, pour je l’espère trouver exactement le chemin à emprunter. Dans l’unique but d’être un jour totalement heureuse et accomplie.
    Tu rêves ma fille rien n’est aussi simple. Non je ne rêve pas, j’y crois ! 

    Cela a un coût, cela remue beaucoup, cela demande du temps et de l’investissement. A la place je pourrais utiliser cet argent pour partir en vacances 2 fois par an, choisir le temps sacrifié aux les allers-retours pour me détendre et faire ce que j’aime, ne pas aller chercher ce qui fait mal dans le passé et avoir un sourire de façade. Mais vous l’aurez compris cela ne me ressemble pas ou tout du moins plus ! Aujourd’hui j’ai un mari aimant et une fille merveilleuse, 2 cadeaux inestimables de la vie. J’ai retrouvé la santé, un lieu pour dormir, de l’argent pour manger, des instants de bonheur par ci par là, … il ne me manque donc plus que ce déclic, ce truc qui me ferait vivre pleinement et être moi à chaque instant. Pas seulement un travail, pas seulement un salaire ou une situation confortable, mais mon équilibre tout entier.

    On dit souvent que la vie est formée de plusieurs piliers : la famille, l’amour, l’argent, le spirituel, l’environnement … et bien sûr : le travail ! C’est je pense celui qui mérite le plus gros changement parmi tous mes piliers, et je souhaite que cette année 2019, déjà bien entamée, soit source de bien-être et d’accomplissement.

    Je me suis lancée dans ce récit sans trop savoir ce qui allait en découler, outre mon histoire que je ne peux changer. Et une chose est certaine : j’en ressors grandi et plus au claire qu’il y a quelques jours. Mon histoire me redit combien j’ai le droit d’être tolérante envers moi mais aussi combien tout est a construire et que rien n’est impossible à qui s’en donne les moyens 😉
    L’avenir est devant moi alors je continue mon chemin, en espérant qu’il me mène vers de bien jolies aventures professionnelles! Blogueuse, rédactrice, photographe, doula, fleuriste, créatrice, auteur, chef de projet, ..… quoi qu’il en soit, quel que soit ma place je n’attend qu’une chose : être fière et passionnée !

    Enfin pour finir cet article, je voudrais dire à toutes celles (et tous ceux!) qui sont paumés, dans le flou ou qui ont ce sentiment de décalage dans leurs vies professionnelles : n’ayez pas peur d’oser et apprendre à mieux vous connaitre, car derrière un tel travail et de tels engagements se cachent toujours un mieux, une avancée personnelle, un rebondissement. Il n’y a pas d’échecs définitif ou fatal, tout est bon à prendre 😉

    « N’ayez pas peur » J-P II

    Je vous embrasse 

    Romane

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    7 Commentaires

    1. Elisabeth
      24 avril 2019 / 9 h 34 min

      Très courageux cet article. Mais bon après quelques temps à te suivre je pense avoir compris que le courage tu en avais à revendre. Moi je te dirais que je cherche quelque chose qui me passionne, mon boulot me convient, ma famille je l’aime à la folie mais j’aimerais un petit truc à moi à côté. Et c’est pas gagné pour le trouver ! Mais bon je me presse pas non plus. 🙂

    2. Eisenstein
      24 avril 2019 / 10 h 46 min

      Quelle si belle maturité !

    3. Eliz
      24 avril 2019 / 11 h 31 min

      Bravo Romane pour ce cheminement et cette recherche du meilleur pour toi et non pas pour les autres.
      Je viens de lire ton article alors que je suis au travail, c’est dire que je me retrouve un tout petit peu dans ton recit 🙂
      Longue vie a ton blog en espérant qu’il te mènera là où il fait beau!!

    4. Emy
      24 avril 2019 / 13 h 16 min

      Bonjour,

      Super article, merci pour votre partage. D’avoir mis des mots sur votre parcours… On s’y retrouve, enfin pour ma part.
      J’espère que vous trouverez votre voie dans tout les cas, il est toujours très agréable de vous suivre sur Instagram ou sur votre blog 😀.
      Bonne continuation !
      Emy

    5. Mélanie
      24 avril 2019 / 13 h 42 min

      Bonjour Romane, Merci de vous être livré sur votre parcours professionnel. Je suis titulaire d’une licence dans les activités physiques adaptées pour la santé après avoir tenté médecine. Aujourd’hui, alors que j’avais prévu d’aller jusqu’à un BAC+5 (Ça fait mieux sur un CV à ce qui paraît…), je me sens perdue, pas à ma place dans ce domaine mais je peine à arrêter véritablement ce master. Le regard des autres, la peur de ne pas trouver de travail, cette sensation d’échec .. malgré tout, après un long travail sur moi (et il continue) je me suis rendue compte que toutes les décisions que j’avais prise concernant mon projet pro était pour les autres, pour faire bien… Aujourd’hui, je me reconnecte à moi même et j’essaye de m’écouter et peut être découvrir qui je suis vraiment. Tout ça pour te dire merci. Merci d’avoir partagé un petit bout de toi. Ça me rassure dans mon choix d’arrêter mes études sans avoir en poche mon BAC +5, sans vraiment savoir qui je suis. « ouf ce n’est pas un échec. Ouf, ce n’est pas grave. Ouf, c’est pas la honte. Ouf! ». Comme tu l’as dit si bien, c’est vraiment dur de travailler sur soi, ça pompe vraiment de l’énergie mais j’ai espoir qu’un jour je serai épanouie professionnellement 🙏😘

    6. De Saint venant
      24 avril 2019 / 14 h 51 min

      Whaou, quel parcours « courageux » si je puis dire, ce n’est pas facile comme tu le dis de faire des choix qui déçoivent à coup sur la famille…
      Je ne sais pas si dans la liste de métier être « doula » t’intéresserais vraiment mais dans le même domaine j’ai une amie (sans diplôme de base à part un bac es) qui vient de passer un certificat pour être monitrice de portage pour les bébés (écharpes….) si jamais ça t’intéresse je peux vous mettre en contact 🙂

    7. Patricia
      6 juin 2020 / 19 h 47 min

      Bonsoir Romane
      J’ai découvert hier ton insta et aujourd’hui ton blog. Je découvre qui tu es au travers de tes écrits. Ta sincérité me touche beaucoup. Je te trouve beaucoup de profondeur et de maturité. Si tu as un coach qui t’aide vraiment, c’est une chance. Mon fils a 20 ans, il a stoppé sa 2e anne d’IUT, ice n’était pas pour lui, il n’en pouvait plus. Il ne veut pas rester au niveau bac et veut reprendre un cursus à la rentrée mais n’a aucune idée de quoi. Il bosse à Carrefour pour l’instant. Je lui dis qu’il peut stopper les études, qu’il peut y arriver sans si c’est n’est pas sa voie. Il dit qu’il ne veut pas … Sa sœur vient de finir de brillantes études … bref ton texte m’a tellement parlé. Il se cherche dans tout, je le sens. Si ton coach est bien, peut-être pourrait-il l’aider aussi à savoir qui il est ? (Je ne suis pas très loin). Bon week-end
      Patricia

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